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Porsche de la semaine: 911 GT1

Détrompez-vous, les autos les plus rares de la planète ne sont pas toujours les plus difficiles à dénicher sur internet. Au contraire! Certaines sont si incroyables qu’elles déchaînent les passions dans le monde entier. Cette 911 GT1 en est un parfait exemple. Voilà près d’une semaine qu’elle fait l’objet de toutes les attentions venant de la plupart des sites internet consacrés à l’automobile. Et comme vous le constaterez, cela n’a rien de surprenant.

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Petit rappel des faits: en 1996, le règlement de la FIA impose aux constructeurs souhaitant être engagés dans la catégorie LMP1 en compétition d’utiliser comme base une auto dûment homologuée pour la route. Cette démarche donnera notamment naissance à la McLaren F1 GTR chez la concurrence. Mais chez Porsche, passé maître dans le contournement des réglementations, la démarche inverse est lancée. Le prototype de course est développé, sur lequel quelques artifices issus de la 993 sont ajoutés. Ce prototype est ensuite homologué sur la route, et vendu à un nombre très limité d’exemplaires. Soucieux d’assurer l’homologation pour l’année 1997, Porsche emploie la même démarche, mais en greffant sur la GT1 de l’année précédente les blocs optiques avant et arrière de la 996. Ainsi naquit l’auto que vous avez sous les yeux, dont l’ensemble des éléments mécaniques sont en réalité issus de la 993 GT1. Dans les faits, la GT1 est équipée d’un flat 6 bi-turbo de 3.2 litres développant 544ch, soit 90% de la puissance du moteur de compétition. Cet engin de guerre est capable de décoller de 0 à 100 km/h en 3.7 secondes, et de 310 km/h en pointe. Voici de quoi calmer les esprits.

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Un aspect brut de fonderie que vous ne retrouverez sur aucune autre Porsche de route.

Des accélérations aussi fulgurantes en 1997 ne sont pas uniquement le fait d’un moteur surpuissant, mais également d’une construction particulièrement légère. Les sections avant et arrière de la carrosserie sont en fibre de carbone, tandis que l’intérieur est particulièrement dépouillé. A ce titre, les portières ne manquent pas d’impressionner: entièrement en fibre de carbone, les panneaux de portes ne sont habillés que d’une simple feuille de carbone. Voilà qui, couplé aux sièges baquets ainsi qu’à l’encombrant l’arceau de sécurité, annonce la couleur: l’auto ne pèse que 1150kg. Même l’arbre de transmission ne prend pas la peine de se dissimuler sous un traditionnel tunnel de transmission. La GT1 ne vous permet nullement de conduire le coude à la portière (ou, en l’occurrence, sur l’accoudoir), tout en elle respire la conduite sous la forme la plus pure. Une auto exigeante qui, aux dires des journalistes, n’en reste pas moins docile et presque facile à conduire. Reine de la route dans les longs virages et les portions d’autoroutes, elle rechigne tout de même à s’engager avec vivacité dans des enchaînements de virages serrés. Difficile de renier des racines ancrées dans la course d’endurance…

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Venons-en à notre belle du jour. Sachez tout d’abord qu’il n’y eût en tout et pour tout que 22 exemplaires de 911 GT1 construits, ce qui ne manque par d’en faire l’une des Porsche les plus rares de l’histoire. Mais cela serait encore trop simple! Le châssis 6010 ici présent serait le seul exemplaire jaune existant, tous les autres ayant été peints en gris ou blanc. Cela reste à prouver, mais quelques rapides recherches sur internet laissent supposer l’existence d’un exemplaire rouge indien. L’intérieur en cuir vert ne sera pas au goût de tout le monde, loin s’en faut, mais il a toutefois le mérite d’être on ne peut plus original. Et lorsque l’on atteint de telles sommes pour une auto, rien ne vous empêchera de dépenser quelques milliers d’Euros supplémentaires pour faire refaire l’intérieur à l’usine.

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Toujours pas convaincu? Soulignons dans ce cas son historique des plus limpides. Livrée neuve en France, cette GT1 est restée chez son premier propriétaire jusqu’à ce jour, ce dernier n’ayant parcouru que 5500 kilomètres. Un chiffre qui peut sembler ridicule, voire révoltant, mais il serait bon de se souvenir qu’une auto aussi rare, aussi pointue, et, admettons-le, aussi peu discrète ne se sort pas très facilement. Cela n’aura pas empêché son propriétaire d’assurer un entretien méticuleux. Vraiment, je ne comprends pas ce qui vous retient.

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L’esthétique n’était pas sa priorité. Paradoxalement, sa brutalité visuelle ne manque pas de faire de son esthétique un véritable atout.

J’ai passé la semaine à chercher la moindre trace de cette GT1, afin de la voir sous toutes les coutures, par tous les temps. Ce jaune qui au premier abord me semblait si fade se révèle au fur et à mesure qu’il s’expose plus ou moins à la lumière, virant du jaune le plus pâle au jaune vif. Unique. Il me vient bien deux regrets, à force de réflexion. Le premier, de n’avoir pas vénéré la GT1 plus tôt dans ma petite vie de porschiste. Le second, de ne pas avoir les moyens de franchir le pas au-delà du déraisonnable. Tant pis. Mais sait-on jamais, un jour peut-être… Et je saurai amplement me satisfaire d’une blanche.

 Ce véhicule est à vendre chez Trofeo Cars: http://www.trofeocars.com/car-profiles/018-porsche-911-GT1/index.php

918 Spyder, LaFerrari, McLaren P1: l’affrontement du siècle

Il y a de cela dix ans, Porsche décidait de rappeler au monde entier qu’il faisait partie des plus grands constructeurs de l’histoire automobile et qu’il entendait le rester pour encore longtemps. Il fallait taper du poing sur la table, et sortir une auto suprême, aux technologies tirées de la compétition, aux performances inavouables et, comme il se doit, au prix démesuré. Il faut dire que le dernier supercar de série remontait à 1989 et s’appelait 959. Malheureusement, sa majesté avait fort mal vieilli, alors que dans le même temps, la Ferrari F40 gravait sa légende et renforçait chaque jour son titre de meilleur supercar de tous les temps.

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918 Spyder, le dernier coup de sang de Porsche

Certes, la 911 GT1 avait péniblement assuré la régence, au moment même où la Ferrari F50 déboulait de Maranello avec des régiments entiers de chevaux vapeurs et des échappements tout droit sortis des enfers. Qu’il fut difficile de résister aux cinglants coups de glaive du cheval enragé de la république transalpine, et la GT1 n’y résistera pas. Difficile d’admettre aujourd’hui qu’elle bénéficie de la même aura que la F5O. Cependant, souffrant de cet exil peu mérité, la GT1 se relèvera peut-être grâce à la postérité, qui reverra en elle une digne descendante de la lignée Porsche, étant l’une des très rares autos de route contemporaines à pouvoir se targuer d’avoir remporté l’une des plus grandes batailles de son époque : les 24 heures du Mans 1998 ! Depuis combien de temps les autos de route du fantasque cheval cabré italien ne peuvent-elles plus se targuer d’avoir croisé le fer dans les Hunaudières ? Qu’il est loin, le temps des 250 GTO… La GT1, à son tour, sera portée aux nues par la postérité.

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LaFerrari. L’esthétique, dernière des priorités?

Hélas ! Cette époque est révolue. Oublions les supercars conçus en quelques jours, en retirant les peintures de guerre et quelques chevaux vapeur. Porsche se reprend en main, décidant de laver le double affront infligé par les F40 et F50, il s’agit de se retrousser les manches ! Et dès 2003, la guerre reprit de plus belle, dans un combat de titans. La Carrera GT croisera le fer contre une Ferrari Enzo déchaînée. Epargnons-nous les batailles de chiffres, les opinions stylistiques ou les performances. Entre ces deux légendes de mon adolescence, il ne saurait y avoir de gagnante. Seuls deux chiffres doivent ici être évoqués : les chiffres de production. Les 399 exemplaires de l’Enzo se sont littéralement arrachés. Quant aux 1500 exemplaires prévus de la Carrera GT, ils n’ont pas tous été produits, seuls 1270 ont vu le jour, malgré un prix 50% inférieur à celui de l’amazone de Maranello. Ferrari vainqueur par KO.

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McLaren P1: retour au sommet.

Nous voici en 2013. Le duel peut reprendre. Face à face, les deux cow-boys fougueux s’observent. Tout le petit village automobile, tapi dans l’ombre, observe l’affrontement légendaire qui s’annonce. Une fois de plus, Porsche et Ferrari se retrouvent sur la voie principale du village, pour un combat à mort ou le premier à dégainer ferait mieux de viser juste, et de tirer en plein cœur. Mais c’était sans compter sur l’arrivée d’un chasseur de primes, tapi dans une ruelle. McLaren se joindrait à l’affrontement. Après la légendaire F1, le chasseur solitaire revenait reprendre sa place de meilleur concepteur automobile de l’histoire. Porsche dégainera le premier, et posera les premiers jalons du rude affrontement qui s’annonçait. 918 Spyder, 778ch, moteur hybride.

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Ferrari et McLaren oseront_ils défier Porsche sur le Nürburgring?

Ce serait un combat à l’arme lourde, à coups de nouvelles technologies. Après la 959, Porsche revenait à ses premières amours, une débauche technologique incomparable. Sans coup férir, McLaren, ripostait, envoyant la P1 et ses 916ch dans l’arène. Sans peur, ni honte. Les gladiateurs se défiaient, sous le regard avide de la plèbe, soutenant alternativement Porsche ou McLaren à chaque coup d’épée, savourant chaque assaut, chaque esquive, voyant les combattants s’épuiser dans un combat épique. Mais le soldat Ferrari ne se jeta jamais dans l’arène, s’enfonçant dans une profonde tranchée, à l’abri des tirs d’artillerie, fourbissant ses armes. Tout au plus savait-on que la future chimère pourrait vous pétrifier de son regard acéré.

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L’arrière de LaFerrari, nettement plus réussi

Et chacun s’enterra. Parfois, un obus sifflait, venant s’écraser non loin des tranchées ennemies dans une grande explosion, propulsant des débris de gomme fumante, de carbone et de magnésium dans les airs, signalant au monde entier que le combat le plus terrible de l’histoire avait lieu. Jusqu’à l’assaut final. Genève, Francfort seraient les noms de grandes victoires, ou de défaites cuisantes, où les noms des vainqueurs seraient gravés pour l’éternité, et ceux des perdants oubliés avec leurs morts sur les champs de bataille. A Ferrari, la puissance et l’exclusivité. 963 chevaux cracheurs de feu, réservés 399 exemplaires vendus avant même d’être commercialisés, pour l’une des autos les plus puissantes et les plus rapides de l’histoire. Nul sacrifice, nulle victoire, et Ferrari pleura la perte du général PininFarina, dont la proposition fut oubliée au profit d’un dessin maison, signant de fait l’une des autos les plus disgracieuses de l’histoire de Maranello… A McLaren, la rareté ! 375 exemplaires seulement, dont seuls quelques exemplaires restent aujourd’hui sans propriétaires, qui nous régalent par leur niveau de développement technologique, l’aboutissement général d’une auto à l’esthétique fantasque.

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Il fallait oser. Le défi a été pleinement relevé.

Et Porsche, après avoir renforcé son régiment de cavalerie désormais fort de 887ch large vainqueur de la bataille de la beauté, signant la plus belle auto du plateau, et malgré les muscles saillants de ses adversaires lourdement armés, fera taire les plus dubitatifs par la grâce de ses mouvements dans l’enfer vert du Nürburgring. Seule cuisante défaite, celle de la démesure, celle de ces 918 exemplaires prévus, dont un tiers reste à pourvoir malgré un prix inférieur à celui de ses deux rivales. Le seront-elles un jour ? Cette bataille est loin d’être perdue, mais Porsche n’aura pas su retenir les leçons de l’uppercut asséné par l’Enzo à la Carrera GT, qui la mit KO.  A trop jouer avec les symboles, Porsche a joué avec le feu. Les régiments de dragons ne sont pas des régiments de cracheurs de feu. Après la canonnade, seule les charges de cavalerie décideront donc du sort de cette bataille d’ores et déjà mythique.

Les visuels de LaFerrari exposée lors du salon de Genève proviennent du site Supercar Photo Collection, référence en matière de photographie automobile:

 http://yo.spc.free.fr/2013/2013_03_Geneva.htm

Quant aux photos de la 918 Spyder et de la McLaren illustrant cet article, elles sont tirées de Wikipédia:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Porsche_918_Spyder

http://fr.wikipedia.org/wiki/McLaren_P1

L’avenir de Porsche écrit dans ses Supercars

Une rumeur circule sur Internet depuis plus d’une année déjà : Porsche aurait déposé le nom de code 961 en vue de produire un modèle à moteur central positionné au-dessus de la 911, destiné à concurrencer les Ferrari 458 Italia et autres Mc Laren MP4-12C.

Si Matthias Müller, PDG de Porsche, a bien confirmé qu’un tel modèle était dans les cartons, aucune information n’a circulé jusqu’à présent, mais il ne fait aucun doute qu’une telle auto fera un jour son arrivée dans la gamme, et ne pourrons que nous en réjouir.

Nous sommes de plus en plus nombreux à nous demander où va Porsche, entre le développement d’une gamme toujours plus large vers des modèles accessibles, à l’image du Boxster et du Cayman, mais également vers le grand public, grâce à des modèles tels que la Panamera ou le futur Macan. Ce choix de développement peut en partie être expliqué par l’éternel tabou porschiste stipulant que la 911 soit le navire amiral de la marque, et qu’elle ne saurait être détrônée par une autre auto à l’architecture plus moderne, mis à part les coups de génie que sont les Carrera GT et 918 Spyder. De fait, le développement des ventes ne pouvait passer que par la commercialisation de véhicules plus petits.

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Cependant, les tabous tombent un par un ! Après les affronts que furent les Cayenne et Panamera pour les puristes, et l’angoisse d’une descente en gamme de plus en plus manifeste, il ne fait aucun doute que Porsche n’hésitera pas à s’attaquer à une remontée en gamme par le biais d’une auto plus luxueuse et plus rapide que la 911. Ce qui pourrait être perçu comme un affront suprême n’est à vrai dire qu’un développement inéluctable. Certes, l’architecture de la 911, avec son moteur en porte-à-faux arrière, la rend tout à fait amusante et passionnante, mais les ingénieurs de Porsche sont pragmatiques, et savent très bien qu’une sportive à moteur central arrière présente de nombreux atouts qu’il serait ridicule de ne pas exploiter.

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A pas de loup, l’avenir de Porsche entre en scène

D’ailleurs, la dernière victoire de Porsche aux 24 heures du Mans est le fait d’une 911 GT1 qui n’avait de 911 que le nom, équipée d’un moteur central, justement. Quant aux trois derniers Supercars de la marque, les ingénieurs ne s’y sont pas trompés non plus. La 911 GT1, la Carrera GT, tout comme la 918 Spyder, exploitent cette même architecture, favorisant une bonne répartition des masses, et donc l’équilibre général de l’auto. Le constructeur de manquera donc probablement pas d’utiliser le tout nouveau V8 de la 918 Spyder pour une future sportive, plus chère que la 911.

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996 GT1. Une 911 à moteur central??

Cela aurait du sens, car cette sportive bénéficierait indirectement de l’excellente image de la 918 Spyder, et celle-ci n’aurait aucun mal à être plus performante que la 911. Imaginons un instant que cette « 961 » possède une gamme aussi étendue que la 911, avec au sommet une 961 Turbo, et une 961 GT3, deux furieuses particulièrement performantes, et délivrant à coup sûr des sensations de conduite inimitables. A n’en pas douter, les puristes retourneraient promptement leur veste. Avec, cerise sur le gâteau, la possibilité d’enrhumer la 458 Italia… Elle est pas belle, la vie ?

L’ensemble des visuels de l’article proviennent du site http://yo.spc.free.fr/