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Visite au musée des Mille Miglia (partie 1)

Lorsqu’une histoire arrive à son terme, celle-ci finit inexorablement par disparaître des mémoires. Ce que l’on en retient après quelques décennies se résume à quelques bribes de souvenirs, trois ou quatre phrases aux accents légendaires, et voilà tout. Ceci est précisément le cas des Mille Miglia, dont la dernière édition eut lieu voici près de soixante ans. Lais afin de faire perdurer la mémoire de cette course légendaire, il existe un petit musée situé à Brescia, en Italie. Raison suffisante pour y faire un détour…

Il fut un temps, fort lointain, où le grand prix d’Italie se déroulait à Brescia. Lorsque celui-ci quitta Brescia, deux amateurs fortunés décidèrent de créer une course automobile dont le départ et l’arrivée prendraient place à Brescia. N’ayant pas peur de voir les choses en grand, ils imaginèrent un circuit long de 1608 kilomètres, soit Mille Milles.  La difficulté de l’épreuve attira rapidement les plus grand constructeurs de l’époque. Ce sont ces autos datant de la période allant de 1927 à 1936 que nous vous proposons de découvrir aujourd’hui.

Aston Martin figurait parmi les premiers participants à cette grande épreuve.

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On comptait également Bentley, à l’époque où le constructeur britannique récoltait les succès avec ses moteurs 4,5 litres.

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Avant de lancer leur propre marque, les frères Maserati furent impliqués dans d’autres projets automobiles, à l’image de cette Alfa Maserati Prete. Les panneaux de carrosserie étaient encore réalisés de façon artisanale. La trace des coups de marteau sur la tôle est sensationnelle.

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Au rang des constructeurs disparus figurait également OM.

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N’oublions pas de rappeler que l’un des constructeurs les plus prestigieux de l’époque était français, il s’agissait de Bugatti! Voici une rare opportunité d’examiner une Type 37 sous toutes les coutures.

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De même; il fut un temps où Alfa Roméo régnait sur la planète automobile italienne. Avant l’intouchable 8C, Alfa Roméo construisit la 6C, dont voici l’un des derniers exemplaires en date de 1936.

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A suivre…

Il vous faut ce livre à tout prix!

Si vous aimez les vieilles Bugatti, achetez ce livre. Si vous souhaitez découvrir les vieilles Bugatti, achetez ce livre. Si vous vous moquez royalement des vieilles Bugatti, achetez-le quand-même! Si vous n’avez jamais entendu parler d’Antoine Raffaelli, prenez le temps de lire cet article. Vous regretteriez vraiment de ne pas le faire…

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Je n’ai jamais éprouvé le moindre intérêt pour les Bugatti anciennes. J’ai certes toujours su reconnaître une Type 35, mais son allure frêle de boîte de conserve à roulettes m’a toujours rebuté. Et c’est peu de le dire, les Bugatti m’ont toujours semblé inconduisibles, archaïques, et pas forcément très belles, à l’exception notable de quelques chefs-d’oeuvre. Mais un jour, en consultant distraitement une annonce pour une Bugatti Type 35 à vendre, j’entends parler d’un chasseur de Bugatti, un certain Antoine Raffaelli, qui y aurait consacré sa vie. Un joyeux illuminé comme je les aime, me dis-je, qui aura passé sa vie à rassembler des archives plein son grenier, comme un sorcier prenant soin de ses grimoires.

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Ce que je n’avais pas prévu, c’est qu’Archives d’une passion, son livre, soit l’ouvrage consacré à l’automobile le plus passionnant que j’aie jamais lu. Non content de posséder des archives parmi les plus complètes du monde, Antoine Raffaelli a surtout consacré sa vie à chercher, dénicher, restaurer, acheter et revendre ces Bugatti anciennes à des collectionneurs du monde entier. Sans lui, la collection Schlumpf ne serait pas le dixième de ce qu’elle est. Car l’ouvrage d’Antoine Raffaelli est une succession d’anecdotes toutes plus incroyables les unes que les autres. Alors que l’on pense qu’il n’a plus rien à dire, il se relance dans une histoire à couper le souffle, émouvante, triste, drôle, mais toujours si incongrue!

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Je ne résiste pas au plaisir de vous retranscrire l’une de ces anecdotes si étonnantes:

« Un jour, je vois entrer un couple inconnu qui va droit à ma voiture. L’homme l’examine sous toutes les coutures, puis il s’approche.
– Bonjour, me dit-il, je suis intéressé par votre Jaguar. Combien en voulez-vous?
– Elle n’est pas à vendre.
Il balaie d’un geste mon objection.
– Je la veux tout de même. Dites vos conditions.
– Je répète, elle n’est pas à vendre. C’est ma voiture et je n’ai pas l’intention de vous la céder.
Il ne se tint pas pour battu, se tourne vers sa femme et lui demande de lui passer la serviette en cuir qu’elle tient sous le bras. Elle la lui tend, il l’ouvre et en extrait des liasses de 100 000 francs (nous sommes en 1958, ndlr). Je le regarde sans comprendre. Il sourit et commence à lancer le plus tranquillement du monde des liasses de 100 000 francs sur le capot.
– Vous m’arrêterez quand vous jugerez que le paiement est suffisant.
Je n’en crois pas mes yeux, il a l’air sérieux, parfaitement sain d’esprit et maître de lui. Evidemment je ne veux pas l’arrêter tout de suite, je veux savoir jusqu’où il ira. Il poursuit son manège sans broncher. Les liasses continuent de tomber. Il y en a déjà un joli tas. Je calcule mentalement mais je m’y perds, tout cet argent me tourne un peu la tête et s’il allait tout reprendre?
Au bout d’un certain temps, je finis par céder à son argumentation terriblement convaincante. Je viens de faire connaissance de Jean-Louis Dumontant et de sa femme. Mon futur associé. »

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Incroyable, comme je le disais. Et toutes les pages de l’ouvrage sont de cet acabit. Je ne vois pas d’autre façon de le dire: malgré quelques fautes d’orthographe agaçantes, cet ouvrage est le meilleur livre consacré à l’automobile que je connaisse. Et quel que soit l’intérêt que vous portez aux Bugatti, il vous le faut d’urgence. Point barre.

Images: Peter Aylward pour Classic Driver