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Peut-on imaginer 356 plus exceptionnelle?

J’ai bien conscience d’être coutumier du fait, et n’avoir pas ma langue dans ma poche lorsqu’il s’agit de décerner à une Porsche le qualificatif « exceptionnel ». Croyez bien cependant que cela est pour la bonne cause. Toutes les Porsche sont loin d’en être dignes. Je vous mets néanmoins au défi de trouver une 356 pouvant raisonnablement arriver à la cheville de celle que je m’apprête à vous présenter. Faisons les choses simplement: il s’agit d’une 356 A Carrera GS. Bien, passons maintenant à la partie la plus intéressante…

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La Carrera GS, comme son nom l’indique, embarque à son bord le fameux moteur à 4 arbres à cames en tête développé par Ernst Führmann. La 356 Carrera GT dont le moteur plus pointu développait 115ch était plus particulièrement réservée à la compétition. Dans sa définition GS, le moteur développait 105ch à 6500trs/min, tandis que l’auto se permettait d’embarquer davantage d’équipements de confort, portant le poids d’une Carrera GS à 910 kg, contre 845 kg pour une Carrera GT. En 1958, de tels chiffres avaient de quoi faire rêver! Mais son moteur, paradoxalement, n’est que l’une des facettes faisant de cette 356 l’une des plus intéressantes qui soient. Allons, il est plus que temps de se pencher sur son histoire!

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Initialement, cette Carrera GS sortie des chaînes le 14 novembre 1958, aurait manifestement appartenu à Huschke von Hanstein, le directeur du département compétition du tout jeune constructeur. Cependant, il est tout aussi probable qu’elle ait en fait appartenu à un membre de la famille Porsche, bien que cela reste sujet à débat. La piste de Huschke von Hanstein reste néanmoins plus plausible, puisque notre petit coupé fut engagé dans de nombreuses courses de côte comptant pour le championnat d’Europe de la montagne, aux mains d’un célèbre pilote Porsche de l’époque, un certain Richard von Frankenberg.

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Mais l’auto ne restera que peu de temps en Allemagne. Subjugué par la beauté de l’auto et par l’originalité de ses équipements (nous y reviendrons), l’importateur californien John von Neumann ne tardera pas à lui faire franchir l’atlantique, où un certain George Mc Farland, acteur qui connaîtra ses heures de gloire dans les années 30 aux Etats-Unis, s’en portera acquéreur. Il aurait conservé l’auto jusqu’à sa mort en 1993, période à partir de laquelle la 356 aurait connu une période d’immobilisation totale. Elle ne rejoindra la Grande Bretagne qu’en 1998, à l’initiative de Tom Pead, un passionné qui entreprendra une restauration complète du moteur. Le reste de l’auto ne nécessitait guère de travaux, tant le soleil californien s’était montré clément avec l’auto vierge du moindre point de rouille. Ce n’est qu’aujourd’hui que ce collectionneur se décide à se séparer de son auto, qui devrait rapidement trouver preneur.

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Il faut dire qu’elle est remarquablement équipée, et pourrait presque faire rougir (dans tous les sens du terme) une 991 flambant neuve. En ce qui concerne la couleur, d’aucuns la qualifient de couleur rouille. Elle est présentée comme orange, et d’autres la verront rouge, ce qui est mon cas. Cela tombe bien, ici, c’est moi le chef, donc elle sera rouge pour le reste de l’article. Quoi qu’il soit, parmi les 225 coupés Carrera GS, il s’agit vraisemblablement de la seule ayant reçu cette livrée d’origine. Le reste des équipements ne peut que laisser sans voix: l’intérieur beige avec tapis de sols assortis crée une superbe combinaison de couleurs, mais notons également la radio, la montre électrique, ainsi que les rares anti-brouillards intégrés au pare-chocs avant, et ce de belle manière.  Soulignons également la présence de déflecteurs d’air sur les vitres, les jantes en aliage de 15 pouces, et surtout le très rare toit ouvrant. Si rare, qu’il est même équipé d’un système de drainage favorisant l’écoulement de l’eau. Q’uil sera difficile de retrouver une Carrera GS aussi bien équipée…

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Notez sur cette image le toit ouvrant ainsi que les déflecteurs d’air.
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Et le petit système de drainage. Mais était-ce vraiment efficace??
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Les feux anti-brouillard sont idéalement intégrés.

Faut-il faire un résumé? Utilisée par les pionniers de l’histoire en compétition du constructeur, pourvue d’un équipement si riche qu’il en est probablement unique au monde, et habillée d’une combinaison de couleurs qui, quant à elle, est bel et bien unique. Que pourrait-on rêver de mieux? Un moteur Carrera? C’est fait mon capitaine! Cette machine à concours (elle en a gagné deux) est indéniablement l’une des 356 les plus importantes de l’histoire du constructeur et justement, elle est à vendre. Très chère, évidemment, trop chère, probablement. Tant pis, je signe, évidemment…

L’auto est à vendre chez JDClassics

Les enchères de Gooding à Amelia Island le 8 mars 2014

Chaque année, le concours d’élégance se tenant à Amelia Island aux Etats-Unis donne lieu à de fantastiques ventes aux enchères de la part des plus grandes maisons de vente américaines. Cette année, Gooding & Co mettait, entre autres, les Porsche à l’honneur, avec parmi les autos vendues quelques pièces très exceptionnelles. Mais également quelques surprises de taille, au moins aussi immenses que le portefeuille des acheteurs. Place aux images.

911 RS 2.7 Lightweight de 1973

C’est certainement LA surprise de cette vente. Cette RS a été adjugée pas moins de 1 402 500$, soit près de 1 011 000€. C’est certainement la première RS 2.7 à franchir la barre symbolique du million d’Euros. Quelques bonnes raisons tentent péniblement de justifier ce prix. En premier lieu, il s’agit d’une RS Light, nettement plus rare que la Touring, entièrement matching numbers. Il est surprenant d’apprendre que son historique avant d’arriver aux Etats-Unis est inconnu. Par la suite, celui-ci est limpide, et montre que cette RS a constamment été entretenue avec le plus grand soin. En définitive, cela ne fait pas tellement de bonnes raisons de débourser un million d’Euros, et c’est bien un léger malaise qui prime à la lecture d’une telle somme. Rappelons que Flat 6 Magazine estime que les meilleurs exemplaires se négocient aux alentours de 350 000€…

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911 Carrera 2.7 de 1974.

236 500$, soit environ 170 500€ pour cette authentique Carrera 2.7 importée d’Europe. Jamais restaurée, elle possède toujours son moteur d’origine ainsi que la plupart des panneaux de carrosserie qui l’équipaient lorsqu’elle sortit des chaînes de montage. Elle totalise à ce jour 130 000km, ce qui tend à rassurer quant à l’utilisation régulière de l’auto, garante d’un bon état des éléments mécaniques. Il n’en reste pas moins que la cote d’un tel véhicule en état concours oscille habituellement aux alentours de 120 000€.

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959 Clubsport de 1988.

La barre du million de dollars est de nouveau franchie, cette fois-ci pour l’un des 29 rarissimes exemplaires de 959 Clubsport. 1 100 000$ furent déboursés par le nouvel acheteur, ce qui équivaut à 793 000€. Il semblerait qu’elle n’ait connu qu’un seul propriétaire entre 1988 et 2007, date à laquelle elle rejoint le continent américain, où elle changera plusieurs fois de main. Elle ne totalise à ce jour que 9 608km. Difficile d’imaginer qu’elle en fera beaucoup plus. Notons que la cote d’une 959 Komfort en état concours oscille aux alentours de 450 000€.

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356 Carrera 2 de 1963

C’est une Carrera 2 sérieusement optionnée et entièrement matching numbers que les commissaires-priseurs ont adjugée pour 550 000$ (près de 400 000€). Il est d’ailleurs assez étonnant de noter qu’une combinaison peinture noire sur intérieur noir est assez rare sur les 356. Cette 356 embarque quelques options assez rares tels qu’un toit ouvrant électrique ou un réservoir de 70 litres. Soulignons également que son historique est entièrement connu.

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356 A de 1958

Il s’agit une fois de plus d’une auto matching numbers, récemment restaurée. Adjugée pour 159 500$ (115 000€)

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718 RSK de 1959

Après les 2 750 000$ atteints par une 718 RS 61 le 18 janvier dernier sous le marteau de RM Auctions, cette RSK, châssis 023, a atteint la barre des 3 300 000$ (2 380 000€)! Seulement 35 RSK furent construites, et ce modèle, matching numbers possède toujours sa carrosserie d’origine. Cela n’a pas empêché l’auto de bénéficier d’une restauration complète et extrêmement minutieuse. 718-023 connut une carrière courte mais intense dans le championnat SCCA aux mains de son propriétaire Roy Schechter.

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356 SC de 1964

Retour au calme avec une superbe 356 SC matching numbers, ayant subi quelques travaux de restauration récents, permettant à l’auto de présenter un très bel état. En fut vendue pour 48 500$, bien au-delà de l’estimation haute initiale, à 40 000$.

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911 2.0E de 1969

Entièrement restaurée en 2010, cette 2.0E a rejoint son nouveau propriétaire moyennant 137 500$ (99 000€), un montant légèrement supérieur à l’estimation haute de 120 000$. Notons que la cote d’un tel modèle en état concours se situe davantage aux alentours de 75 000€.

Celle-ci possède toutefois quelques équipements intéressants: des feux anti-brouillard Hella, mais surtout un arceau de sécurité d’usine. Gooding ne précise pas si celui-ci équipait l’auto lors de sa sortie des chaînes. S’agit-il vraiment d’un exemplaire en état concours? Cela reste difficile à affirmer.

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911 2.4S de 1973

242 000$ (175 000€) pour un superbe exemplaire de 2.4S. Un prix qui, pour une fois, est parfaitement justifié! Entièrement d’origine, celle-ci peut se vanter de posséder son carnet d’entretien original ainsi qu’un dossier de factures très documenté. Elle fut également restaurée dans les moindres détails, ce qui lui permit de décrocher un premier prix lors d’un concours d’élégance du Porsche Owner’s Club of America.

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907 LH de 1968

Il s’agit à n’en pas douter du clou du spectacle! Peut-on espérer auto plus rare, plus titrée, plus célèbre que cette 907? Celle-ci porte le numéro de châssis 005. En d’autres termes, ce n’est rien moins que celle qui remporta les 24 heures de Daytona en 1968. Notons également une quatrième place aux 12 heures de Sebring, quatre participations aux 24 heures du Mans, ainsi qu’un grand nombre de victoires de classe qu’il serait trop long d’énumérer. S’il ne fallait présenter qu’une seule Porsche lors de cette vente, c’était bien cette 907 et nulle autre. Ce fut d’ailleurs, sans surprise, la Porsche la plus chère, vendue pour 3 630 000$ (2 422 000€). Le prix de l’histoire…

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911 2.0L de 1968

Ce fut le seule Porsche invendue lors de cet événement, avec un prix de réserve de 350 000$. Elle est certainement l’une des 911 de course les plus méconnues. A la demande insistante de ses clients, Porsche se décida à créer une auto capable d’être engagée en compétition, voire d’être efficace sur des épreuves de rallye. Le constructeur équipa donc des caisses de 911 L d’un kit compétition pioché dans les pièces détachées de l’usine. Dans cette caisse de trouvait un moteur Type 901/30, l’un des plus performants de l’époque. La 911 L de compétition se distinguait par la présence d’amortisseurs Koni rabaissés, et d’un différentiel à glissement limité. Seulement 28 exemplaires auraient été construits.

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911 2.0 de 1966

Il s’agirait presque d’une mévente pour cette 911 à empattement court. Présentée comme matching numbers et ayant bénéficié d’une belle restauration, elle aura changé de propriétaire pour la modique somme de 112 200$ (81 000€). Lorsque l’on sait qu’un exemplaire en état concours se négocie aux alentours de 150 000€, il y a fort à parier que cet exemplaire était plus proche du parfait état. A vrai dire, cela vaut vraiment le coup! Qui se plaindrait de posséder une auto en parfait état?

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356 Speedster de 1955

Un superbe exemplaire à l’historique particulièrement intéressant. Non content de posséder son moteur d’origine et d’avoir eu la chance de ne compter que trois propriétaires successifs au cours de son existence, ce Speedster a eu la chance de décrocher quelques breloques en compétition avec à son volant un certain Pedro Rodriguez… Et ce, sans compter de multiples victoires en amateur avec son véritable propriétaire, un guatémaltèque nommé Roberto Reyes. Un véritable petit morceau d’histoire pouvant également se targuer d’avoir remporté quelques concours d’élégance. Voici qui permet de justifier une enchère à 462 000$ (333 000€)!

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911 2.0S Targa lunette souple de 1967

Le coup de coeur de cette vente! Une Targa lunette souple, rouge polo, en empattement court. Celle-ci a bénéficié d’une restauration complète en 2010, saluée par un certificat d’authenticité délivré par le constructeur. A noter toutefois qu’elle n’est plus équipée de son moteur d’origine, pour une raison qui reste inconnue, bien que toujours équipée d’un moteur 2.0S de 1967. Une raison qui aura certainement justifié une adjudication à 195 250$ (140 000€) inférieure à l’estimation basse de 200 000$. Cela reste néanmoins relativement élevé, lorsque l’on sait que la cote des meilleurs exemplaires avoisine précisément ce montant.

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C’est peu de le dire, la plupart des autos proposées à la vente ne manquaient pas d’intérêt, et bénéficiaient d’un intérêt historique certain. Je reste néanmoins pris d’un léger malaise lorsque je vois les montants atteints par certaines autos. Plus d’un million pour une RS 2.7, cela est tout de même trois fois l’estimation faite par Flat 6 magazine. De même pour cette 959, vendue près de deux fois le prix d’une Komfort. Certes, la cote de Flat 6 Magazine est actualisée chaque année au mois de mai. Nous pouvons en conclure qu’ils auront fort à faire cette année, lorsque l’on voit les proportions prises par la hausse sur certains modèles. Une hausse qui me semble parfaitement irrationnelle, et à certains égards, dangereuse…

 

RM Auctions: ventes du 17 janvier au 5 février

L’activité de la maison d’enchères RM Auctions est décidément très dynamique en ce début d’année 2014. En l’espace d’une vingtaine de jours, ce  sont en effet deux ventes qui eurent lieu sur deux continents différents, où les Porsche ne manquèrent pas d’être dignement représentées. Une fois encore, l’on a pu noter quelques résultats surprenants, mais rien de troublant en ces temps où la voiture de collection est très (trop?) à la mode. Revue de détail des Porsche vendues (ou pas).

« Arizona Love »

Nulle trace du lieutenant Blueberry les 16 et 17 janviers derniers lors de cette vente dans l’Arizona, mais un parterre de Porsche à se pâmer. Place aux chiffres, et aux images:

Le premier lot de ces enchères est une 911 Carrera 3.2 Speedster, combinant peinture noire et cuir beige, un ensemble assez rare pour un Speedster, vendu 126 500$. Cela représente 92 300€, un montant qui n’a rien de choquant.

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Une 356 A 1600 Convertible D a ensuite changé de mains pour la modique somme de 176 000$, soit 128 500€. Un montant qui a également tout lieu d’être justifié, tant le Convertible D figure parmi les 356 les plus convoitées.

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Passons aux 356 B. En commençant avec une 1600S de 1963 carrossée par Karmann, vendue pour 129 500$, soit 94 500€. Matching Numbers, l’auto sort tout juste d’une restauration lui ayant permis de retrouver sa teinte d’origine, le vert Smyrna. L’histoire ne dit pas si le nouveau propriétaire vit en Turquie…

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Une couleur un peu plus consensuelle pour cette 356B 1600S cabriolet de 1961 carrossée par Reutter. Adjugée pour 140 250$ (102 370€), elle sort également de restauration. A noter son intérieur rare et original de couleur Gris Lumière.

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Une dernière 356B, un Roadster 1600 carrossé par Drauz fut adjugé 198 000$, soit 144 500€. L’on reste bien loin des niveaux délirants atteints par les Speedster A!

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Au rang des surprises de taille, une 911 2.2E Targa de 1970 adjugée pour 176 000$, soit plus de deux fois le prix d’un modèle en état concours! A y regarder de plus près, l’on remarque néanmoins que l’auto n’a que 5 000 miles au compteur, que celle-ci est restée au sein d’une même famille depuis sa sortie des chaînes d’assemblages. Et pour couronner le tout, elle n’a jamais été restaurée, ce qui ne manque pas d’en faire l’une des 911 Classic les plus authentiques à ce jour.

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Une autre surprise que cette seconde Targa à moteur 2.4 litres E, vendue pour 140 250$. Un niveau de prix qui reste très surprenant malgré une restauration très récente et son historique documenté. L’arrivée de la nouvelle Targa aurait-elle déclenché une vague d’enthousiasme pour ses anciennes cousines??

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Retour à la raison pour cette autre 911 E de 1970 qui, bien qu’étant également restée dans une seule et même famille pendant plus de 30 ans, a été adjugée pour « seulement » 71 500$, soit 52 200€. Ce qui fait certainement d’elle la meilleure affaire de cette vente! Et de loin mon coup de coeur de ces deux ventes.

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La 959 reste un formidable collector dont le succès ne se dément pas dans les enchères. Cet exemplaire en parfait état (à l’intérieur bi-ton bourgogne-gris clair) changera de propriétaire pour 759 000$, soit 554 000€. Un niveau très élevé, quand une 959 en état irréprochable serait plutôt estimée aux alentours de 450 000€…

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Cela se corse! Nous entrons désormais dans la catégorie des voitures de compétition, où rien ne s’échange à moins d’un million. Aurez-vous le coeur assez bien accroché?

RM Auctions aura toutefois le marteau moins heureux avec ces trésors, en commençant par cette 356 A Speedster Carrera 1500 GS. La magie du moteur Carrera n’aura cette fois-ci pas tenu ses promesses, car malgré une offre atteignant 1 050 000$ (766 420€), l’auto ne sera pas vendue.

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De même pour cette 906 que vous avez eu la chance de découvrir dans la Porsche de la semaine, restée invendue malgré une offre atteignant 1 180 000$ (861 300€).

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Le clou de cette vente fut indubitablement cette 718 RS 61 Spyder (châssis 718-066). Cette 718 pouvait se targuer d’un palmarès honorable, comprenant une septième place aux 12 heures de Sebring en 1961, ainsi que de nombreux podiums dans le championnat SCCA. Entièrement restaurée, elle fut vendue pour 2 750 000$, soit  2 007 000€. Une paille, quand on est milliardaire…

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« From Paris with love »

Les incursions de RM Auctions sur le continent Européen sont de plus en plus fréquentes. Eu égard au nombre d’autos invendues, cette vente ayant eu lieu à Paris le 5 février 2014 aux Invalides fut un échec. Il se pourrait même que le marché de la voiture de collection connaisse une amorce de retour au calme. On dénombra toutefois un certain nombre de Porsche dont les résultats furent globalement honorables.

Enfin un prix logique pour une Targa! Cette 911 2.2E fut adjugée pour 47 600€. Elle pouvait difficilement prétendre à davantage, son historique présentant quelques zones d’ombre, et n’étant guère dans sa teinte d’origine.

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Nous passons ensuite à une catégorie nettement supérieure, avec une 904 Carrera GTS adjugée 1 288 000€. Il s’agit de la seule au monde ayant été peinte en vert irlandais. Elle fut initialement la propriété du pilote britannique Frazer Nash, et possède depuis ce jour un historique limpide ainsi que plusieurs engagements en compétition.

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Résultat moins reluisant pour cette 917/30 Can-Am pour laquelle la meilleure offre s’éleva à 2 000 000€. Bien loin du prix de réserve fixé à 2 900 000€. Cela s’explique par un historique peu excitant. Le châssis 917/30-005 fut en effet construit afin de participer au championnat Can-Am de 1974. Malheureusement, Porsche stoppa son programme Can-Am en 1973 et l’auto complète ne fut jamais assemblée. 917/30-005 ne fut redécouvert à l’usine qu’en 1979 par Gerry Sutterfield, importateur Porsche aux Etats-Unis, qui demanda au constructeur s’il était possible d’en faire une auto complète. Ce qui fut chose faite grâce à un moteur 12 cylindres d’époque que Porsche retrouva dans ses réserves, en confiant aux mécaniciens la tâche d’assembler l’auto avec le plus grand soin. Malgré cela, difficile pour des collectionneurs de plus en plus exigeants de voir dans cette 917/30 une véritable auto d’époque, son statut « hybride » ayant sans doute joué en sa défaveur.

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Dernière Porsche vendue, et non des moindres, cette 956 de 1982 ayant fini troisième aux 24 heures du Mans derrière deux autres 956. Vous la connaissez déjà, puisqu’elle fit l’objet d’un article dans la Porsche de la semaine. Son historique prestigieux aidant, elle fut adjugée 2 352 000€.

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De ces deux ventes, l’on peut garder un sentiment de très légère accalmie sur le marché des Porsche de collection. A l’exception de deux 911 Targa, il n’y eut pas vraiment de flambée des prix injustifiée, ce qui tend à être plutôt rassurant. Restons toutefois vigilants, tant le marché de la voiture de collection est la cible d’un engouement de plus en plus important.

L’ensemble des visuels de cet article sont la propriété de RM Auctions. Seule la photographie de la 906 fut réalisée par CPR Classic.

Tous les résultats ici:

http://www.rmauctions.com/results/result.cfm?SaleCode=PA14

http://www.rmauctions.com/results/result.cfm?SaleCode=AZ14

Porsche de la semaine: 356 Speedster pré-A

Voici une 356 chargée d’un immense palmarès. Partout où elle fut alignée, cette 356 a multiplié les victoires de classe, se permettant d’écraser des concurrentes plus puissantes passées aux mains des pilotes les plus talentueux, bien plus talentueux que ceux qui se relayèrent au volant de ce Speedster. En 17 ans de carrière, cette 356 Speedster de 1955 a glané pas moins de 6 victoires et une deuxième place. Incroyable, mais vrai!

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17 années de compétition, 6 victoires, une deuxième place, et malgré cela, un état général hors du commun. Il faut dire que depuis sa restauration totale en 1995, elle n’a parcouru que 1644 miles. Que voulez-vous, on ne remporte pas 6 victoires lors des concours d’élégance sans consentir quelques sacrifices!

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Ah oui, j’aurais peut-être dû préciser que cette 356 n’a jamais participé à la moindre course. Non, elle était née pour être mannequin, et elle tient son rôle avec brio, faisant honneur aux 356. Il s’agit d’une pré-A, autant dire qu’un Speedster dans cette configuration est pour le moins rarissime. Introuvable serait peut-être plus approprié. Et belle, comme au premier jour, même si nul ne dit que cette combinaison de couleurs soit la combinaison d’origine, force est d’admettre que le rouge lui va à merveille. Mais le plus impressionnant? Non, ce n’est pas la sellerie parfaite en cuir noir recouvrant ces petits baquets si charmants, ni l’état hors du commun de la capote, comme neuve. Le plus incroyable, c’est la présence de l’ensemble des outils d’époque, que ce soit le cric, la roue de secours, ou tout autre outil dont je ne connais ni le nom ni l’usage.

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Ca sert à quoi tous ces trucs?

Son seul défaut, c’est bien de ne pas rouler davantage. Quel dommage de ne pas en profiter, ne serait-ce que pour quelques rallyes touristiques, sans aller chercher le dernier dixième. Quoi qu’il en soit, eu égard à l’état neuf de l’auto, vous pourriez parcourir bon nombre de kilomètres sans vous soucier d’autre chose que du niveau de la jauge à essence. Et si jamais vous osiez discuter le prix, je vous souhaite bien du courage. Il suffit de jeter un oeil au palmarès de ce Speedster pour comprendre qu’il est simplement parfait:

  • Concours d’élégance de Palm Springs 1996: prix du Best of Show
  • Concours d’Elegance du sud de la Californie 1996: 1ère place, catégorie Porsche
  • Concours d’élégance de Newport Beach 1996: 2ème place, catégorie Porsche
  • Concours d’élégance de Palos Verdes 1996: 1ère place, catégorie Porsche
  • Concours d’élégance de Dana Point 1997: 1ère place, catégorie 356 pré-A
  • Concours d’élégance de Dana Point 2012: 1ère place, catégorie 356 pré-A
  • Concours d’élégance « Carmel cars on the avenue » 2013: 1ère place, catégorie Porsche Speedster

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C’est impressionnant, et il n’y a bien que les américains pour en être capables. Je vais m’empresser de prendre le premier avion venu pour aller signer un gros chèque à monsieur Bruce Canepa. Ensuite, je ferai ce que nous, européens, faisons de nos voitures: rouler avec.
Ce sera peut-être la plus grande des victoires pour notre Speedster du jour.

Retrouvez l’annonce ici:

http://www.canepacollection.com/detail-1955-porsche-356-speedster-used-11177385.html

Vente aux enchères Gooding & Co: résultats

Voici la suite des résultats des dernières ventes aux enchères. Après la vente un peu en demi-teinte de RM Auctions, aux résultats parfois un peu surprenants, retour à la normale (la normale étant en ce moment le délire absolu) avec la vente réalisée par Gooding & Co, dont voici les résultats. Les lots ne sont cette fois-ci pas dans l’ordre décroissant, mais comprennent les commissions :

Je vous l’ai déjà dit, les 356 se portent bien, et cela se vérifie encore ! Les réjouissances débutent avec un Roadster, ici dans une version B Super 90, reparti chez son nouveau propriétaire pour la modique somme de 181 500$, soit 136 500€.

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Ensuite, un Speedster, cette fois-ci un modèle A 1600S, donc plus ancien, partira pour 264 000$, soit 198 500€. Plus l’on se rapproche des origines, plus il en vous coûtera pour goûter la légende.

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Dans la série des véhicules d’exception, voici une 904 Carrera GTS matching numbers engagée dans de nombreuses courses en Espagne, à l’historique limpide. Estimée entre 1 750 000 et 2 250 000$, elle ne sera vendue « que » pour 1 595 000$, soit 1 199 000€, pleinement justifié.

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Ce n’était pas pour autant la seule auto d’exception. Revenons aux 356, avec un Speedster A 1500 GS Carrera, donc possédant le très rare moteur Carrera, initialement développé pour la compétition. Tout était réuni pour qu’elle atteigne des sommets, elle n’a pas failli à ses devoirs. Elle atteindra la somme faramineuse de 1 485 000$, soit 1 116 000€ ! Notons que l’estimation initiale ne dépassait pas 1 000 000$ !! Il s’agit, à ce jour, de la 356 la plus chère jamais vendue.

SpeedsterCarreraGS

Si jamais vous préférez les 911, elles ont également été à l’honneur. Avec une estimation comprise entre 475 000 et 575 000$, la maison Gooding a vu juste avec cette 993 GT2 prête à courir, vendue pour 506 000$, soit 380 000€. Une petite remarque néanmoins, cette GT2 n’affiche que 50 kilomètres au compteur. Voici bien de quoi se désoler, car cela signifie deux choses : l’une des 993 les plus affolantes de l’histoire n’a donc quasiment jamais posé ses roues sur un circuit. Et nous pouvons en être sûr, son nouveau propriétaire risque fort de la laisser dans son garage et de ne jamais la faire rouler. Quel dommage. Quel intérêt y a-t-il à acquérir une auto pour l’entreposer dans un garage sécurisé à l’abri des regards et privée de son habitat naturel, le circuit ? Voici une bien curieuse façon de concevoir la passion de l’automobile.

993GT2

Encore une 356 ? Oui, et la meilleure reste à venir, patience… En attendant, voici un petit cabriolet B Super 90, vendu pour  192 500$, soit pas moins de 144 700€.

356cabS90

Voici certainement la superstar de cette vente, la 911 STR II construite par Magnus Walker. A l’origine une simple 911 T de 1972, elle a été entièrement transformée par le désormais incontournable Magnus Walker, et aura eu les honneurs de la presse. Tous les magazines spécialisés l’ont présentée, mais également de nombreuses émissions télévisées, notamment Jay Leno’s Garage, ou Fifth Gear… Initialement estimée à 150 000$, vendue pour 302 500$, soit 227 400€, à une famille de collectionneurs connue pour ses modèles d’exception. Que dire d’une telle vente ? Magnus Walker, nouvel alchimiste de la Porsche, capable de transformer une caisse fatiguée en lingots d’or ? Magnus Walker serait-il définitivement entré dans l’histoire Porsche ? Difficile à dire… Il se peut que cette vente consacre le sommet de l’engouement pour le backdating. Peut-être le soufflet est-il déjà en train de retomber. Il sera particulièrement intéressant de suivre l’histoire de cette auto.

STRII

Ah, la RS 2.7… Elles ne sont pas si rares dans les ventes aux enchères, et voici une Touring, matching numbers bien que pas totalement d’origine. Restaurée dans les années 80, elle était estimée à 475 000$. Après la déception RM Auctions, cette RS restera-t-elle sans propriétaire ? Certainement pas,  car elle sera vendue pour 473 000$, soit 355 000€.

RS2.7

Et une 356 BT6 Roadster, vendue pour 253 000$, soit 190 000€. Décidément, les 356 ont la cote…

RoadsterBT6

Bien plus fascinant, une 911 Carrera RSR 3.0 au palmarès fort enviable ! Pilotée entre autres par Al Holbert, Hurley Haywood et Peter Gregg (excusez du peu !), elle compte parmi ses 4 engagements aux 24 Heures de Daytona une deuxième place en 1976, ainsi qu’une victoire aux 12 heures de Sebring en 1976, pour 4 engagements. Il était écrit qu’elle se vendrait très bien, et cela n’a pas manqué. Adjugée pour 742 000$, soit 557 900€.

RSR3.0

Une étonnante 911L de 1968 sera adjugée pour pas moins de 583 000$, soit 438 300€. Cela s’explique par le fait qu’elle fasse partie des 28 exemplaires préparés par l’usine pour être engagés en compétition. Une sorte de 911 R après l’heure, en quelque sorte.

911L

Et voici enfin le clou du spectacle ! Oui, encore une 356, mais pas n’importe quelle 356. Il s’agit d’une A de 1956. Cela commence bien. Un coupé, Carrera 1500 GS, rien que ça ! Ajoutez à cela plusieurs engagements en compétition dont 5 victoires de classe en 1956, et une auto jamais restaurée malgré cela, mais possédant de nombreux documents attestant de son historique et de son palmarès. Une auto tout simplement remarquable, qui sera vendue pour 715 000$, soit 537 000€. Dans la bonne moyenne, si l’on considère l’estimation initiale comprise entre 650 000 et 850 000$.

3561500GS

Rendez-vous est pris les 8 et 9 septembre prochains à Londres pour la prochaine vente aux enchères de RM Auctions !

L’ensemble des visuels de cet article proviennent du site officiel Gooding & Co. Retrouvez tous les résultats de la vente ici :
http://www.goodingco.com/results/realized/?cat=17