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Configurateur Porsche: le ridicule ne tue pas.

Temps de lecture estimé: 2’20

A plusieurs reprises, Porsche a su tirer son épingle du difficile jeu des nouvelles technologies de l’information. Entre autres innovations notables, Porsche fut le premier constructeur à proposer un configurateur en ligne sur son site internet, il y a de cela plus de 5 ans maintenant. Mais voilà, ce qui était à la pointe de l’innovation il y a plus de 5 ans est aujourd’hui totalement désuet…

En se lançant dans la personnalisation illimitée par le biais d’équipements optionnels systématiquement facturés, Porsche a montré la voie dans laquelle tous les constructeurs de luxe se sont engouffrés. Dans cette perspective, quelle meilleure vitrine virtuelle pouvait-on imaginer qu’un configurateur en ligne où les internautes s’en donneraient à coeur joie, choisissant entre de multiples couleurs, sièges, mais également leurs équipements optionnels? Plus que d’un gadget destiné à amuser les ados, il s’agit d’un véritable outil permettant de mettre en valeur les possibilités de personnalisation et le savoir-faire proposés par le constructeur.

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De nombreuses options sélectionnées n’apparaissent pas à l’écran. Désespérant…

Malheureusement, entretemps, des constructeurs tels que Ferrari et McLaren ont fourbi leurs armes, et présentent désormais des outils à la hauteur de leur statut. En dépit de quelques inévitables bugs, les possibilités de configuration sont presque illimitées! Jantes, surpiqûres, couleur des cuirs, équipements optionnels, absolument tout apparaît en temps réel, à mesure que vous cochez les cases! Un vrai monde merveilleux! On notera surtout la fluidité et la simplicité d’utilisation qui font la force des outils de Ferrari et Mclaren, tant il est simple de choisir ses équipements et de voir instantanément en haute définition le résultat obtenu. En cela, Mclaren et Ferrari proposent une expérience virtuelle se rapprochant sans doute nettement de ce que l’on pourrait vivre en concession. Et force est de l’admettre, cela donne sacrément envie de franchir les portes desdites concessions.

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Le configurateur Mclaren est d’une grande simplicité visuelle.
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L’habitacle se marie-t-il idéalement avec la livrée extérieure? Ferrari vous permet d’en juger!

C’est bien ici que le bât blesse au sujet de Porsche. En dépit d’une toute récente mise à jour de son configurateur, celui-ci reste aussi agaçant qu’auparavant… Cochez la case « fonds de compteurs en jaune », cela n’apparaîtra pas. Un pack Clubsport sur une GT3? Impossible de le faire apparaître à l’écran. Il en va de même pour les finitions en bois, en carbone, ou tout autre matériau raffiné. Sans parler des éventuels packs extérieurs peints, que vous ne pourrez pas visualiser. A priori outil de promotion inégalable, le configurateur Porsche en est réduit à jouer le rôle du logiciel bête et méchant, exaspérant et truffé de bugs. Quant aux conséquences en matière d’image de marque, elles sont désastreuses. Le logiciel Porsche est aussi incompréhensible et mal conçu que l’est celui de Renault. Cela est tout bonnement indigne d’un constructeur comme Porsche, réalisant la majeure partie de ses profits en vendant des équipements optionnels…

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Nous avons coché l’ensemble des options du pack intérieur peint, en jaune dans le cas présent. Et rien n’apparaît à l’écran…
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En revanche, fonds de compteurs, coutures et finitions en carbone apparaissent sans le moindre problème chez Ferrari.

Quel dommage de voir Porsche resté si loin derrière, face à des concurrents à l’offensive. Les outils McLaren et Ferrari sont véritablement amusants au point qu’on pourrait rester des heures à tester toutes les combinaisons de la terre. Quant au vilain petit configurateur Porsche, il est désormais inutile. A croire que Porsche a totalement oublié que son site internet était un outil de communication plus qu’indispensable à l’ère du numérique. Cher constructeur, il est grand temps de nous proposer une expérience numérique à la hauteur de votre prestige, car en attendant, nous nous rêverons en Ferrari!

L’incroyable arrogance de Ferrari

Temps de lecture estimé: 2’30

C’est un fait indéniable, la Ferrari 458 Speciale, déclinaison allégée et optimisée de la déjà formidable 458 Italia, est l’une des Ferrari les plus fabuleuses de l’histoire. Comme si cela ne suffisait pas, il s’agit de l’une des autos les plus réussies de la production automobile actuelle. En dépit d’un style taillé à la serpe sous certains angles, il est bien difficile de résister à la verve de ce V8 atmosphérique posé sur l’un des châssis les plus performants du monde. N’en jetez plus, la 458 Speciale est une auto  inimitable. A tel point que son fabricant semble avoir perdu le sens des réalités…

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Le bleu tour de France est l’une des livrées les plus réussies du nuancier Ferrari.

Le fabuleux V8 de 605ch de la 458 devrait en effet laisser place à un moteur turbocompressé dès le salon de Genève 2015. La 458 Speciale incarne en cela l’aboutissement d’une génération de moteurs enivrants capable de montées en régime jusqu’à plus de 9000 tours/minute. Une décharge d’adrénaline inimitable que l’on ne retrouvera plus. Dès lors, les clients, passionnés ou spéculateurs (par les temps qui courent, cela est sujet à débat), se ruent dans les concessions afin d’obtenir une 458 Speciale, déjà considérée comme un collector.

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C’est bien ici que le bât blesse. Comme cela fut le cas au début des années 90 lorsque la liste d’attente pour une 348 s’élevait à quatre ans, le délai de livraison pour une 458 Speciale s’allonge dangereusement. Mais ne vous en faites pas, Ferrari a trouvé la parade. Constatant que certains clients tardifs étaient plus enclins à remplir les Speciale d’équipements coûteux, le constructeur de Maranello semble avoir invité des clients ayant déjà passé commande à reconsidérer la liste d’équipements optionnels qu’ils souhaitent ajouter à leur Speciale. Autrement dit, à ajouter davantage d’options, et donc à payer bien davantage pour leur auto. Sans cela, lesdits clients risqueraient de voir leur bon de commande annulé au profit d’un client plus généreux.

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Les collecteurs en carbone sont une option aussi chère que réussie.

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Tableau de bord en alcantara, volant en carbone, cet exemplaire bénéficie d’un nombre incalculable d’équipements.

Est-ce simplement ridicule ou tout bonnement scandaleux? A vrai dire, l’un n’empêche pas l’autre. Nous voyons cela comme un véritable mépris du client, en faveur d’une pure logique de profit de court terme. En soi, cela peut se comprendre. Mais un tel comportement ne peut que ternir l’image d’une entreprise qui, certes, fabrique certainement les meilleures autos du monde, mais qui ne cesse de montrer, à tort, qu’elle n’a de comptes à rendre à personne. « Nous sommes Ferrari, prosterne-toi ou va-t-en ». Nous pourrions établir une liste des griefs démontrant l’arrogance d’un constructeur aveuglé par l’image qu’il souhaite véhiculer, mais là n’est pas la question. Nous souhaitons simplement rappeler que le respect du client est une nécessité qui ne saurait souffrir d’exception, particulièrement dans le cas de produits aussi rares et haut de gamme.

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Nous regrettons que le tissu technique au centre des sièges soit resté noir.

Cela n’empêche pas de trouver de superbes 458 Speciale sur le marché de l’occasion. L’exemplaire qui illustre ces lignes, habillé d’un superbe Bleu Tour de France et d’un habitacle en alcantara beige pourra se targuer de bénéficier d’une combinaison de couleurs aussi rare que réussie. Nous pourrions passer des heures à la détailler entièrement, tant la liste d’équipements laisse rêveur. Quel dommage qu’une auto si réussie devienne un objet de spéculation, comme le fut peut-être la 348 en son temps. D’ailleurs, la frénésie autour de la 348 coïncida avec le sommet de la bulle spéculative automobile. Une analogie avec la Speciale devrait certainement en faire réfléchir quelques-uns…

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L’exemplaire qui illustre ces lignes est à vendre chez DK Engineering

Visite chez Automobilia (partie 3): Fratelli d’Italia!

Temps de lecture estimé: 1″20

Et voici finalement la dernière partie de notre visite dans le petit atelier de Franco Lembo. Et peut-on raisonnablement empêcher un italien d’aimer les italiennes? Assurément, non, et c’est bien la raison pour laquelle au milieu de toutes ces Porsche trônent fièrement quelques italiennes au sang chaud. Passons rapidement sur la Lamborghini Countach 5000S blanche, et habillée de cuir bleu. La combinaison est rare, d’autant plus sur une telle auto.

Mais les autos de Maranello sont nettement plus nombreuses, à commencer par une 355 Spider de toute beauté. L’auto fait presque figure de modèle récent, étant née dans les années 90. Cela étant, elle marquait le grand retour des vraies Ferrari, maniables et intouchables, après de nombreuses années de vaches maigres et de Ferrari « en bois ». L’engouement autour de la 355 est aujourd’hui réel, à tel point que de nombreux amateurs du genre hésitent fortement entre une 355 et son héritière, la 360 Modena. Entre la Ferrari de mes 13 ans et le Spider de Nicolas Cage dans The Rock, mon choix est vite fait. Je ne suis pas certain que les collectionneurs aient le même point de vue que moi, cela dit.

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Dans l’atelier se trouvait également une étonnante 365 GT 2+2 transformée en Spyder!

En revanche, nous nous réconcilierons tous devant le parterre remarquable de Dino 246 ici présent. Ici une 246 GTS jaune en bel état, là une GT bleue, tapie entre deux 911. Et dans un autre recoin, une seconde 246 GT, rouge cette fois-ci, attend patiemment la fin de son remontage. En galante compagnie, puisqu’à ses côtés, ce n’est rien moins qu’une troisième 246 GT, habillée d’une étrange couleur verte, qui attend également son remontage. Il y en a pour tous les goûts, et cela se comprend. Car l’une des Ferrari les plus plaisantes de l’histoire n’est pas vraiment une Ferrari!

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Ne restent que deux étrangetés, signées Fiat. Aristote Onassis, Brigitte Bardot, tous les people de la côte d’azur ont un jour cédé aux sirènes de ces petites autos rustiques, mais si charmantes. Compactes, elles étaient idéales pour se rendre sur le port de la Croisette, et embarquer immédiatement dans un Riva Aquarama pour une virée dans les calanques. Vous aurez certainement reconnu la lignée des Jolly! Ici présentes, deux représentantes de la famille, avec une superbe 600, ainsi qu’un étonnant 750 Multipla avec double banquette arrière. L’engouement est tel pour ces voiturettes habillées de selleries d’osier que les prix frisent parfois 70 000€. Ce qui n’est jamais que le prix d’une excellente 993 Carrera 4S. Ou d’une 997 GT3 de première génération. C’est à se demander si des fois, les collectionneurs ne sont pas devenus fous…

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Ce serait vraiment la classe, comme voiturette de golf!

Visitez le site internet d’Automobilia.

Ferrari 458 Speciale Aperta: sea, sex and sun

Temps de lecture estimé: 2’30

S’il existe un domaine dans lequel Ferrari est passé maître, à défaut de choisir opportunément les noms de ses autos, c’est bien dans l’art de proposer des cabriolets délirants en éditions très limitées. Une habitude qui ne date pas d’hier, tant la liste est longue: 550 Barchetta ou encore 599 SA Aperta ne sont que de vibrants exemples parmi d’autres. Sauf que cette fois-ci, Ferrari a jeté son dévolu sur sa berlinette à moteur central, la 458.

Certes, la 458 Spider existe depuis bien longtemps déjà, mais il ne s’agit pas d’une simple 458 Italia. Comme son nom l’indique, la 458 Speciale Aperta est inspirée de la déclinaison particulièrement sportive de la 458, la Speciale (nous pourrions passer beaucoup de temps à décliner l’histoire de cette dénomination chez Ferrari). Sauf que Ferrari, dans le cas de sa Speciale Aperta, persiste dans une stratégie très judicieuse consistant à faire de ses découvrables extrêmes des modèles rares, très exclusifs.

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Reprenant ainsi une recette couronnée de succès avec la F430 Scuderia 16M, la Speciale Aperta (« aperta » signifie « ouverte » en italien) se pare de tous les atouts d’une 458 Speciale. A commencer par l’un des plus fameux V8 atmosphériques jamais sortis des ateliers de Maranello. D’une cylindrée de 4,58 litres, ce petit monstre développe 605ch, permettant de propulser l’engin de 0 à 100km/h en 3 petites secondes. Cela n’a rien d’étonnant, quand l’on sait que l’auto pèse seulement 1340kg à vide. Mais plutôt que de vous ennuyer pendant des heures avec les caractéristiques de l’auto, reprenons les propos de Top Gear: « La 458 Speciale est probablement la meilleure sportive de la décennie. » Et avec l’allure de Cerbère qu’arbore la Speciale, l’esthétique de l’Aperta est carrément démoniaque.

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Le traitement de la Speciale Aperta se différencie par des jantes de 20 pouces au dessin unique, ainsi que ses bandes décoratives inédites: une longue bande blanche encadrée de deux fines bandes de couleur bleu NART, s’élargissant puis se prolongeant sur toute la largeur du becquet arrière. Miam! Cet exemplaire de présentation se diapre également d’éléments en carbone bleuté. La colorisation du carbone n’en étant qu’à ses balbutiements, ce procédé est extrêmement coûteux, et seulement peu de teintes sont techniquement réalisables à ce jour. Ferrari n’indique pas si d’autres teintes que le bleu seront disponibles.

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L’habitacle embarque également quelques équipements originaux. Vous aurez certainement remarqué sur les sièges baquets en alcantara des bandes de tissu couleur carrosserie. Il s’agit de tissu technique 3D aux caractéristiques inédites: respirant, ultra léger, et résistant à la compression. Enfin, difficile de passer à côté des placages de fibre de carbone bleuté sur le tableau de bord, la console centrale ou les panneaux de porte. Ce carbone bleu sera l’une des signatures de l’Aperta, et il serait vraiment dommage de s’en priver, tout comme des bandes décoratives, au moment de passer commande. Le tout sera de choisir un ensemble de couleurs se mariant idéalement avec le blanc et le bleu.

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Reste qu’avec seulement 499 exemplaires prévus, mieux avoir déjà passé commande si vous souhaitez vous en procurer une. Les rares bons de commande encore disponibles s’arrachent. Il faut bien comprendre qu’en plus d’être d’ores et déjà une Ferrari fort désirable et très rare, il s’agit de la dernière berlinette à moteur centrale équipée d’un moteur atmosphérique aussi puissant et extrême. L’aboutissement de générations de développement. Dès 2015, la 458 nouvelle génération devrait embarquer un moteur turbocompressé. De quoi étouffer quelque peu les vocalises. Heureux clients déjà servis, comme je les comprends… Le prix? Comme on aime à le dire à Maranello, « si vous demandez le prix, c’est qu’elle est trop chère pour vous. »

Ferrari 275 GTB: tenir son rang!

Temps de lecture estimé: 3’30

Lorsque nous avions évoqué la Ferrari 250 GT Lusso, nous avions remarqué à quel point il devait être difficile d’être à la hauteur de la lignée des Ferrari 250, exercice que la Lusso avait réussi avec brio. Mais imaginez à quel point il dût être ardu de devoir remplacer cette lignée. Comment pouvait-on raisonnablement espérer que l’héritière puisse se montrer à la hauteur d’une lignée d’autos parmi les plus belles de l’histoire? Cette tâche revint à la 275 GTB, qui tint son rang avec brio. Et peut-être même bien mieux que cela…

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Les charnières de coffre sont apparentes depuis 1965, et libèrent de l’espace pour les bagages.

Présentée au mondial de Paris en 1964, la 275 GTB prit la peine d’amener avec elle son lot d’innovations mécaniques. Elle sera en effet la première Ferrari de route à utiliser une suspension à roues arrières indépendantes, sans compter sur la présence d’une boîte à 5 rapports désormais accolée au différentiel, permettant une meilleure répartition des masses sur l’auto. Ce traitement issu de la compétition rendra néanmoins la boîte fragile en utilisation quotidienne. Quant au V12 inspiré du moteur conçu par Gioacchino Colombo en 1947, sa cylindrée s’élève désormais à 3,3 litres, permettant à cette belle mécanique de développer 280ch. Faisons un rapide saut dans le temps, et évoquons les évolutions apparues en 1966: le V12 est désormais pourvu de 4 arbres à cames en tête (l’auto s’appellera désormais 275 GTB/4), et développe désormais 300ch. Cependant, on retiendra davantage le couple supplémentaire et une plus grande souplesse d’utilisation, gage d’un meilleur agrément de conduite.

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Le V12 développe une cylindrée unitaire de 275cm3. D’où l’appellation 275 GTB!

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L’agrément de conduite de la 275 GTB, combiné à de grandes performances, permit à cette berlinette de se faire couvrir de louanges, notamment par José Rosinski, essayeur vedette de Sport Auto à l’époque: « La 275 GTB est supérieurement nerveuse, très agile et rapide. la tenue de route, précise et sportive, comporte les inconvénients de ses avantages. Son confort, la qualité de sa finition, la ligne originale de sa carrosserie justifient un prix d’achat exceptionnel, pour une voiture d’exception. C’est un pur-sang, d’un luxe sans mollesse, d’un tempérament fougueux, qui tire dans les bras et requiert un gentleman-rider expérimenté pour en obtenir le meilleur parti ». Pourrait-on être plus élogieux que cela? Peut-être bien, si l’on se réfère aux propos d’un grand monsieur de la course automobile, Jean-Pierre Beltoise: « C’est avant tout une Grand Tourisme sérieuse et confortable, mais elle a gardé des voitures de course la race, la gaîté de moteur et les qualités routières. La 275 GTB/4 est une des plus belles réalisations automobiles de notre époque ».

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José Rosinski parle d’une « ligne originale », quel euphémisme! La Ferrari 275 reste encore aujourd’hui d’une exceptionnelle beauté. Son immense capot conclu par la présence de phares enveloppés sous de grands carénages, un léger mais fluide décrochement des ailes arrière débouchant sur une poupe tronquée, simplissime, le tout enveloppé dans de petits butoirs chromés. Avec néanmoins une once d’agressivité que lui confèrent ses ouïes d’aération sur les flancs et l’arrière des arches de toit. La GTB ne renierait guère ses liens de parenté avec les requins, l’élégance en plus. Seul reproche, les roues à rayons Borrani équipant l’auto illustrant cet article, sont désormais optionnelles. De série, elles cèdent leur place à des roues Campagnolo nettement moins élégantes. Indéniablement, la 275 GTB reste l’une des plus belles autos de sa génération.

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Reste à saluer la qualité de sa finition. La planche de bord se pare désormais de cuir en lieu et place du bois, tandis que le tachymètre et le compte-tours retrouvent leur place légitime, après l’erreur de parcours de la Lusso… De sublimes petits baquets recouverts de cuir combinés au volant Nardi en bois vous replongent dans l’atmosphère des années 60, et l’on s’imagine aisément parcourir les routes du Tour Auto à son volant, les mains gantées de cuir tenant fermement le cerceau de bois, sur les traces déjà mythiques des 250 GT Tour de France…

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Il reste aujourd’hui difficile d’imaginer que la 275 GTB fit son apparition seulement 2 ans après le limogeage tonitruant de certains des plus brillants ingénieurs de Maranello. Après la 250 GTO, la nouvelle fine équipe du Commandatore  parvint à créer un nouveau chef d’oeuvre. C’est dans les périodes les plus troublées de l’histoire que naissent de grandes choses… Merci Pininfarina, merci Scaglietti, d’avoir su donner corps à la plus belle Ferrari de l’histoire.

La 275 GTB/4 illustrant ces lignes, l’une des deux seules au monde livrées en noir, intérieur noir, est à vendre chez JD Classics.