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Quelques tours de roue à bord d’un Cayman GT4!

Temps de lecture estimé: 2’00

Nous vous l’avions promis il y a quelques jours sur notre page Facebook, le voici pour de bon, et rien que pour vous! Grâce à l’amabilité d’un propriétaire récemment livré, nous avons pu admirer l’un des rares Cayman GT4 livrés en France et, comble du spectacle, bénéficier de quelques kilomètres en passager. En avant!

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Pour ne rien vous cacher, c’est une rencontre que nous attendions depuis de longs mois. L’un de nos amis proches avait eu la chance de signer l’un des derniers bons de commande pour un GT4. Nous devons bien l’admettre maintenant, nous n’étions pas vraiment convaincu par le choix du Blanc Uni, d’autant plus que l’esthétique du Cayman GT4 nous laissait encore dubitatif… Jusqu’au moment où nous l’avons vu. Oui, le Cayman GT4 est superbe, oui, le blanc lui va à merveille et l’auto aimante les regards! L’aileron, sa gueule béante de requin, de superbes jantes satinées lui confèrent une allure absolument démoniaque! Les propriétaires de 911 en seront pour leur frais, et risquent d’éprouver un semblant d’amertume.

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Quant à l’habitacle, il est tout aussi remarquable. Equipé du pack Clubsport, notre Cayman du jour bénéficie donc de l’arceau de sécurité et des baquets, superbes, de la 918 Spyder. De véritables cocons dont on ne voudrait jamais s’extirper tant leur maintien est parfait. On reste épaté par l’ergonomie générale du poste de pilotage: le diamètre du petit volant en alcantara est idéal mais surtout, il faut souligner à quel point le levier de vitesses est parfait. Bien plus petit qu’il n’y paraît sur les photos, le levier tombe parfaitement sous la main. Quant au passage des vitesses, il semble impérial, le guidage est irréprochable. Si l’on peut regretter l’absence de boîte PDK, les propriétaires ne se plaindront certainement pas d’une boîte manuelle aussi excellente.

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Un petit point noir cependant, l’installation du harnais. Non seulement le passage du harnais par les interstices des baquets est peu aisé, mais il nous faut également noter la fixation sur la paroi arrière: la moquette nonchalamment découpée reste visible, et un si piètre niveau de finition frise l’inacceptable… On regrettera également que le propriétaire n’ait pas coché la magnifique option cuir intégral, mais celle-ci nécessitait plusieurs milliers d’euros supplémentaires. Lorsque la législation française vous impose 8000€ de malus écologique, la facture franchit rapidement les 100 000€, au détriment des équipements dont vous rêviez…

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Mais il est temps de monter à bord, et de laisser faire notre pilote et heureux propriétaire. L’auto est flambant neuve et n’affiche que 190km, il n’est donc pas question de pousser l’auto dans ses retranchements. Mais quoi qu’il en soit, le comportement de l’auto reste bluffant. Le GT4 est rivé au sol, et son équilibre est impossible à prendre en défaut. Le freinage est celui de la Carrera S, il n’y a donc aucun risque à ce niveau. Les trains roulants sont excellents, et malgré les suspensions de GT3 à l’avant, le confort reste parfaitement acceptable. Les familiers des 996 ou 997 GT3 comprendront de quoi nous parlons. A côté de cela, le GT4 fait figure de limousine. Le travail des ingénieurs est véritablement bluffant.

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Au moment de conclure, nous ne pouvons qu’applaudir des deux mains (et des deux pieds) tant le Cayman GT4 incarne une nouvelle ère pour Porsche: les sportives à moteur central bénéficient enfin de l’attention qu’elles méritent légitimement. Le GT4 est littéralement bluffant, presque parfait à tous points de vue. Nous n’avons plus qu’une chose à dire: ceux qui n’ont pas franchi le pas le regretteront amèrement…

Un grand merci au propriétaire de ce GT4 pour sa gentillesse et sa disponibilité.

La cinquième victoire de Porsche: 1979

Temps de lecture estimé: 2’00

Le triomphe  un peu chanceux de 1977 aurait peut-être mieux fait de ne jamais se produire. Aurait-il rendu les ingénieurs du constructeur un peu trop arrogants? Leur manque de préparation leur coûta la victoire en 1978 face à des Alpine A442 survoltées, et la décision de revenir avec les 936 en 1979 dans des conditions de préparations encore plus ridicules ne laissait rien augurer de bon. Mais les écuries privées allaient prendre le relais…

La décision d’engager les 936 au Mans fut en effet prise suite à la sollicitation de la compagnie monégasque Essex Overseas Petroleum Corporation, désireuse de bénéficier d’une belle exposition médiatique en compétition. Préparées dans la précipitation, les 936 furent repeintes aux couleurs d’Essex, et allèrent effectuer une simple course de préparation aux 6 heures de Silverstone: Jochen Mass sera victime d’un lourd accident en raison d’un problème de jante. Il s’avère que le talon du pneu était structurellement mal accroché à la jante; il finit donc par se détacher, avec les conséquences que l’on imagine. Preuve de la nonchalance générale régnant à l’usine, le problème ne sera pas résolu avant les 24 heures du Mans.

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Cela n’empêchera pas les 936 de réaliser la pole position, grâce notamment à Jacky Ickx qui, au dernier moment, a décidé de courir avec Porsche, déclinant finalement l’offre de Mirage. Mais l’équipage de brillants pilotes alignés par Porsche ne peut malheureusement pas faire de miracles au volant de deux 936 piètrement préparées. De fait, la 936 n°12 de Redman et Ickx perdra de longues minutes en raison d’une crevaison à la chicane Dunlop la forçant à effectuer un tour complet au ralenti. Quant à Wollek et Haywood sur la n°14, ils seront victimes de problèmes d’allumage. Comble de l’ironie, la n°12 sera même éliminée au petit matin pour aide extérieure: après la rupture d’une courroie d’alternateur, un mécanicien essaiera de jeter discrètement une courroie de rechange au pilote depuis le bord de la piste. Courroie qui tombera aux pieds d’un commissaire…

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Mais depuis la 7ème heure, ce sont des autos de la catégorie inférieure, le groupe 5, qui mènent la danse. Fort heureusement pour Porsche, les écuries privées ont fait preuve de beaucoup plus de sérieux, et l’écurie Kremer Racing Team n’a pas fait les choses à moitié: à partir d’une 935 d’usine, Kremer a élaborée toute une série de modifications ayant rendu la 935 (surnommée 935 K3) très compétitive. Pilotée par Klaus Ludwig et les frères Whittington, la 935 K3 profitera de l’abandon des 936 et des piètres performances des autres autos du Groupe 6 pour s’imposer au classement général, en dépit d’une longue immobilisation dans la matinée.

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Cette victoire de la 935 n’a finalement rien d’un hasard, puisqu’on retrouve à la deuxième place une autre 935 emmenée, entre autres, par l’acteur Paul Newman. La victoire de l’écurie Kremer sera la première d’une Porsche engagée par une écurie privée, et reste aujourd’hui la seule et unique victoire d’une auto propulsée par un moteur arrière. Un triomphe qui poussa probablement les ventes de 911 Turbo, et donna des idées aux clients qui firent pression à l’usine afin d’acquérir des 911 équipées d’un « Flat Nose ». La légende était déjà bien en marche…

 

Porsche France déçoit avec une Targa 4S limitée à 15 exemplaires.

Temps de lecture estimé:

Youpi! Cocorico! Ca y est, Porsche France a décidé de nous gâter! Vous rappelez-vous de cette superbe Targa 4S Bleu Gulf limitée à 15 exemplaires à laquelle nos amis néerlandais avaient eu droit il y a quelques semaines? Eh bien, pour fêter les 50 ans de la Targa en beauté, Porsche France a également décidé d’y aller de sa petite édition limitée. Mais autant vous le dire tout de suite, nous n’avons pas sauté de joie très longtemps…

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Le département Exclusive s’est bien évidemment impliqué dans le projet de Porsche France, en commençant par le plus important: la couleur! Et cette fois-ci, Porsche a décidé de faire parler la poudre, en optant pour… du gris. Bravo les mecs, pour une fois que vous organisez un barbecue, vous faites cramer les brochettes! Que le lecteur nous pardonne cet excès de familiarité, mais lorsque l’on voit que les Pays-Bas ont osé le Bleu Gulf, nous ne comprenons vraiment pas pourquoi Porsche France n’a pas osé le Rouge Polo, l’Orange Sanguine, voire le Jaune Bahama qu’ils connaissent parfaitement, puisque le parc presse français dispose d’une 911T Jaune Bahama. Mais non, Porsche a opté pour cette nuance appelée Gris Noir. L’originalité jusqu’au bout…

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La dotation extérieure bénéficie également des jantes Sport Classic de 20 pouces peintes en noir brillant, dont la beauté et l’allure ne déçoivent jamais. La Targa 4S se pare également du bouclier avant Sport Design évoquant fortement la GTS, tout comme les rétroviseurs Sport Design. On remarquera également la présence de baguettes latérales peintes en couleur carrosserie. L’ensemble est désormais bien habituel sur les éditions limitées développées sur la base de la 911. Quant à l’habitacle, il s’agit d’une copie conforme de ce que Porsche avait proposé sur la sublime 911 Edition 50 ans, qui pourra pour toujours s’arroger le privilège de l’originalité, alors que cette Targa 4S commence, malheureusement, à sentir le réchauffé.

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La recette est donc fort convenue, et l’auto sera limitée à 15 exemplaires seulement. Un semblant d’exclusivité facturé au prix fort, puisque la Targa 4S Exclusive réservée à la France vous sera facturée 188 489€, contre 127 805€ au modèle de série. Nous espérons toutefois que l’auto connaîtra le succès, car quoi que nous en disions, elle est tout de même très réussie. Mais nous restons très déçus par le manque cruel d’originalité de l’auto. Si un membre de Porsche France venait à lire ces lignes, nous serions fort heureux d’entendre sa version de l’histoire…

Crédits photos: Porsche AG

La quatrième victoire de Porsche au Mans: 1977

Temps de lecture estimé: 2’30

Nous poursuivons notre série d’été avec la quatrième victoire de Porsche au Mans. Après l’hécatombe de Renault Alpine en 1976, l’objectif de l’écurie française pour 1977 étaient clairs: gagner Le Mans est une priorité, et qu’importe le reste du championnat. Une position dont Porsche s’accommodera parfaitement: les 936 ne seront engagées qu’au Mans, et les écuries privées se chargeront de représenter Porsche pour le reste de la saison. Après tout, un sou est un sou! A tel point que face à quatre Alpine A442, Porsche n’engagera que deux 936. Tout semblait mal parti…

La 936 n’a que peu changé: le flat 6 a gagné 20ch, portant sa puissance à 540ch, tandis que l’empattement a été allongé de 10mm. L’essentiel du travail est en fait aérodynamique, rendant la voiture plus rapide. En matière de tests, Porsche se contentera du minimum syndical: un roulage de 24 heures au Paul Ricard, où l’auto ne connaîtra pas d’autre alerte qu’un contacteur de phare défectueux. Par sécurité, les ingénieurs feront tourner l’auto pendant quatre heures supplémentaires avec une pression de Turbo plus élevée, sans la moindre alerte. En revanche, la 936 tourne 2 secondes au tour plus lentement que l’Alpine, mais elle consomme moins.

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Du côté des pilotes, Porsche s’est assuré du soutien de Jacky Ickx, mais a surtout réussi à débaucher Henri Pescarolo de chez Renault, qui dira entre autres « Je pense que j’ai un peu plus de chances de regagner les 24 heures du Mans avec Porsche. » Ickx et Pescarolo feront équipe dans la 936 n°3, tandis que la n°4 sera confiée à Jürgen Barth et Hurley Haywood. D’emblée, les choses ne s’annoncent pas si bien: les deux Alpine occupent la première ligne, tandis que la Porsche n°3 se contente du troisième temps. D’ailleurs, les deux pilotes se plaignent du manque de vigueur du moteur, mais les ingénieurs font la sourde oreille. Mieux vaut ne pas risquer de pénalité pour un changement de moteur juste avant la course…

Après trois heures de course, la messe semble dite: la n°4 est 41ème après le long remplacement de la pompe à injection et une panne de compte-tours obligeant les pilotes à conduire à l’oreille. Quant à la n°3, elle vient tout simplement d’abandonner après la rupture d’une bielle. En tête de la course, trois Alpine sont à la fête! Mais au terme de la 5ème heure, un changement de pilote est annoncé, et c’est un Jacly Ickx enragé qui prendra le volant de la n°4. immédiatement, il réalise que le moteur est plus performant que sur la n°3 qu’il pilotait. Il n’en faudra pas davantage pour l’aider à signer plusieurs records au tour successifs.

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Au lever du jour, l’équipage Ickx-Barth-Haywood pointe à la 2ème place, ayant profité des ennuis mécaniques des Alpine. Mais jean-Pierre Jabouille et Derek Bell restent en tête avec trente minutes d’avance, jusqu’à une casse moteur à la dix-huitième heure. Dans un scénario totalement inattendu, ce sont désormais les Alpine qui sont à la poursuite de la Porsche en tête! Mais derrière, une seconde Alpine va crever un piston et abandonner. Dans la dernière heure, nouveau rebondissement! La 936 à bout de forces crève également un piston. Mais son avance sur la Mirage en deuxième position est telle que la Porsche restera de longues minutes au stands sans être inquiétée. Les mécaniciens opéreront une réparation de fortune qui permit à Jürgen Barth de boucler un dernier tour et de remporter la victoire.

Comme à chaque fois, il y a quelques grandes premières: ce sera par exemple la première fois qu’un triple équipage s’impose au Mans, et Hurley Haywood entrera dans le club très fermé des pilotes remportant l’épreuve dès leur première participation. Mais on reste sans voix devant la nonchalance des tests réalisés par le constructeur, qui ne réalisa les essais au Paul Ricard que sur demande expresse des pilotes. Beaucoup de chance, pour une belle victoire…

 

 

La 3ème victoire de Porsche au Mans: 1976

Temps de lecture estimé: 2’15

Voici la suite de notre série d’été, avec pour cette troisième semaine le retour de Porsche au Mans après quatre années d’absence. Depuis la victoire de 1971, seules quelques écuries privées parvinrent à préserver l’honneur Porsche, sans toutefois se hisser sur le podium. Mais le lancement du Groupe 6 pour 1976 et l’arrivée d’Alpine avec son A442 allaient décider Porsche à revenir assurer le spectacle.

Fort d’une équipe d’ingénieurs toujours bien en place et plus expérimentée que jamais, appuyée notamment par un Norbert Singer en grande forme travaillant d’arrache pied sur les 935, le constructeur affute ses armes en recrutant – enfin – sa bête noire, qui deviendra son pilote star: jacky Ickx. Prenant ses distances avec la F1, il consacre désormais sa carrière à l’endurance où il partagera son baquet avec un pilote proche de la retraite: Gijs van Lennep, déjà vainqueur en 1971. Mais puisque le constructeur est venu pour la victoire absolue, il lui faut une voiture capable de gagner le général en Groupe 6: Helmut Flegl est donc chargé du projet 936.

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Prête tardivement, en janvier 1976, la 936 sera d’abord peinte en noir mat afin de ne pas trop attirer l’attention des journalistes (déjà…). Ce sera peine perdue, et l’auto sera bientôt surnommée « diable noir ». La machine de guerre de 700kg emprunte de nombreuses pièces à la 917 Can-Am, mais reste motorisée par le Flat 6 turbocompressé de la 911 Carrera Turbo RSR. D’une cylindrée de 2,14litres, il développe 520ch à 8000 tours/min. Les résultats encourageants de la 936 au cours de la saison décidèrent Porsche à engager deux 936 au Mans au lieu d’une seule!

Face à des Mirage en retrait, la seule menace vient de l’Alpine-Renault emmenée par Jean-Pierre Jabouille et Patrick Tambay. D’ailleurs, celle-ci domine les essais en signant la pole avec un chrono de 3’33″10. L’Alpine ne mènera que quelques tours, avant d’être trahie par des ennuis de fiabilité qui la pousseront à l’abandon à la 11ème heure, en raison d’un piston percé. Dès lors, les 936 semblent largement assurées de la victoire, les mirage s’avérant trop peu performantes, sans surprise.

La 936 connaîtra pourtant de sérieux problèmes de fiabilité. L’auto aux mains de Jürgen Barth et Reinhold Joest abandonnera au terme de la 17ème heure, sur rupture de transmission. Un soulagement pour Barth qui dira peu après que La chaleur était très forte au niveau de la pédale d’accélérateur et j’ai reçu des brûlures au 3ème degré sur le côté du pied droit. Cette température excessive était provoquée par une tuyauterie, qui fut déplacée en 1977. Malgré des problèmes d’échappement, la 936  n°20 pilotée par Ickx et van Lennep parvint à franchir la ligne d’arrivée largement en tête, assurant à Porsche un troisième sacre.

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Ce fut également le troisième sacre de monsieur Ickx, mais aussi le deuxième de Gijs van Lennep, qui partit au sommet de sa gloire et raccrocha définitivement le casque. Pour Porsche, ce fut également l’occasion de signer la toute première victoire d’un moteur turbocompressé. Toutefois, les problèmes d’échappement ne permirent pas à Porsche de battre le record de distance établi par Matra en 1973, qui tiendrait donc encore un peu… Pour longtemps?

Crédits photos: Porsche AG