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Verra-t-on bientôt naître une 911 Spyder?

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Le premier Boxster Spyder n’était donc pas un épiphénomène. La deuxième génération de cette fabuleuse auto semble avoir ouvert une brèche chez Porsche: il existe donc une frange de la clientèle très ouverte à l’idée de s’offrir un cabriolet allégé, renouant avec l’esprit des premières voitures de course du constructeur. Nous nous posons désormais la question: Porsche osera-t-il proposer le même concept sur base de 911?

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Avouez que cela serait formidable! Une 911 cabriolet à l’intérieur dépouillé, équipée de sièges baquets, d’une capote manuelle et d’un petit surcroît de puissance. A défaut d’obtenir cette fameuse GT3 Cabriolet que nous appelions de nos voeux il y a déjà fort longtemps, cette hypothétique 911 Spyder ne manquerait pas de nous faire sauter de joie. Et le Boxster Spyder ne manque pas de le prouver, il existe une vraie clientèle pour ces autos pures et dures renouant avec les racines de la marque.

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Les plus observateurs se contenteront de dire que nous enfonçons une porte ouverte depuis longtemps. La définition de la 911 dont nous parlons existe depuis fort longtemps, il s’agit du Speedster! La 911 3.2 Speedster, et plus encore la 964 Speedster adoptèrent cette recette acidulée faite d’allègement, de sensations accrues,  le tout accompagné d’une esthétique très suggestive. Oui, mais il y a un mais. Et ce « mais » porte le doux nom de 997 Speedster. La dernière itération de cette formidable lignée de cabriolets a en effet emprunté un tout autre chemin. Destinée à fêter les 25 ans du département Exclusive, la 997 Speedster embarque à son bord un lot d’équipements extrêmement riche, faisant du Speedster une 911 cossue et très luxueuse. En cela, l’esprit du Speedster a quelque peu été bafoué, il faut bien l’admettre, bien que cela ne retire rien aux qualités de cette édition limitée.

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Si l’on se réfère à la stratégie récente de Porsche, cela pourrait poser problème. Lorsque le constructeur définit sa stratégie pour un produit, il a le bon sens de la mener à long terme et de ne pas en changer afin d’instaurer une véritable cohérence dans sa gamme et de créer des repères pour ses clients. Dès lors, si le Speedster a pris le parti de s’embourgeoiser, il y a de fortes chances que cela reste ainsi. Le Speedster ne redeviendra probablement pas le cabriolet allégé qu’il fut il y a bientôt trente ans. De même, l’appellation Spyder semble s’inscrire dans la gamme Boxster, et il y a fort peu de chances que Porsche se permette d’installer cette appellation sur le capot arrière d’une 911. Il suffit pour s’en convaincre de constater que le Cayman n’a en aucun cas eu droit au patronyme GT3.

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Pourtant, il semble évident que les clients applaudiraient. Quelle est donc la solution? Au risque de nous contredire, la solution serait de proposer un pack Clubsport optionnel sur la prochaine 911 Speedster. De série, celui-ci sera probablement richement équipé. Mais, en option, il sera probablement possible d’opter pour un Speedster allégé, tout comme il est possible de prendre un pack Clubsport sur la GT3, sans même parler du pack Weissach allégeant une 918 Spyder à l’équipement extrêmement luxueux. Dès lors, nous pouvons en effet espérer que Porsche relance un jour l’idée d’une 911 cabriolet allégée. Mais elle n’ira probablement pas aussi loin que ce que peut proposer le Boxster Spyder. Car désormais, c’est à lui que revient le rôle du vrai sale gosse.

Insolite: une introuvable 964 Speedster Turbo Look à vendre!

Temps de lecture estimé: 2’50

Le Speedster Turbo Look, version 964, fait indéniablement partie des 911 les plus fascinantes sorties des ateliers Exclusive de Porsche, alors naissants. Pourtant, au même titre que la 993 Turbo cabriolet ou des 964 Turbo S Slantnose, il s’agit d’une déclinaison particulièrement méconnue, sinon par quelques initiés et par les collectionneurs les plus avisés du microcosme Porsche. Mais, une fois n’est pas coutume, l’un de ces exemplaires a surgi sur internet, et est officiellement à vendre!

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Affirmer que le Speedster Turbo Look est méconnu est un euphémisme. En dépit de nos efforts et d’une littérature fournie, nous n’avons pu recueillir que quelques bribes d’informations à son sujet. Afin de replacer les choses dans leur contexte, rappelons que la 964 Speedster, lancée en 1992, n’était disponible qu’en carrosserie étroite, et que le constructeur avait prévu d’en écouler 3000 exemplaires. Une posture surprenante, si l’on veut bien se souvenir que dans le cas du Speedster 3.2, pas moins de 2103 exemplaires furent vendus en Turbo Look, contre seulement 171 carrosseries étroites. « Ho les gars j’ai une idée! On arrête la carrosserie préférée des clients, et là on va casser la baraque! ». Preuve de la pertinence du raisonnement, seulement 930 exemplaires furent vendus.

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Fort heureusement, il existe toujours quelques irréductibles passionnés très fortunés capables de demander l’impossible au constructeur. De fait, on estime qu’une quinzaine de clients formulèrent une demande tout à fait particulière: un Speedster 964 Turbo Look! Et chez Porsche, presque tout est possible, à condition d’avoir les moyens. Afin de prendre livraison de votre Speedster Turbo Look, il fallait ainsi débourser entre 16 410 (en mai 1993) et 18 156 Deutsche Marks (en septembre 1993!), tandis que les freins de Turbo étaient facturés 9 495 DM. Auxquels il était bien entendu nécessaire d’ajouter un chèque de 134 000 DM, c’est-à-dire le prix d’un Speedster de base. Soulignons également que le Turbo Look bénéficiait des suspensions renforcées de la Turbo, et que les jantes de la RS 3.8 étaient également disponibles.

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Il était bien sûr possible de personnaliser votre auto à outrance. En l’occurrence, le Speedster qui illustre ces lignes, que le vendeur prend bien soin de présenter comme un Turbo Look Usine, possède un lot d’équipements vraiment insolite. Au premier rang desquels se trouvent ces sièges sport que l’on retrouve normalement dans une 993. D’autant plus surprenant, que leur coque est ici en carbone et que les coutures sont rouges. Il y a fort à parier que ces sièges furent installés après coup, car ils n’arrivèrent qu’au millésime 1995 dans la gamme Porsche. Notez également le volant sport habillé de carbone, ou encore la grossière installation hifi, et un GPS certainement emprunté à un tricératops! On se calme…

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Ces équipements anachroniques pourraient laisser croire qu’il ne s’agit pas d’un Speedster Turbo Look d’usine. Mais les chances sont minces. Pour cette clientèle exigeante, il est fort possible que le constructeur ait fait l’effort d’installer, certainement en deuxième monte, des équipements plus modernes afin que le propriétaire puisse utiliser son Speedster en toute quiétude. Crime de lèse-majesté? Cela importe guère, tant la sellerie impressionne par la qualité du travail, et nul ne se plaindra d’avoir de superbes sièges en carbone, surtout s’ils ont été installés par l’usine. Mais une chose est sûre, ce Speedster soulève finalement bien plus de questions qu’il n’en résoud, et ce sont bien ces mystères qui rendent l’histoire de Porsche si passionnante!

Ce Speedster est à vendre chez Bingo Sports

Encore une 997 Speedster originale?

Difficile de ne pas dire que je vous refais le coup. Donc, je vous refais le coup, mais c’est pour la bonne cause! Si vous vous souvenez de cette 997 Speedster rouge indien dont nous avions parlé récemment, vous risquez de vous régaler devant ce nouveau Speedster sur commande spéciale. A moins que la couleur retenue ne vous désole, ce qui est plus que probable. Lorsque l’on sait que le bleu profond fut développé exclusivement pour la 997 Speedster, il est assez amusant devoir que certains ne voulaient que du noir.

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Quelle ironie tout de même, que de se voir proposer gratuitement une couleur unique, et de préférer débourser 4 200€ pour une couleur proposée dans le nuancier de série, et somme toutes assez banale. C’est pourtant ce qu’a fait le premier propriétaire de ce Speedster. Il est pourtant bien facile de se moquer, car une 997 Speedster noire est si rare qu’une Speedster bleu en deviendrait banal. Vous parliez d’ironie?? D’autre part, difficile de récrier ce choix, tant le noir confère au Speedster une élégance indiscutable, dans la droite lignée des Black Edition. Le noir, à peine relevé par les chromes des jantes Fuchs de 20 pouces n’en est que plus éclatant.

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Quant à l’intérieur, il empruntait lui aussi une voie très risquée. Pour des raisons que je peine à expliquer, l’usage de cuir blanc m’a toujours semblé risqué, tant il est éclatant. De fait, son éclat presque éblouissant tend à annihiler l’effet de contraste recherché lorsque l’on en fait usage. Cela était d’autant plus risqué que les motifs contrastants choisis par Porsche Exclusive à l’intérieur du Speedster sont pour le moins clinquants. Il semblent d’ailleurs davantage refléter une époque qu’être destinés à paraître intemporels. Malgré cela, les bandes blanches parcourant les sièges sport ne manquent pas d’allure. Pourra-t-on en dire autant des placages de cuir blanc sur les panneaux de portes et les buses d’aérations? Je ne me risquerai guère à l’affirmer…

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Cela étant, les touches de cuir blanc permettent de redonner un peu d’éclat à un Speedster jouant très nettement la carte de la discrétion et de l’élégance. Une image de l’auto capotée révèle les armatures proéminentes de la capote. A ce titre, et bien que la capote du Speedster soit manuelle et moins bien isolée que celle d’un cabriolet conventionnel, elle permet de mesurer les progrès réalisés entre les générations 997 et 991: la capote du cabriolet 991 est entièrement lisse, permettant à l’auto d’avoir un aspect identique à celui d’un coupé. Il ne s’agit que d’un détail, mais celui contribue à accélérer la sensation de vieillissement dont souffre peu à peu la 997, lui conférant déjà à certains égards des sensations d’ancienne. Ainsi va le charme de la 911: à peine une génération ultra moderne est-elle remplacée par des autos encore plus abouties, que l’ancienne génération prend quelques charmantes rides, commençant à écrire les premières lignes de sa longue histoire.

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Tout cela pour dire quoi? Que la 997, indéniable canon de beauté capable de rivaliser avec la 993  possède un charme fou (en ce qui me concerne, je trouve les 997 plus belles que les 991), que le poids des années ne ternira pas. Elle restera probablement dans les mémoires comme l’une des générations les plus réussies de l’histoire et les Speedster, comme ceux de chaque génération, s’arracheront. Bleu, blanc, rouge ou noir, le Speedster est d’ores et déjà incontournable. Sublime, et indispensable…

Ce Speedster est à vendre chez Bingo Sports

Le Mans Classic: dans les coulisses du concours d’élégance (partie1)

Les plus célèbres d’entre eux attirent les collectionneurs du monde entier. Parfois adorés, parfois ignorés, même méprisés, c’est peu de dire que les concours d’élégance ne laissent que peu de monde indifférent. Et pourtant, peu de gens savent exactement en quoi consiste un concours d’élégance. 906 Chronicles vous donne l’occasion  d’entrer dans les coulisses du concours d’élégance qui anima l’après-midi du samedi 5 juillet au Mans Classic…

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C’est un privilège que nous devons à Gilles Texier de la Fédération des Clubs Porsche. Je me dois de le remercier vivement pour m’avoir offert l’opportunité de faire partie du jury du concours d’élégance aux côtés, entre autres de Marc Ouayoun, PDG de Porsche France, ainsi que de Valentin Kaiser, directeur du département Classic de Porsche Vélizy. Profitons-en d’ailleurs pour souligner la passion qui anime ces deux hommes. Loin des clichés selon lesquels il n’y a plus de véritables passionnés chez le constructeur, ces deux personnages de premier plan pourraient à eux seuls incarner ces générations de porschistes jeunes et moins jeunes parmi les plus intoxiqués. A bon entendeur, chez Porsche on s’y connaît en Porsche! C’est donc en compagnie de ces deux respectables personnages, d’un journaliste de RS Magazine, d’un membre de Porsche AG, ainsi que d’un membre de club que nous nous entretenons à propos des autos participant au concours, dans un petit coin de la loge Porsche réservé aux employés. Nous décidons d’effectuer deux classements: un premier pour les oldtimers d’avant 1973, et un second pour les youngtimers jusqu’à la 993.

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Nous devons étudier 32 dossiers préalablement choisis par la fédération des clubs Porsche. Nous nous réjouissons de constater que de très nombreux modèles sont représentés: deux 356, une 911 2.0, des 912, des Targa, et même une Sportomatic! Une 911 SC, quelques Turbo, une 964 Jubilé, des Speedster, des 993 Carrera, Carrera 4S… Et ce, sans oublier des modèles moins emblématiques, et néanmoins très intéressants, allant de la 914-6, en passant par une 924S (nous y reviendrons), et deux 968 Clubsport! La fédération a vraiment bien fait les choses, et il est vraiment remarquable d’avoir réussi le tour de force de rassembler, en une petite trentaine de véhicules, autant de générations et de déclinaisons des productions de Zuffenhausen. Quant au festival de couleurs vives qui s’annonce au vu des dossiers, il s’agit de la cerise sur le gâteau. Mais trêve de plaisanteries, nous nous devons de définir des critères d’évaluations de ces autos. Nous arrêtons trois critères nous semblant pertinents: l’authenticité sera le premier critère, tant il est important dans un concours d’élégance de présenter une auto aussi conforme à l’origine que possible, qu’elle ait été restaurée ou non. Deuxièmement, s’agissant d’un concours d’élégance, il est évident que l’aspect esthétique est primordial: oserait-on présenter une auto salie par un long voyage jusqu’au Mans? Nous inspecterons donc les autos sous toutes les coutures afin de déterminer laquelle se présentait sous son plus beau jour. Enfin, le critère de la rareté est également arrêté. Celui-ci pourrait être sujet à controverse, mais comme vous le verrez ci-dessous, nécessite d’être nuancé.

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Ce sera donc authenticité, esthétique et rareté. D’aucuns objecteront à ce stade qu’une auto restaurée risque fort de gagner beaucoup de points en esthétique, et non en authenticité. Au contraire, une 911 2.0 dans son jus jamais restaurée peinera à marquer des points dans la catégorie esthétique, ce qui est injuste. Quant à la rareté, quel mauvais choix! Cela élimine d’emblée les 912, sans même parler de la 924! Encore un concours ridicule et inégal où les Speedster et les 911 2.0 seront primés, quelle injustice!

Justement, ce n’est pas si simple que cela. Sans vouloir vous raconter d’avance ce sur quoi nous nous sommes attardés, il faut comprendre que toutes les restaurations ne se valent pas, et ce qu’un dossier photographique ne révèle pas, une observation minutieuse ne manquera pas de le déceler. Mieux vaut alors une auto dans son jus, dont l’aspect esthétique ne manquera pas d’être salué du fait, en quelque sorte, de ce qu’il a d’émouvant. Au contraire, une excellente restauration, faite dans les règles de l’art et avec des pièces d’origine pourra également obtenir une excellente note d’authenticité. Enfin, en ce qui concerne la rareté, le jury ne s’attarde pas sur la seule loi implacable des chiffres. Il n’existe qu’un peu plus de neuf cents 964 Speedster, contre des milliers de 924 S. Cela étant, il est presque courant de voir un Speedster en très bel état, à la différence d’une 924 S entièrement restaurée, dans un état immaculé. C’est en jouant sur ces nuances que nous nous surprendrons après coup à avoir décerné des notes pour le moins inattendues à des autos que, justement, l’on n’attendait peut-être pas.

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Mais n’allons pas tout révéler maintenant, les vacances sont encore longues. Je vous conterai la suite dans les jours qui viennent…

N.B: Ayant été totalement absorbé par l’enthousiasme, l’auteur a légèrement omis de faire des photos de l’ensemble des véhicules participant au concours. Les rares clichés des autos participantes seront publiés lorsque nous entrerons dans le vif du sujet.

Les enchères de Gooding à Amelia Island le 8 mars 2014

Chaque année, le concours d’élégance se tenant à Amelia Island aux Etats-Unis donne lieu à de fantastiques ventes aux enchères de la part des plus grandes maisons de vente américaines. Cette année, Gooding & Co mettait, entre autres, les Porsche à l’honneur, avec parmi les autos vendues quelques pièces très exceptionnelles. Mais également quelques surprises de taille, au moins aussi immenses que le portefeuille des acheteurs. Place aux images.

911 RS 2.7 Lightweight de 1973

C’est certainement LA surprise de cette vente. Cette RS a été adjugée pas moins de 1 402 500$, soit près de 1 011 000€. C’est certainement la première RS 2.7 à franchir la barre symbolique du million d’Euros. Quelques bonnes raisons tentent péniblement de justifier ce prix. En premier lieu, il s’agit d’une RS Light, nettement plus rare que la Touring, entièrement matching numbers. Il est surprenant d’apprendre que son historique avant d’arriver aux Etats-Unis est inconnu. Par la suite, celui-ci est limpide, et montre que cette RS a constamment été entretenue avec le plus grand soin. En définitive, cela ne fait pas tellement de bonnes raisons de débourser un million d’Euros, et c’est bien un léger malaise qui prime à la lecture d’une telle somme. Rappelons que Flat 6 Magazine estime que les meilleurs exemplaires se négocient aux alentours de 350 000€…

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911 Carrera 2.7 de 1974.

236 500$, soit environ 170 500€ pour cette authentique Carrera 2.7 importée d’Europe. Jamais restaurée, elle possède toujours son moteur d’origine ainsi que la plupart des panneaux de carrosserie qui l’équipaient lorsqu’elle sortit des chaînes de montage. Elle totalise à ce jour 130 000km, ce qui tend à rassurer quant à l’utilisation régulière de l’auto, garante d’un bon état des éléments mécaniques. Il n’en reste pas moins que la cote d’un tel véhicule en état concours oscille habituellement aux alentours de 120 000€.

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959 Clubsport de 1988.

La barre du million de dollars est de nouveau franchie, cette fois-ci pour l’un des 29 rarissimes exemplaires de 959 Clubsport. 1 100 000$ furent déboursés par le nouvel acheteur, ce qui équivaut à 793 000€. Il semblerait qu’elle n’ait connu qu’un seul propriétaire entre 1988 et 2007, date à laquelle elle rejoint le continent américain, où elle changera plusieurs fois de main. Elle ne totalise à ce jour que 9 608km. Difficile d’imaginer qu’elle en fera beaucoup plus. Notons que la cote d’une 959 Komfort en état concours oscille aux alentours de 450 000€.

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356 Carrera 2 de 1963

C’est une Carrera 2 sérieusement optionnée et entièrement matching numbers que les commissaires-priseurs ont adjugée pour 550 000$ (près de 400 000€). Il est d’ailleurs assez étonnant de noter qu’une combinaison peinture noire sur intérieur noir est assez rare sur les 356. Cette 356 embarque quelques options assez rares tels qu’un toit ouvrant électrique ou un réservoir de 70 litres. Soulignons également que son historique est entièrement connu.

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356 A de 1958

Il s’agit une fois de plus d’une auto matching numbers, récemment restaurée. Adjugée pour 159 500$ (115 000€)

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718 RSK de 1959

Après les 2 750 000$ atteints par une 718 RS 61 le 18 janvier dernier sous le marteau de RM Auctions, cette RSK, châssis 023, a atteint la barre des 3 300 000$ (2 380 000€)! Seulement 35 RSK furent construites, et ce modèle, matching numbers possède toujours sa carrosserie d’origine. Cela n’a pas empêché l’auto de bénéficier d’une restauration complète et extrêmement minutieuse. 718-023 connut une carrière courte mais intense dans le championnat SCCA aux mains de son propriétaire Roy Schechter.

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356 SC de 1964

Retour au calme avec une superbe 356 SC matching numbers, ayant subi quelques travaux de restauration récents, permettant à l’auto de présenter un très bel état. En fut vendue pour 48 500$, bien au-delà de l’estimation haute initiale, à 40 000$.

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911 2.0E de 1969

Entièrement restaurée en 2010, cette 2.0E a rejoint son nouveau propriétaire moyennant 137 500$ (99 000€), un montant légèrement supérieur à l’estimation haute de 120 000$. Notons que la cote d’un tel modèle en état concours se situe davantage aux alentours de 75 000€.

Celle-ci possède toutefois quelques équipements intéressants: des feux anti-brouillard Hella, mais surtout un arceau de sécurité d’usine. Gooding ne précise pas si celui-ci équipait l’auto lors de sa sortie des chaînes. S’agit-il vraiment d’un exemplaire en état concours? Cela reste difficile à affirmer.

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911 2.4S de 1973

242 000$ (175 000€) pour un superbe exemplaire de 2.4S. Un prix qui, pour une fois, est parfaitement justifié! Entièrement d’origine, celle-ci peut se vanter de posséder son carnet d’entretien original ainsi qu’un dossier de factures très documenté. Elle fut également restaurée dans les moindres détails, ce qui lui permit de décrocher un premier prix lors d’un concours d’élégance du Porsche Owner’s Club of America.

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907 LH de 1968

Il s’agit à n’en pas douter du clou du spectacle! Peut-on espérer auto plus rare, plus titrée, plus célèbre que cette 907? Celle-ci porte le numéro de châssis 005. En d’autres termes, ce n’est rien moins que celle qui remporta les 24 heures de Daytona en 1968. Notons également une quatrième place aux 12 heures de Sebring, quatre participations aux 24 heures du Mans, ainsi qu’un grand nombre de victoires de classe qu’il serait trop long d’énumérer. S’il ne fallait présenter qu’une seule Porsche lors de cette vente, c’était bien cette 907 et nulle autre. Ce fut d’ailleurs, sans surprise, la Porsche la plus chère, vendue pour 3 630 000$ (2 422 000€). Le prix de l’histoire…

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911 2.0L de 1968

Ce fut le seule Porsche invendue lors de cet événement, avec un prix de réserve de 350 000$. Elle est certainement l’une des 911 de course les plus méconnues. A la demande insistante de ses clients, Porsche se décida à créer une auto capable d’être engagée en compétition, voire d’être efficace sur des épreuves de rallye. Le constructeur équipa donc des caisses de 911 L d’un kit compétition pioché dans les pièces détachées de l’usine. Dans cette caisse de trouvait un moteur Type 901/30, l’un des plus performants de l’époque. La 911 L de compétition se distinguait par la présence d’amortisseurs Koni rabaissés, et d’un différentiel à glissement limité. Seulement 28 exemplaires auraient été construits.

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Il s’agirait presque d’une mévente pour cette 911 à empattement court. Présentée comme matching numbers et ayant bénéficié d’une belle restauration, elle aura changé de propriétaire pour la modique somme de 112 200$ (81 000€). Lorsque l’on sait qu’un exemplaire en état concours se négocie aux alentours de 150 000€, il y a fort à parier que cet exemplaire était plus proche du parfait état. A vrai dire, cela vaut vraiment le coup! Qui se plaindrait de posséder une auto en parfait état?

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356 Speedster de 1955

Un superbe exemplaire à l’historique particulièrement intéressant. Non content de posséder son moteur d’origine et d’avoir eu la chance de ne compter que trois propriétaires successifs au cours de son existence, ce Speedster a eu la chance de décrocher quelques breloques en compétition avec à son volant un certain Pedro Rodriguez… Et ce, sans compter de multiples victoires en amateur avec son véritable propriétaire, un guatémaltèque nommé Roberto Reyes. Un véritable petit morceau d’histoire pouvant également se targuer d’avoir remporté quelques concours d’élégance. Voici qui permet de justifier une enchère à 462 000$ (333 000€)!

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911 2.0S Targa lunette souple de 1967

Le coup de coeur de cette vente! Une Targa lunette souple, rouge polo, en empattement court. Celle-ci a bénéficié d’une restauration complète en 2010, saluée par un certificat d’authenticité délivré par le constructeur. A noter toutefois qu’elle n’est plus équipée de son moteur d’origine, pour une raison qui reste inconnue, bien que toujours équipée d’un moteur 2.0S de 1967. Une raison qui aura certainement justifié une adjudication à 195 250$ (140 000€) inférieure à l’estimation basse de 200 000$. Cela reste néanmoins relativement élevé, lorsque l’on sait que la cote des meilleurs exemplaires avoisine précisément ce montant.

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C’est peu de le dire, la plupart des autos proposées à la vente ne manquaient pas d’intérêt, et bénéficiaient d’un intérêt historique certain. Je reste néanmoins pris d’un léger malaise lorsque je vois les montants atteints par certaines autos. Plus d’un million pour une RS 2.7, cela est tout de même trois fois l’estimation faite par Flat 6 magazine. De même pour cette 959, vendue près de deux fois le prix d’une Komfort. Certes, la cote de Flat 6 Magazine est actualisée chaque année au mois de mai. Nous pouvons en conclure qu’ils auront fort à faire cette année, lorsque l’on voit les proportions prises par la hausse sur certains modèles. Une hausse qui me semble parfaitement irrationnelle, et à certains égards, dangereuse…