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TopCar Stinger GTR, la 911 survoltée venue du froid.

Temps de lecture estimé: 2’35

Les meilleurs préparateurs capables de s’attaquer à Porsche, nous les connaissons tous. Mis à part Singer et Rauh-Welt spécialisés sur les Youngtimers, il n’y a guère qu’en Allemagne que l’on puisse espérer trouver un préparateur digne de ce nom. Ruf, Techart, Gemballa, 9ff et NineMeister, pour ne citer que les plus connus, constituent un imprenable bastion pour qui souhaite transformer sa Porsche en prototype digne de Mad Max. Ah, vraiment?

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Si vous n’avez jamais entendu parler de TopCar, rassurez-vous, cela est parfaitement normal. Le préparateur est encore très jeune, mais ses réalisations sont pourtant d’une qualité remarquable, qui doit certainement faire frémir les grands noms de la place. Ce qui est d’autant plus surprenant que TopCar n’est pas allemand… Il est russe! Oui, russe, mais cela ne l’empêche pas de réaliser un travail époustouflant, comme nous souhaitons maintenant vous le démontrer avec cette Stinger GTR limitée à 25 exemplaires.

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La base de cette auto est une 911 Turbo S des plus « banales », mais TopCar n’a pas manqué de la déshabiller complètement afin de lui appliquer un nouveau kit en fibre de carbone. Et absolument tout y passe! Les boucliers redessinés, le capot avant adoptant son creusement central emblématique des 911 anciennes, un aileron arrière élargi, un extracteur d’air en fibre de carbone apparente. N’omettons pas les ailes avant élargies évoquant les 911 3.0 RSR, ou encore les entrées d’air retravaillées. Il était certainement trop simple de laisser les entrées d’origine, TopCar a donc décidé d’adopter une esthétique plus acérée, donnant au résultat final une allure démoniaque.

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Cela ne sera certes pas au goût de tout le monde, tant l’auto se fait remarquer malgré sa livrée noire, mais force est d’admettre que ce travail respecte parfaitement la ligne générale de la 911. La simplicité et la fluidité des lignes de la 911 rendent toute modification esthétique relativement dangereuse: il est facile de déséquilibrer un dessin très homogène, et TopCar a su relever ce défi avec brio! Notons également la contribution des superbes jantes ADV5 de 21 pouces, dont le dessin à 5 branches marie sobriété et originalité. Soit dit en passant, nous ne doutons nullement que ces jantes habilleraient à merveille des 911 de série sans la moindre modification esthétique.

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Le kit TopCar vous coûtera tout de même 34 700$. Et puisque les russes ne sont pas si mauvais en affaires, sachez que ce prix n’inclut ni la pose, ni les jantes, ni les échappements, ni les logos TopCar. Il serait par trop regrettable de ne pas faire gonfler la facture! Quant à la peinture, peut-être pourrez-vous faire l’impasse, et opter pour une finition en carbone apparent, à condition d’assumer l’allure un rien tapageuse du matériau sur une auto. Le prix inclut toutefois l’exclusivité, puisque le kit Stinger GTR ne sera réalisé qu’à 25 exemplaires.

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Il vous sera également possible de bénéficier d’une préparation entièrement sur-mesure de l’habitacle. Cela étant, mieux vaut ne point trop en faire, tant l’allure extérieure de l’auto contribue pour beaucoup à son charme brutal. Ne versons point dans le mauvais goût. Dans un tout autre genre, n’hésitez pas à opter pour une préparation moteur! Le kit TopCar vous permettra de grappiller 60ch supplémentaires ainsi que 130Nm de couple. Si cela ne vous suffit guère, il est toujours possible de faire appel aux maîtres ingénieurs du continent européen, les allemands… Après tout, la signature Ruf sous le capot fait toujours son petit effet, même sous un habit traditionnel russe….

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Crédits Photos: TopCar

La mystérieuse « Voiture de sport du Futur » de Porsche

Temps de lecture estimé: 2’40

Si vous vous demandiez quelle logique a dicté le choix de couleurs des 919 Hybrid ayant couru aux 24 heures du Mans, rassurez-vous, Porsche a pensé à tout! Le constructeur a en effet publié quelques images détaillant très simplement leur vision de l’histoire Porsche. Avec, à la clé, une possible « Voiture de sport du Futur » ayant de quoi attiser notre curiosité.

Trois clichés, mais quels clichés! Le plus simple étant de les reprendre dans l’ordre: en premier lieu, la 919 Hybrid habillée de rouge et de blanc. Cela n’aura pas échappé aux passionnés, celle-ci est un clin d’oeil au passé, puisque la 917 ayant remporté la première victoire de Porsche aux 24 heures du Mans était drapée d’une livrée rouge et blanc. Profitons-en pour rappeler que l’auto, qui remporta la course avec à son volant Hans Hermann et Richard Atwood, était engagée par Porsche Salzbourg. Un ensemble de couleurs qui ne manqua pas de porter chance à la 919 Hybrid n°17, puisqu’elle se hissa à la deuxième place de l’édition 2015 de la course mancelle.

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La livrée noire et blanche est certainement la moins évidente. Celle-ci fait écho à l’histoire actuelle de Porsche, avec en apothéose sa fabuleuse 918 Spyder dont la production vient de toucher à sa fin. Mais pourquoi le noir, alors que la 918 Spyder fut systématiquement présentée en Argent Liquide Métallisé? Tout simplement parce que la 918 Spyder qui décrocha un chrono ébouriffant de 6’57 » sur la boucle nord du Nürburgring était noire mate. Il faudra malheureusement faire l’impasse sur les décalcomanies Martini, mais le liquoriste n’accompagne plus Porsche en compétition. On ne peut également s’empêcher de penser que, en raison du tarif indigeste de l’Argent Liquide sur la 918 Spyder (48 000€), il aurait été bien trop coûteux de peindre une 919 Hybrid de la sorte!

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La livrée blanche est de loin la plus banale, puisqu’elle habille les 919 Hybrid depuis leur retour en compétition. Elle incarne manifestement le futur de la marque. A cet égard, il est tout à fait opportun que la 919 Hybrid n°19 blanche et noire ait remporté la course, puisque cela permet à cette livrée de s’inscrire durablement dans l’histoire du constructeur. L’avenir nous dira si celle-ci deviendra emblématique, mais il est bon de voir que Porsche parvient à inscrire de nouveaux repères visuels pour les générations futures, en bonne place à côté des Gulf et autres Martini dont les lettres de noblesses prenaient peu à peu la poussière.

Mais puisque cette livrée blanche évoque le futur de Porsche, quelle est donc cette future Porsche à laquelle nous pouvons nous attendre? Les pistes les plus folles sont évoquées par les amateurs: une nouvelle 928? Une sportive à moteur central empruntant le V8 de la 918 Spyder, comme le laissait augurer une hypothétique 961? Il est vrai que l’arrière de l’auto masquée semble inédit, mais nous pensons toutefois que la réponse est un peu plus simple. Oui, l’auto est très large, mais la face avant ressemble à s’y méprendre à la 911! Il y a donc fort à parier que nous soyons en présence d’une nouvelle déclinaison de 911.

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Greffer un V4 de 919 Hybrid dans la 911? Cela est absolument impossible, et cela n’arrivera pas non plus pour la gamme Cayman, qui bénéficiera d’un flat 4 turbo, d’autant que le moteur de la 919 Hybrid est nettement plus coûteux. Mais puisque la 919 incarne l’avenir, cela signifie que certaines de ses technologies se retrouveront un jour ou l’autre dans les Porsche de série, d’autant que son arrivée sur la 911 aurait été confirmée. Ce qui ouvre un boulevard à sa technologie hybride, désormais auréolée d’une victoire dans la course d’endurance la plus difficile au monde. Manifestement, le record sur le Nürburgring de la 918 Spyder ne suffisait pas. Voici donc notre conclusion, fort convenue mais également fort probable: la 911 hybride arrive à grand pas. Espérons que cela commence avec la Turbo: imaginez le souffle des turbos et le couple immédiat d’un moteur électrique, cela serait une véritable machine à démolir l’asphalte!

Crédits photos: Porsche AG

Les 24 heures de Patrick Dempsey

Temps de lecture estimé: 3’15

La participation de l’acteur emblématique de la série Grey’s Anatomy aux 24 heures du Mans n’aura pas manqué de susciter un supplément d’enthousiasme autour de cette course mythique, notamment chez la gente féminine. Il s’agit déjà de sa quatrième participation (à Patrick Dempsey, pas à la gente féminine!), et la troisième au sein de son écurie Dempsey Del Piero Proton Competition. Cette année, le succès fut au rendez-vous pour la petite écurie, emmenée par un acteur dont la popularité dans les paddocks ne cesse de s’accroître au même rythme que sa légitimité de pilote automobile. Retour en images sur sa course, avec en prime quelques petites anecdotes.

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Au cours de cette édition, nombreuses furent les 991 RSR  qui s’illustrèrent par leur formidable propension à servir de bois de chauffage, notamment l’une des RSR du team officiel Manthey dont la transmission prit feu après moins d’une heure de course. Ce fut également le cas de la RSR n°88 de l’écurie Abu Dhabi Racing, qui connut le même problème en début de soirée. Une telle hécatombe laissait présager le pire pour l’ensemble des 911, et l’on n’attendait plus grand chose du Dempsey Racing…

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Mais Le Mans reste Le Mans, et le plus beau, comme le pire, est toujours possible. A ce titre, la 911 n°77 de l’acteur américain connut une course presque sans histoires, mis à part dans le dernier tiers de la course, où elle fut temporairement reléguée en milieu de classement. Il fallut toute l’expérience et la ténacité de Patrick Long afin de regagner le temps perdu, et de hisser de nouveau la 911 en troisième position de la catégorie GTE Amateurs. Après ce relais héroïque, Patrick Long céda le volant à Marco Seefried qui, bien que participant à la course mancelle pour la première fois, remplit parfaitement sa mission et franchit la ligne d’arrivée en 2ème position dans sa catégorie. Un beau succès d’estime que l’usine n’a pas manqué de saluer, d’autant plus que la collaboration entre Porsche et Dempsey Racing soufflait sa troisième bougie.

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L’exposition médiatique dont bénéficie Patrick Dempsey ne doit pas faire oublier que piloter une Porsche 991 RSR pendant 24 heures au Mans est une mission confiée à trois pilotes. Cette année, Patrick Dempsey partageait le volant avec un jeune rookie autrichien, Marco Seefried, et le très expérimenté Patrick Long, qui signait là sa douzième participation sur le circuit de la Sarthe. L’occasion de retranscrire leur témoignage après cette belle course:

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Patrick Dempsey: « Le mans est une course merveilleuse. Courir ici est toujours une expérience fabuleuse. La dernière heure de course fut particulièrement difficile pour notre équipe, mais tout le monde a donné le maximum. Heureusement, nos efforts ont été récompensés par une place sur le podium. Rien que cela suffit à démontrer à quel point les longs mois d’efforts pour arriver jusqu’ici valaient vraiment la peine. Je suis fier de l’équipe! »

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Patrick Long: « Quelle course! Mon dernier relais fut difficile, le rythme imprimé pendant la course au Mans est incroyable. Mon premier objectif était de ramener la voiture aux stands en parfait état. S’il y a bien une chose que j’ai apprise au cours de mes douze participations au Mans, c’est bien celle-ci: dans les moments critiques, la voiture doit être intacte, sans cela vous n’avez aucune chance. Il s’agit de ma troisième participation avec Patrick Dempsey, et nous avions toujours rêvé de nous hisser ensemble sur le podium. Ce rêve est devenu réalité! »

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Marco Seefried: « Nous avons vécu quelques moments très chauds en course dans les dernières heures de l’épreuve. Je dois dire que vivre ces moments depuis l’intérieur des stands m’a provoqué bien plus de sueurs froides que si j’avais été au volant. Il s’agissait de ma première participation au Mans. J’ai pris mon premier relais avec beaucoup d’humilité, puis j’ai gagné en confiance au fil de la course. Le Mans est une course étonnante, mais je n’aurais jamais cru qu’il était possible de maintenir une telle vitesse moyenne pendant toute l’épreuve. Cela nous a demandé de gros efforts, et l’équipe a été parfaite de bout en bout.« 

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Un beau résultat qui n’aura pu qu’attiser les ambitions d’une écurie désormais galvanisée par le succès. Portée par la notoriété de Patrick Dempsey, l’écurie ne devrait pas rencontrer trop de difficultés au moment de renouveler son partenariat avec Porsche, ou de trouver de nouveaux sponsors. D’ailleurs, on a pu remarquer que tout au long de la course, l’acteur américain arborait au poignet, bien en évidence, une Tag Heuer Monaco identique à celle de Steve McQueen. Les grandes marques ne s’y sont pas trompées. Après Steve McQueen et Paul Newmann, Patrick Dempsey s’impose comme la nouvelle égérie d’un sport automobile unisexe et populaire. Merci Patrick!

Crédits Photos: Porsche AG, Eurosport

 

Une 911 édition limitée pour célébrer Le Mans?

Temps de lecture: 1’50

L’éclatante victoire des 919 Hybrid aux 24 heures du Mans n’a laissé aucun porschiste indifférent, tant les réactions furent nombreuses sur les réseaux sociaux. Bien que l’on reste surpris par le traitement relativement confidentiel de l’événement par les médias en ligne, il ne fait aucun doute que le retentissement de cette victoire après 6 années de domination sans partage d’Audi est d’une grande importance, surtout pour les jeunes générations. A tel point que l’on serait étonné de ne pas voir le constructeur exploiter cette victoire sur un plan commercial.

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C’est qu’il existe de bien moins bonnes excuses pour lancer une édition limitée. Si l’on veut bien se souvenir de la 911 Carrera S Martini Edition, lancée afin de célébrer le retour de Porsche en Endurance, et de saluer par la même occasion un partenaire historique. Partenaire qui, de nos jours, ne fournit plus le moindre soutien à l’usine… Autant dire que cette édition limitée sentait bon la mauvaise excuse. Porsche ayant pour habitude d’exploiter les événements marquants de son histoire en lançant de nouvelles éditions limitées, à l’image de la Carrera GTS célébrant des 60 ans du Porsche club of America, il semble évident que nous aurons bientôt droit à une édition limitée « Le Mans 2015 ». Ce n’est certainement qu’une question de jours.

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Mais alors, à quoi aurait-on droit, le cas échéant? La réponse est presque simple: la base sera probablement une Carrera GTS, cette 911 alliant le mieux sportivité et polyvalence, tout en permettant une importante production. En effet, l’auto sera très certainement limitée à 919 exemplaires, comme il se doit. A ce titre, on imagine mal Porsche réserver un si grand nombre de GT3 sur ses chaînes, mais sait-on jamais. Cela serait vraiment fabuleux! La gamme de couleurs retenue est connue d’avance: les clients auront le choix entre le rouge, le blanc et le noir, les couleurs ayant habillé les trois participantes à l’édition 2015 de l’épreuve Mancelle. Afin de conférer un semblant supplémentaire d’esprit course à son édition limitée, le constructeur proposera des bandes « Porsche » décoratives contrastantes, en blanc et en noir. Une fois de plus, espérons que le constructeur aura l’audace de proposer une livrée « Porsche Intelligent Performance » identique à celle des 919 Hybrid, quitte à ce que celle-ci soit en option afin de ne pas effrayer les clients.

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En ce qui concerne l’habitacle, il ne faudra pas s’attendre à un déchaînement d’originalité. Le pack intérieur GTS mariant le cuir et l’alcantara à des coutures rouges seyant à merveille au noir, au blanc et au rouge, celui-ci sera installé de série, en supplément de quelques babioles inédites. Nous pensons notamment à un compte tours siglé « Le Mans édition », un accoudoir central siglé de la même manière, tout comme les seuils de porte en carbone. Espérons que le constructeur ose nous proposer une auto originale et parvienne à nous surprendre, tant cette victoire mérite d’être célébrée dignement.

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A ce stade cependant, les informations que nous partageons ne sont que de pures spéculations, et bien malin qui saurait dire avec exactitude ce que nous prépare le constructeur. Mais Porsche a déjà exploité des victoires au Mans en commercialisant des éditions spéciales. Il serait donc fort étonnant de ne rien voir venir dans les prochaines semaines. Il faut battre le fer tant qu’il est chaud, nous seront donc vite fixés. Il ne nous reste plus qu’à espérer, au risque de nous répéter, que cette future « 911 Le Mans 2015 Edition » joue à fond la carte de l’originalité, afin qu’elle reste dans les mémoires au même titre que la désormais glorieuse, et bientôt légendaire 919 Hybrid.

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Crédits photos: Porsche AG

Porsche 911 R: la rareté des raretés

Temps de lecture estimé: 2’38

Dans la caste très fermée des 911 produites à moins de 100 exemplaires, la 911R occupe indéniablement une place de choix sur le podium du charisme et de l’intérêt historique. Loin devant la 993 Turbo cabriolet, ou même la 964 Turbo S Leichtbau, la 911R fait battre la coeur des passionnés jusqu’à la syncope. Une excellente raison pour revenir sur l’histoire de l’auto, et de celle-ci en particulier. L’occasion était trop rare pour la laisser passer…

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Nous sommes alors en 1967, et le baron Huschke von Hanstein, responsable du département compétition du constructeur, souhaite faire participer la 911 à des courses d’endurance et des rallyes sur longue distance. Mais afin de pouvoir inscrire une 911 préparée à cet effet dans la catégorie FIA Groupe 4, et ainsi nourrir des espoirs de victoire, il est nécessaire d’écouler 500 exemplaires neufs. Une 911 allégée et préparée à 500 exemplaires? Le département marketing n’en démord pas: cela ne fonctionnera pas, c’est hors de question!

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Mais lorsque l’ingénieur en chef du département compétition s’appelle Ferdinand Piëch, inutile de recevoir l’assentiment du marketing. « Je pense donc on fait! », et le projet 911 R mobilisa les ingénieurs, qui reçurent comme consigne principale d’alléger la 911 autant que possible, et presque à tout prix. Une règle faisait en effet office de credo lors du développement de sa 910 expérimentale : toute réduction du poids de l’auto d’un kilogramme coûtant moins de 1000 Deutsche Marks serait adoptée. On peut donc aisément supposer que la règle s’appliqua peu ou prou dans le cas de la 911R.

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Inutile de dire que les ingénieurs s’en donnèrent à coeur joie. Les portes, les ailes avant, les deux capots furent remplacés par des éléments en fibre de verre, produits par l’atelier allemand Karl Baur. L’épaisseur du pare-brise fut limitée à 4mm, et seulement 2mm pour les vitrages latéraux lorsqu’ils n’étaient pas simplement remplacés par du plexiglas! L’habitacle n’était pas en reste, et tout l’inutile fut « arraché » afin de ne laisser que le strict nécessaire à l’usage de cette 911 en compétition. Notons également que de nombreuses parties de l’auto, telles que les supports de capot arrière, la clé de contact ou le repose-pieds sont perforées, et ce afin d’économiser de précieux grammes, limitant le poids de la 911R à seulement 800 kilogrammes.

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Cela n’empêcha pas les ingénieurs de loger sous le capot arrière un flat 6 type 901/20 développant 210ch. Une usine à gaz empruntée à la 906, excusez du peu. On remarquait également l’arrivée de roues plus larges, de petits sièges baquets et d’un châssis totalement remanié afin de s’adapter aux nouvelles performances de l’auto. 20 exemplaires furent finalement construits, 24 en incluant les quatre prototypes de développement, tout aussi convoités aujourd’hui, sinon davantage. Le département marketing ne s’était pas trompé, les autos se vendront très mal, et certaines resteront à l’usine jusqu’en 1970. D’ailleurs, l’auto peina à s’illustrer en compétition, étant engagée en catégorie GT face à des autos nettement plus puissantes. On pourra tout de même souligner des victoires sur le Tour de France et le Tour de Corse en 1969 et 1970.

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L’auto qui illustre ces lignes, portant le numéro de châssis 017, compte parmi les auto qui embarrassèrent les entrepôts du constructeur jusqu’en 1970. C’est en effet à ce moment précis qu’elle fut vendue à un certain Victor Hugo O’Farrill Avila, natif de Porto Rico.  Il est intéressant de souligner qu’à l’époque, Porsche faisait peu de cas de la concordance des numéros de châssis et de moteur, le Matching Numbers n’était pas encore devenu l’obsession de collectionneurs pointilleux. Ainsi, au moment de la vente, 911R-017 fut équipée du moteur 508 0019, que l’on avait d’abord installé dans 911R-005, l’auto qui remporta le Tour Auto et le Tour de corse en 1970. Voici de quoi accroître nettement le pedigree de l’auto que vous avez sous les yeux! L’époque y étant propice, la 911R fut ensuite engagée dans des courses locales jusqu’en 1972, année durant laquelle elle participa aux 6 heures de Mexico.

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Elle fut restaurée dans les années 1990, et alla de collection en collection, jusqu’à rejoindre les rangs de la vénérable Collection Ingram, l’une des plus prestigieuses au monde. Aujourd’hui mise en vente par la famille éponyme, il ne fait aucun doute qu’un nouveau collectionneur pointilleux saura saisir la rarissime opportunité d’acquérir un morceau d’histoire Porsche aussi significatif. Et une telle rareté n’a pas de prix…

L’auto est à vendre chez Road Scholars