Archives du mot-clé 907

La plus mythique des Porsche 907 est à vendre!

Temps de lecture estimé: 3’00

Parmi les prototypes les moins reconnus à leur juste valeur, la Porsche 907 occupe une place de choix. Pourtant, avec des résultats aussi honorables qu’un triplé aux 24 heures de Daytona ou une 5ème place aux 24 heures du Mans, elle ne manqua pas d’étoffer le palmarès de Porsche en compétition. Mais cela n’est rien, comparé à l’immense fait d’armes de la 907 025 ici présente…

1ff673ee-8525-4c22-a86e-dc208e2e9467

025 fait référence au châssis de l’auto. Nous reviendrons en détails sur les caractéristiques de cette fabuleuse auto, mais sachez toutefois que les 907 furent équipées d’un 8 cylindres à plat de 2,2 litres de cylindrée, développant près de 270ch. 025 sortit des ateliers compétition du constructeur en mars 1968, équipée d’un capot arrière court. Cette configuration reçut plus tard la désignation de 907K (K signifiant Kurz, « court » en français). Elle ne tarda pas à être engagée en compétition, puisqu’elle participa aux 12 heures de Sebring dès le 23 mars 1968. Ce qui ne fut guère une réussite, puisque Lodovico Scarfiotti cassa le moteur dans le 7ème tour en raison d’un sur-régime.

84b57172-3eaa-463a-bf1e-5d1787dae844

Ce fut le 5 mai 1968 que la carrière de 025 prit un tournant déterminant, lors de la Targa Florio. Habillée d’une livrée qu’elle porte encore aujourd’hui, elle fut confiée à Vic Elford, ainsi qu’à Umberto Maglioli, un grand habitué de la Targa Florio qu’il a déjà remportée à deux reprises, en 1953 et 1956. Rappelons que le circuit de la Madonie sur lequel se déroule la course s’étend sur environ 70km de petites routes montagneuses, poussiéreuses, où la boue et la neige peuvent succéder à la poussière, et que les pilotes peuvent s’arrêter en bord de route afin d’intervenir eux-mêmes sur l’auto. La Targa Florio était réputée plus difficile que le Mans… Une course qui fut loin de débuter sous les meilleurs auspices pour 025. Pénalisé par un écrou de roue déserré, Vic Elford fut contraint d’observer pas moins de 4 arrêts au cours du premier tour, se résignant finalement à changer la roue. A l’issue du premier des 10 tours, Elford pointait donc en 17ème position, et tout semblait perdu…

148b156c-955f-474f-baaf-edce001e2be5

Mais Elford repartit de plus belle, et à la fin du troisième tour de son relais, 025 pointait à la septième place. Umberto Maglioli fit également montre de tout son talent, et remonta trois places supplémentaires en l’espace de trois tours. Mais, constatant que Vic Elford était plus rapide, il fut décidé de confier l’auto à Elford pour les quatre derniers tours. Ce que nul ne regretta: le record du tour fut battu quatre fois consécutives, et 025 pointait de nouveau en tête à la fin du 9ème tour, alors même que la piste était couverte de poussière, et qu’Elford ne cessait de faire glisser sa 907 de virage en virage. La victoire fut finalement incontestable, et fit entrer 025 et ses deux pilotes dans la légende.

8d787bba-6f9e-4205-b7e1-52bb49e12ec2

Ce fut la dernière course de 025 sous la bannière du constructeur. Elle fut vendue en 1969 à Siegfried Lang qui l’engagea dans quelques courses mineures où il obtint des résultats honorables. Mais ce que tout le monde retiendra, c’est cette victoire homérique décrochée à la Targa Florio, suffisant à faire entrer cette 907 au Panthéon des prototypes les plus importants de l’histoire du constructeur. Retrouver une telle auto à vendre, dans un état aussi exceptionnel relève du miracle, et le conservateur du musée Porsche a certainement passé quelques nuits blanches à regretter que Porsche ait vendu l’auto en 1969.

96d3eb45-0869-4f9a-8646-7f645f6d9f61

Mais qui dit auto légendaire, dit tarif galactique. Combien? Nous savons qu’une 907 actuellement située au Japon, superbement restaurée mais sans son moteur d’origine et à l’historique moins reluisant, attend depuis des mois un nouveau propriétaire en échange de 2 millions d’€. Combien faut-il donc compter pour une traçabilité et un palmarès exemplaires? Le double, probablement. Ce tarif est bien évidemment astronomique. Mais tel est le prix de ce qu’on ne pourra jamais acheter: le temps, et l’histoire, et la Porsche la plus fabuleuse jamais construite. A moins que vous ne possédiez déjà une 908/3!

2748e588-584e-4a50-9d6d-39865340429c

907 025 est actuellement en vente chez Maxted-Page & Prill

Les enchères de Gooding à Amelia Island le 8 mars 2014

Chaque année, le concours d’élégance se tenant à Amelia Island aux Etats-Unis donne lieu à de fantastiques ventes aux enchères de la part des plus grandes maisons de vente américaines. Cette année, Gooding & Co mettait, entre autres, les Porsche à l’honneur, avec parmi les autos vendues quelques pièces très exceptionnelles. Mais également quelques surprises de taille, au moins aussi immenses que le portefeuille des acheteurs. Place aux images.

911 RS 2.7 Lightweight de 1973

C’est certainement LA surprise de cette vente. Cette RS a été adjugée pas moins de 1 402 500$, soit près de 1 011 000€. C’est certainement la première RS 2.7 à franchir la barre symbolique du million d’Euros. Quelques bonnes raisons tentent péniblement de justifier ce prix. En premier lieu, il s’agit d’une RS Light, nettement plus rare que la Touring, entièrement matching numbers. Il est surprenant d’apprendre que son historique avant d’arriver aux Etats-Unis est inconnu. Par la suite, celui-ci est limpide, et montre que cette RS a constamment été entretenue avec le plus grand soin. En définitive, cela ne fait pas tellement de bonnes raisons de débourser un million d’Euros, et c’est bien un léger malaise qui prime à la lecture d’une telle somme. Rappelons que Flat 6 Magazine estime que les meilleurs exemplaires se négocient aux alentours de 350 000€…

RS27

RS27back

911 Carrera 2.7 de 1974.

236 500$, soit environ 170 500€ pour cette authentique Carrera 2.7 importée d’Europe. Jamais restaurée, elle possède toujours son moteur d’origine ainsi que la plupart des panneaux de carrosserie qui l’équipaient lorsqu’elle sortit des chaînes de montage. Elle totalise à ce jour 130 000km, ce qui tend à rassurer quant à l’utilisation régulière de l’auto, garante d’un bon état des éléments mécaniques. Il n’en reste pas moins que la cote d’un tel véhicule en état concours oscille habituellement aux alentours de 120 000€.

RS27_2

carrera27_inside

959 Clubsport de 1988.

La barre du million de dollars est de nouveau franchie, cette fois-ci pour l’un des 29 rarissimes exemplaires de 959 Clubsport. 1 100 000$ furent déboursés par le nouvel acheteur, ce qui équivaut à 793 000€. Il semblerait qu’elle n’ait connu qu’un seul propriétaire entre 1988 et 2007, date à laquelle elle rejoint le continent américain, où elle changera plusieurs fois de main. Elle ne totalise à ce jour que 9 608km. Difficile d’imaginer qu’elle en fera beaucoup plus. Notons que la cote d’une 959 Komfort en état concours oscille aux alentours de 450 000€.

959S

959S_int

356 Carrera 2 de 1963

C’est une Carrera 2 sérieusement optionnée et entièrement matching numbers que les commissaires-priseurs ont adjugée pour 550 000$ (près de 400 000€). Il est d’ailleurs assez étonnant de noter qu’une combinaison peinture noire sur intérieur noir est assez rare sur les 356. Cette 356 embarque quelques options assez rares tels qu’un toit ouvrant électrique ou un réservoir de 70 litres. Soulignons également que son historique est entièrement connu.

356C2

356C2_interior

356 A de 1958

Il s’agit une fois de plus d’une auto matching numbers, récemment restaurée. Adjugée pour 159 500$ (115 000€)

356_A

718 RSK de 1959

Après les 2 750 000$ atteints par une 718 RS 61 le 18 janvier dernier sous le marteau de RM Auctions, cette RSK, châssis 023, a atteint la barre des 3 300 000$ (2 380 000€)! Seulement 35 RSK furent construites, et ce modèle, matching numbers possède toujours sa carrosserie d’origine. Cela n’a pas empêché l’auto de bénéficier d’une restauration complète et extrêmement minutieuse. 718-023 connut une carrière courte mais intense dans le championnat SCCA aux mains de son propriétaire Roy Schechter.

718RSK

718RSK_racing

356 SC de 1964

Retour au calme avec une superbe 356 SC matching numbers, ayant subi quelques travaux de restauration récents, permettant à l’auto de présenter un très bel état. En fut vendue pour 48 500$, bien au-delà de l’estimation haute initiale, à 40 000$.

356_SC

356_SC_interior

911 2.0E de 1969

Entièrement restaurée en 2010, cette 2.0E a rejoint son nouveau propriétaire moyennant 137 500$ (99 000€), un montant légèrement supérieur à l’estimation haute de 120 000$. Notons que la cote d’un tel modèle en état concours se situe davantage aux alentours de 75 000€.

Celle-ci possède toutefois quelques équipements intéressants: des feux anti-brouillard Hella, mais surtout un arceau de sécurité d’usine. Gooding ne précise pas si celui-ci équipait l’auto lors de sa sortie des chaînes. S’agit-il vraiment d’un exemplaire en état concours? Cela reste difficile à affirmer.

9112-0_E

9112-0_E_interior

911 2.4S de 1973

242 000$ (175 000€) pour un superbe exemplaire de 2.4S. Un prix qui, pour une fois, est parfaitement justifié! Entièrement d’origine, celle-ci peut se vanter de posséder son carnet d’entretien original ainsi qu’un dossier de factures très documenté. Elle fut également restaurée dans les moindres détails, ce qui lui permit de décrocher un premier prix lors d’un concours d’élégance du Porsche Owner’s Club of America.

91124S

907 LH de 1968

Il s’agit à n’en pas douter du clou du spectacle! Peut-on espérer auto plus rare, plus titrée, plus célèbre que cette 907? Celle-ci porte le numéro de châssis 005. En d’autres termes, ce n’est rien moins que celle qui remporta les 24 heures de Daytona en 1968. Notons également une quatrième place aux 12 heures de Sebring, quatre participations aux 24 heures du Mans, ainsi qu’un grand nombre de victoires de classe qu’il serait trop long d’énumérer. S’il ne fallait présenter qu’une seule Porsche lors de cette vente, c’était bien cette 907 et nulle autre. Ce fut d’ailleurs, sans surprise, la Porsche la plus chère, vendue pour 3 630 000$ (2 422 000€). Le prix de l’histoire…

907

907inside

907tail

911 2.0L de 1968

Ce fut le seule Porsche invendue lors de cet événement, avec un prix de réserve de 350 000$. Elle est certainement l’une des 911 de course les plus méconnues. A la demande insistante de ses clients, Porsche se décida à créer une auto capable d’être engagée en compétition, voire d’être efficace sur des épreuves de rallye. Le constructeur équipa donc des caisses de 911 L d’un kit compétition pioché dans les pièces détachées de l’usine. Dans cette caisse de trouvait un moteur Type 901/30, l’un des plus performants de l’époque. La 911 L de compétition se distinguait par la présence d’amortisseurs Koni rabaissés, et d’un différentiel à glissement limité. Seulement 28 exemplaires auraient été construits.

911L

911Ltail

911Linterior

911 2.0 de 1966

Il s’agirait presque d’une mévente pour cette 911 à empattement court. Présentée comme matching numbers et ayant bénéficié d’une belle restauration, elle aura changé de propriétaire pour la modique somme de 112 200$ (81 000€). Lorsque l’on sait qu’un exemplaire en état concours se négocie aux alentours de 150 000€, il y a fort à parier que cet exemplaire était plus proche du parfait état. A vrai dire, cela vaut vraiment le coup! Qui se plaindrait de posséder une auto en parfait état?

911SWB

356 Speedster de 1955

Un superbe exemplaire à l’historique particulièrement intéressant. Non content de posséder son moteur d’origine et d’avoir eu la chance de ne compter que trois propriétaires successifs au cours de son existence, ce Speedster a eu la chance de décrocher quelques breloques en compétition avec à son volant un certain Pedro Rodriguez… Et ce, sans compter de multiples victoires en amateur avec son véritable propriétaire, un guatémaltèque nommé Roberto Reyes. Un véritable petit morceau d’histoire pouvant également se targuer d’avoir remporté quelques concours d’élégance. Voici qui permet de justifier une enchère à 462 000$ (333 000€)!

356 speedster tail

356 speedster

911 2.0S Targa lunette souple de 1967

Le coup de coeur de cette vente! Une Targa lunette souple, rouge polo, en empattement court. Celle-ci a bénéficié d’une restauration complète en 2010, saluée par un certificat d’authenticité délivré par le constructeur. A noter toutefois qu’elle n’est plus équipée de son moteur d’origine, pour une raison qui reste inconnue, bien que toujours équipée d’un moteur 2.0S de 1967. Une raison qui aura certainement justifié une adjudication à 195 250$ (140 000€) inférieure à l’estimation basse de 200 000$. Cela reste néanmoins relativement élevé, lorsque l’on sait que la cote des meilleurs exemplaires avoisine précisément ce montant.

TargaSW

TargaSW2

C’est peu de le dire, la plupart des autos proposées à la vente ne manquaient pas d’intérêt, et bénéficiaient d’un intérêt historique certain. Je reste néanmoins pris d’un léger malaise lorsque je vois les montants atteints par certaines autos. Plus d’un million pour une RS 2.7, cela est tout de même trois fois l’estimation faite par Flat 6 magazine. De même pour cette 959, vendue près de deux fois le prix d’une Komfort. Certes, la cote de Flat 6 Magazine est actualisée chaque année au mois de mai. Nous pouvons en conclure qu’ils auront fort à faire cette année, lorsque l’on voit les proportions prises par la hausse sur certains modèles. Une hausse qui me semble parfaitement irrationnelle, et à certains égards, dangereuse…

 

Porsche de la semaine: 907K

Voici certainement l’un des protos les plus méconnus de l’histoire du constructeur. Un peu à l’étroit entre les 904, 906 aux carrières plus fournies, et la 908 à la longévité en course exceptionnelle, la 907 n’aura officiellement limé les pistes du monde entier que pendant deux saisons, en 1967 et 1968.

Ce fut le premier proto à être équipé d’un volant à droite, cela étant un atout sur les circuits, tournant dans le sens horaire. En effet, le popotin du pilote apportait un appui supplémentaire dans les courbes à droite, permettant d’atténuer un peu le roulis. J’admets que cela ne suffit pas à en faire une auto incontournable.

x5_0

Et pourtant, elle a tenu son rôle avec brio! Certes, une cinquième place aux 24 heures du mans 1967, ce n’est pas grand-chose. Mais la vaillante 907 n’était armée que d’un petit 6 cylindres à plat de 2 litres de cylindrée, face aux monstrueuses Ferrari 330 P4, et autres Ford GT 40 (Le moteur de cette dernière cubait très exactement 7 litres…), cela relève de l’exploit! Mais des exploits, elle en réalisera d’autres en 1968. Les 24 heures du Mans? Riens moins que la deuxième place (cette fois-ci équipée d’un 8 cylindres de 2.2 litres), derrière l’indétrônable GT 40.

Mais ce n’est pas tout… Les 24 heures de Daytona? Trois 907 LH aux trois premières places. La Targa Florio? Ce sera pour Vic Elford et Umberto Maglioli, au volant de la 907K portant le numéro de châssis 025. Vous en conviendrez, voici un palmarès qui en ferait rêver plus d’une.

907k2_0

Alors un conseil, ne manquez pas cette occasion de vous offrir une 907, cette occasion ne se représentera pas demain. Et pour couronner le tout, la 907K est une auto superbe! Il faut toutefois admettre que le vendeur est bien avare en détails. Ni numéro de châssis, ni numéro de moteur, ni même quelques détails concernant l’historique de l’auto. Tout au plus apprend-on que le marchand dispose d’un dossier complet permettant de prouver de façon irréfutable qu’il s’agit d’une authentique 907. Voilà qui ne sera certainement pas de trop.

img_8415_0

Il faut également l’admettre, j’aurais préféré que le capot avant soit peint en bleu, en orange, en vert, afin d’évoquer avec un peu plus de ferveur ces grandes années de l’histoire de Porsche en compétition. Mais je vais vous confier un secret, je m’en accommoderai fort bien lorsqu’elle sera dans mon garage. En attendant, monsieur Richard Mille, si jamais vous lisez ces lignes, je serais très heureux que vous m’invitiez pour un petit tour! Qui ne tente rien…

Consultez l’annonce ici:

http://www.classicdriver.com/en/car/porsche/907/1967/191021