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Le Mans Classic: pour l’amour de la compétition

C’est avant tout pour cela que l’on se rend au Mans Classic. Les superbes autos de tourisme alignées par centaines, même par milliers, ne sont rien de plus que le glaçage d’un gigantesque gâteau de voitures de compétitions de toutes les époques, qu’il est presque impossible d’engloutir en entier. A ceux qui se demanderaient s’il est opportun de passer trois jours au Mans Classic, répondons qu’une vie ne sera pas suffisante, tant il y a de choses à voir. A ce point? Réponse en images…

La superbe 356 bleue au premier plan serait la propriété de l’Aga Khan. Un homme de goût…

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Il aurait fallu compter les 904 Carrera GTS. Peut-être plus nombreuses que toutes les Peugeot sur le parking…

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Dépêchée de la Rofgo Collection aux Etats-Unis, cette 908/3, châssis n°12, a participé à la Targa Florio et aux 1000km du Nürburgring en 1971. Avec en définitive deux abandons, 012 ne brilla pas, mais sera pénalisée par un châssis qui ne fut pas construit en suivant scrupuleusement les plans de l’usine, et qui se brisa pendant la course du Nürburgring…

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Cette 917 débuta son histoire en portant le châssis 028. Après de sérieux dommages lors des 24 heures du Mans 1970, elle fut entièrement reconstruite à partir du châssis 031. Elle connut ensuite une carrière plus heureuse, puisqu’elle décrocha (entre autres) une deuxième place aux 24 heures du Mans 1971.

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Non, il ne s’agit pas de la 917 victorieuse au Mans 1970. Il s’agit d’une auto appartenant à un collectionneur brésilien, qui a décidé de la faire repeindre aux couleurs de la voiture victorieuse. Pourquoi? Tout simplement parce qu’il est l’heureux propriétaire de la vraie, celle qui gagna bel et bien le Mans. Lorsque vous vous rendrez au musée, il sera bon de savoir que la 917 arborant les couleurs de la n°23 est en fait le châssis 001, restauré pour prendre la forme de la fameuse n°23. Vous savez désormais toute la vérité. Mais tous les lecteurs de Flat 6 Magazine le savaient déjà!

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Cette 907 LH aura émerveillé tous les spectateurs qui ont eu la chance d’entendre son moteur vrombir.

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Entre la 907 et la 910, les différences sont bien maigres.

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35 exemplaires de 911 T/R sont sortis des ateliers du constructeur.

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21 exemplaires de 911 S/T auraient été construits. Quel privilège de pouvoir en retrouver deux côte à côte!

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Et une autre 910. Elles étaient venues en escadron.

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Deux 914/6 GT côte à côte.

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Cette 908/3 serait le châssis n°1, essentiellement utilisé pour des tests. Les phares sont un ajout anachronique, ici inspirés de l’auto du team Joest ayant couru en 1973.

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Au hasard des allées, l’on tombe nez à nez avec une 901. Avec un curieux rétroviseur.

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Petit appel de phares aux équipes d’AR Sport, engagées au volant de cette 911 2.0 de 1965. Avec un point de malus en raison des couleurs non conformes à l’époque.

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Difficile de passer inaperçu en 906, d’autant plus avec les portes ouvertes.

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Euh, tu feras gaffe, t’as une porte sur la tête…

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Le Mans Classic haut en couleurs

On ne le dira jamais assez, le Mans Classic est un événement incontournable pour tout passionné de Porsche. Sur le parking des clubs se trouvent près d’un millier d’autos toutes plus belles que les autres, dont quelques raretés insoupçonnables. Dans cet immense parterre d’autos de rêve, certaines se distinguent par un patronyme unique ou une couleur attachante, si ce n’est, elle aussi, unique. Petit florilège des plus belles beautés de l’édition 2014, à consommer sans modération!

Je ne saurais dire quelle est cette couleur. 1 point de bonus pour le gentilhomme qui saura répondre! (Le point de bonus revient à Etienne Chatry pour avoir identifié un Vert Wimbledon)20140704_104132

Il s’agirait visiblement d’un bleu cobalt pour cette 993 Carrera S. La nuance avec le bleu iris n’est pas forcément évidente.20140704_104151

Turbo 3.6 et Turbo S Leichtbau côte à côte. Insoupçonnables… Il faudrait des semaines entières afin de pouvoir observer chaque auto.20140704_104359

L’histoire ne nous dira pas si ces bandes Martini sont d’origine sur cette 930 Turbo, manifestement inspirées de la 911 Turbo du célèbre chef d’orchestre Herbert von Karajan. Mais qu’importe, quelle réussite!

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Cette 911 préparée dans l’esprit des ST ne manquait pas d’allure, et aura attiré plus d’un curieux!20140704_115819

Les couleurs ne sont pas dans l’ordre, mais les RS  se sont distinguées par un petit excès de chauvinisme. La Sarthe, ça vous gagne…20140704_120043

Deux superbes 997 Carrera S préparées par Exclusive. Au petit jeu des 7 différences (à l’exception notable du gros Barbapapa), il fallait se pencher à l’intérieur afin de s’en sortir. 20140704_115916

Je décerne le prix du Best of Show à cette 997 Carrera S orange sanguine venue d’Auvergne (nul n’est parfait…)20140704_120008

Ah, toi aussi t’as une verrue?20140704_164906

 

Il y avait plusieurs 911 édition 50 ans, dont ce superbe exemplaire en gris geyser. A vous réconcilier avec le gris!20140704_170045

Les jantes et les chromes contribuent pour beaucoup à sublimer la 911 5020140704_170117

Un jaune éclatant qui devrait ravir un certain horloger bien connu des porschistes!20140704_170223

La Carrera GT était également très entourée. Quel dommage que tant d’exemplaires aient quitté les chaînes en Argent GT métallisé.20140705_121024

Deuxième prix du Best of Show décerné à cette GT3 bleu riviera. Qui a dit que les français n’achetaient que du gris?20140705_121034

C’est beau, une GT3 rouge. Heureux anglais…20140705_153145

Encore dans le creux de la vague, mais guère pour longtemps. Il est plus que temps de s’offrir une de ces 996 GT3 ou GT2.20140705_153059

Les Boxster n’ont pas manqué de se faire remarquer. L’exemplaire bleu saphir au second plan était véritablement superbe.20140705_153158

Les jantes couleur carrosserie transfigurent une auto blanche. A recommander à tous les propriétaires de GT3 blanches. Ou de GT2.20140705_195607

L’unique Delavilla VRS se faisait discrète. Préparée par Michel Bendinelli, il s’agit pourtant d’une véritable pièce d’orfèvre, bien plus belle qu’elle n’y paraît!

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Le Mans Classic: dans les coulisses du concours d’élégance (partie 2)

Voici la seconde partie des aventures de 906 Chronicles au sein du jury du concours d’élégance du Mans Classic. Rappelons, pour les distraits qui auraient manqué la première partie, que nous y avons défini et expliqué les critères d’évaluation des autos présentes. Prêts pour l’évaluation? En avant!

Il serait trop long et trop fastidieux de détailler chaque auto inspectée, aussi m’attarderai-je avant tout sur des autos en particulier, ou des détails qui attirèrent l’attention du jury. L’une des premières autos à être inspectée fut une 930 Turbo 3.3 de 1988. Les plus attentifs d’entre vous remarqueront qu’il s’agit donc d’une auto équipée de la rare boîte de vitesses à 5 rapports ayant équipé les modèles de 1988 à 1989. Cela ne manquera pas d’être pris en compte lors de la notation finale. Cela étant, cette Turbo nous aura surpris par son authenticité et son état de conservation remarquable. La peinture était totalement d’origine, tout comme l’ensemble des panneaux de carrosserie, parfaitement alignés. L’aspect général de cette Turbo ne manquera pas d’être salué, d’autant que d’autres 930 Turbo participèrent au concours, ce qui permit d’établir de bonnes bases de comparaison. Le Jury se montrera particulièrement regardant sur des détails que seule une observation minutieuse saurait déceler: des jantes Fuchs peintes, ou des protections anti-gravillons peintes dans la couleur de la carrosserie sont éliminatoires. Cette première 930 Turbo entièrement d’origine sera la première bonne surprise.

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Superbe, cette 930 Turbo décrochera finalement la deuxième place du classement youngtimers.

La présence de modèles de la même génération permettra des comparaison établissant la pertinence de nos critères d’évaluation. Cela sera particulièrement flagrant dans le cas d’une 993 Carrera 4 à l’intérieur habillé de bois. Intéressante au premier abord, le jury se montrera finalement impitoyable devant le mauvais alignement des panneaux de carrosserie ainsi que la présence d’élargisseurs de voie. Et ce, d’autant plus qu’une 993 Carrera 2 garée à côté étonnera le jury du fait de son état proche du neuf. Faiblement kilométrée, cette 993 dissimulait bien ses qualités sous un bleu océan métallisé fort discret. Cela étant, la sellerie en cuir bi-ton bleu et gris ne présentait pas le moindre accroc, et semblait avoir été totalement épargnée par les dégâts du temps. A tel point que l’on se serait presque déchaussé avant de monter à bord. Ladite 993 finira de nous ébahir lorsque son propriétaire nous montrera fièrement, et à juste titre, un carnet d’entretien d’origine témoignant du fait que l’auto avait été entretenue depuis près de 20 ans dans le même centre Porsche avec un soin frisant l’obsession. Une simple Carrera 2? Elle devenait d’un coup LA Carrera 2 à mettre dans son garage. Tandis que l’intérieur en bois de la 993 précédente sombrait dans l’oubli…

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Même cette superbe 356 n’aura pas su tirer son épingle du jeu, malgré une présentation originale.

Le sens du détail du jury est parfois incroyable. Il est tout à fait compréhensible que l’on ne puisse accepter un alignement des panneaux de carrosserie imparfait ou la présence de jantes élargies. Mais cela ne sera pas suffisant pour un jury qui, décidément, connaît parfaitement son affaire: régularité des points de soudure, présence des poinçons d’origine, et comble du comble, un membre du jury ira jusqu’à saluer la présence d’un adhésif à l’apparence rabougrie dans le coin du capot avant d’une 993. Ne manquant pas de remarquer ma circonspection, il m’expliquera que ce petit morceau de silicone était en fait apposé sur les coins du capot avant à la sortie de l’usine, et qu’il est particulièrement rare de les retrouver 20 ans plus tard. Par conséquent, nous pouvions raisonnablement penser que l’auto concernée n’avait jamais été accidentée, ni repeinte, et qu’elle avait toujours bénéficié d’un entretien particulièrement soigné. Ce souci du détail aura néanmoins le petit inconvénient d’exclure d’emblée des autos méritantes, telle qu’une superbe 914-6 préparée afin d’adopter l’apparence d’une GT. La préparation mécanique et esthétique était tout à fait soignée, mais le manque d’authenticité de l’auto était éliminatoire. On ne peut pas tout avoir… De même, un incroyable Speedster étroit bleu Gulf aurait probablement gagné le concours, s’il n’avait été question que d’étudier un dossier photographique. A l’origine, ce superbe Speedster était gris métallisé. Bien que la nouvelle peinture ait été réalisée après démontage de l’auto, et avec le plus grand soin, le jury ne pouvait laisser passer un tel manquement à l’origine. De l’importance de l’authenticité, ce qui vaudra plusieurs éliminations d’autos présentant des traces de peinture sans démontage préalable.

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Mais les deux plus grandes surprises de ce concours d’élégance viendront des Porsche à Moteurs Avant, récemment mises à l’honneur dans nos colonnes. Ce sont pas moins de deux PMA qui s’inviteront sur le podium du classement des Youngtimers. Deux autos aux profils nettement différents. Nous attribuerons la troisième place de ce concours à une Porsche 924S comme neuve. Son propriétaire, fou amoureux de « l’auto de [ses] 15 ans », n’aura épargné aucune dépense afin d’en faire restaurer un exemplaire chez les frères Almeras. Pas moins de 30 000€ avaient été investis dans la restauration; le jury tout entier en restera pantois. Cette 924 était probablement plus belle que le jour de sa sortie d’usine. D’aucuns se rappelleront certainement ici du fait que les critères d’évaluation semblaient sujets à débat. Rare, une 924S? Dans cet état, cela est quasiment introuvable. Quant à l’authenticité, cette auto sortait certes de restauration, mais celle-ci avait été faite dans les règles de l’art, avec des pièces d’origine, l’auto restait donc conforme à ce qu’elle était en sortant des chaînes de production.

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Troisième place du classement Youngtimers pour cette magnifique 924S.

Quant à la grande gagnante de ce concours, il s’agit d’une 968 Clubsport immaculée. Dans un tout autre style que la 924S évoquée ci-dessus, cette 968 était entièrement d’origine, et jamais restaurée. Affichant une présentation esthétique irréprochable, elle ne manqua pas de se distinguer par son faible kilométrage justifié, mais surtout par le fait tout y était d’origine, et dans un état proche du neuf. Entretenue avec le plus grand soin, elle aurait ébloui plus d’un amateur. Avis aux 911istes dédaignant les moteurs avant, il est plus que temps de cesser de toiser les propriétaires de PMA, tout aussi passionnés, sinon davantage tant la passion pour les PMA ne peut que difficilement s’accompagner d’une démarche statutaire.

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Le prix du Best of Show ira à cette 911 2.2E Targa à la combinaison de couleurs très originale: bleu Albert, sellerie rouge. Et entièrement d’origine…

Tant de choses pourraient encore être contées à propos du concours d’élégance. De nombreux témoignages des propriétaires ayant assisté à l’évaluation, que je préfère taire afin de préparer les futurs concours d’élégance des clubs Porsche dans les meilleures conditions, en améliorant encore la qualité des évaluations. Cette expérience privilégiée démontre à quel point le monde Porsche peut-être complexe à appréhender, tant les autos regorgent de détails qu’une vie entière ne suffirait à retenir tous. Merci encore à Gilles Texier, ainsi qu’à tous les membres du jury et aux propriétaires des autos, qui auront accepté de se prêter à un jeu parfois cruel, mais qui en vaut la peine…

Le Mans Classic: dans les coulisses du concours d’élégance (partie1)

Les plus célèbres d’entre eux attirent les collectionneurs du monde entier. Parfois adorés, parfois ignorés, même méprisés, c’est peu de dire que les concours d’élégance ne laissent que peu de monde indifférent. Et pourtant, peu de gens savent exactement en quoi consiste un concours d’élégance. 906 Chronicles vous donne l’occasion  d’entrer dans les coulisses du concours d’élégance qui anima l’après-midi du samedi 5 juillet au Mans Classic…

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C’est un privilège que nous devons à Gilles Texier de la Fédération des Clubs Porsche. Je me dois de le remercier vivement pour m’avoir offert l’opportunité de faire partie du jury du concours d’élégance aux côtés, entre autres de Marc Ouayoun, PDG de Porsche France, ainsi que de Valentin Kaiser, directeur du département Classic de Porsche Vélizy. Profitons-en d’ailleurs pour souligner la passion qui anime ces deux hommes. Loin des clichés selon lesquels il n’y a plus de véritables passionnés chez le constructeur, ces deux personnages de premier plan pourraient à eux seuls incarner ces générations de porschistes jeunes et moins jeunes parmi les plus intoxiqués. A bon entendeur, chez Porsche on s’y connaît en Porsche! C’est donc en compagnie de ces deux respectables personnages, d’un journaliste de RS Magazine, d’un membre de Porsche AG, ainsi que d’un membre de club que nous nous entretenons à propos des autos participant au concours, dans un petit coin de la loge Porsche réservé aux employés. Nous décidons d’effectuer deux classements: un premier pour les oldtimers d’avant 1973, et un second pour les youngtimers jusqu’à la 993.

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Nous devons étudier 32 dossiers préalablement choisis par la fédération des clubs Porsche. Nous nous réjouissons de constater que de très nombreux modèles sont représentés: deux 356, une 911 2.0, des 912, des Targa, et même une Sportomatic! Une 911 SC, quelques Turbo, une 964 Jubilé, des Speedster, des 993 Carrera, Carrera 4S… Et ce, sans oublier des modèles moins emblématiques, et néanmoins très intéressants, allant de la 914-6, en passant par une 924S (nous y reviendrons), et deux 968 Clubsport! La fédération a vraiment bien fait les choses, et il est vraiment remarquable d’avoir réussi le tour de force de rassembler, en une petite trentaine de véhicules, autant de générations et de déclinaisons des productions de Zuffenhausen. Quant au festival de couleurs vives qui s’annonce au vu des dossiers, il s’agit de la cerise sur le gâteau. Mais trêve de plaisanteries, nous nous devons de définir des critères d’évaluations de ces autos. Nous arrêtons trois critères nous semblant pertinents: l’authenticité sera le premier critère, tant il est important dans un concours d’élégance de présenter une auto aussi conforme à l’origine que possible, qu’elle ait été restaurée ou non. Deuxièmement, s’agissant d’un concours d’élégance, il est évident que l’aspect esthétique est primordial: oserait-on présenter une auto salie par un long voyage jusqu’au Mans? Nous inspecterons donc les autos sous toutes les coutures afin de déterminer laquelle se présentait sous son plus beau jour. Enfin, le critère de la rareté est également arrêté. Celui-ci pourrait être sujet à controverse, mais comme vous le verrez ci-dessous, nécessite d’être nuancé.

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Ce sera donc authenticité, esthétique et rareté. D’aucuns objecteront à ce stade qu’une auto restaurée risque fort de gagner beaucoup de points en esthétique, et non en authenticité. Au contraire, une 911 2.0 dans son jus jamais restaurée peinera à marquer des points dans la catégorie esthétique, ce qui est injuste. Quant à la rareté, quel mauvais choix! Cela élimine d’emblée les 912, sans même parler de la 924! Encore un concours ridicule et inégal où les Speedster et les 911 2.0 seront primés, quelle injustice!

Justement, ce n’est pas si simple que cela. Sans vouloir vous raconter d’avance ce sur quoi nous nous sommes attardés, il faut comprendre que toutes les restaurations ne se valent pas, et ce qu’un dossier photographique ne révèle pas, une observation minutieuse ne manquera pas de le déceler. Mieux vaut alors une auto dans son jus, dont l’aspect esthétique ne manquera pas d’être salué du fait, en quelque sorte, de ce qu’il a d’émouvant. Au contraire, une excellente restauration, faite dans les règles de l’art et avec des pièces d’origine pourra également obtenir une excellente note d’authenticité. Enfin, en ce qui concerne la rareté, le jury ne s’attarde pas sur la seule loi implacable des chiffres. Il n’existe qu’un peu plus de neuf cents 964 Speedster, contre des milliers de 924 S. Cela étant, il est presque courant de voir un Speedster en très bel état, à la différence d’une 924 S entièrement restaurée, dans un état immaculé. C’est en jouant sur ces nuances que nous nous surprendrons après coup à avoir décerné des notes pour le moins inattendues à des autos que, justement, l’on n’attendait peut-être pas.

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Mais n’allons pas tout révéler maintenant, les vacances sont encore longues. Je vous conterai la suite dans les jours qui viennent…

N.B: Ayant été totalement absorbé par l’enthousiasme, l’auteur a légèrement omis de faire des photos de l’ensemble des véhicules participant au concours. Les rares clichés des autos participantes seront publiés lorsque nous entrerons dans le vif du sujet.

Un petit tour au Mans Classic

Frappez-moi… Je préfère cela à devoir parler du Mans Classic en étant contraint de m’en tenir aux Porsche. Oseriez-vous réduire un menu de Michel Troisgros à sa seule entrée? La tâche s’annonce ardue, tant il y a à voir, et à raconter…

Au premier abord, cela n’a pourtant l’air de rien. Le vendredi matin, à 9 heures précises, difficile d’affirmer que l’enceinte réservée aux Porsche détonne. Tant de place pour si peu de Porsche… Certes, il y a bien le nouveau Boxster GTS de Porsche France, et l’une des dernières 991 GT3 qui fait son arrivée. Mais à part cela? Pour l’instant, rien de très alléchant à se mettre sous la dent. Prenons notre mal en patience, et allons faire un tour à la loge Artcurial Motorcars tant qu’il n’y a personne, afin d’inspecter les lots qui seront vendus aux enchères le lendemain. Malheureusement, après Rétromobile, la maison d’enchères décroche une nouvelle fois la palme de l’arrogance, refusant l’accès à quiconque n’aurait pas d’invitation, ou ne serait dûment inscrit. Fauchés et autres bouseux, passez votre chemin, vous entrez dans un temple de friqués… Mais que diable suis-je donc allé faire dans cette galère?

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La parenthèse Artcurial sera bien vite oubliée. Il suffit de s’aventurer sous les tentes abritant les différents plateaux, pour comprendre que l’exposition des autos de série n’est jamais que la cerise d’un énorme gâteau. Citez une auto, vous finirez pas la trouver, quelle qu’en soit la marque. AC Cobra, GT 40 en pagaille, quatre Ferrari 250 GTO sur le stand de l’autre cheval cabré, et des Porsche, et des Porsche, et des Porsche… 904 Carrera GTS soigneusement alignées, avant de tomber nez à nez avec un parterre de 911 2.0 et de 356 affûtées, prêtes à en découdre. Et à vous déchirer les tympans… Il faudra attendre les essais du vendredi après-midi pour voir ces merveilles à l’oeuvre, depuis les tribunes et sous un soleil de plomb.

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Il y avait deux 914/6 GT

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Mais avant cela, il vous aura fallu parcourir les allées de tous les plateaux, rester pantois devant une 917 Gulf rutilante, accompagnée d’une 908/3 habillée de la même livrée. Les 911 ST se disputent la vedette aux 906 venues en surnombre, avant qu’une 907 Longue Queue ne vienne rappeler tout ce petit monde à l’ordre en démarrant. Plus personne ne prête attention aux Corvette, Shelby et autres Lola: qu’un moteur démarre et des centaines de spectateurs s’agglutinent immédiatement autour de l’engin, désireux de se faire réduire les tympans en miettes bien avant l’âge de déraison. Mais qu’il est difficile de conter un tel spectacle, tant les merveilles se succèdent aux merveilles, les heures s’écoulant dans un ballet d’autos de courses de 1920 à 1990, offrant à tous l’opportunité de revivre l’histoire des autos d’époques révolues, et bien trop souvent reléguées au rang de pièces de musée. Aussi vieilles soient-elles, les voitures de course ne sont jamais mieux à leur place que sur un circuit, et tous les spectateurs approuveront. Qu’une sublime Ferrari 312P de 1972 prenne la piste aux côtés d’une 908/3 de 1971, et tous les souvenirs d’une rivalité sans merci s’éveillent, rappelant la domination sans partage de Porsche en 1971, rapidement contrariée par une réglementation taillée pour les 312P de Ferrari, qui s’adjugeront presque toutes les courses du championnat de 1972. Devant des 908/3 privées bien en peine…

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J’en veux une…

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J’en veux une aussi…

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Ce n’est qu’une histoire parmi d’autres, et tous les spectateurs auront trouvé au cours de cette édition la parcelle d’histoire qu’ils souhaitaient revivre. En toute simplicité. Le Mans Classic est bien plus qu’une événement exceptionnel. C’est un festival incontournable, un lieu de mémoire qui n’a rien d’un lieu de recueillement. Si vous n’y allez que pour les Porsche, vous manquerez la plus grande partie du spectacle. Il y a tant à voir que je m’étonne même de voir, après coup par le biais de la presse, tout ce que je n’ai pas vu, et qui était pourtant à quelques pas. Trois jours ne sont pas de trop pour voir toutes ces merveilles. Je n’ai pas tenu parole, je n’ai pas pu m’en tenir à Porsche. Frappez-moi…