Quand Maria Sharapova découvre le nouveau Boxster Spyder

Temps de lecture estimé: 1’10

Nous savions depuis longtemps que Porsche maîtrisait l’art de se mettre en scène. Et lorsque votre égérie se nomme Maria Sharapova, quelle meilleure opportunité que le charme so british de Londres et son tournoi de Wimbledon afin d’utiliser les charmes de mademoiselle Sharapova? A moins que ce ne soit elle qui ait décidé d’user des charmes du Boxster Spyder.

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Il faut dire que depuis son lancement en avril, le petit roadster musclé a fait chavirer bien des coeurs, et non des moindres! De nombreux lecteurs ne sont pas sans savoir que l’un des journalistes les plus influents de la sphère Porsche en France s’est lui-même laissé séduire, n’oubliant pas au passage d’opter pour un Orange Gulf tout à fait approprié. Mais une couleur aussi criarde aurait sûrement mis à mal le flegme légendaire des sujets de sa Majesté, aussi notre Boxster londonien s’affiche-t-il en Bleu Saphir. Un choix qui ne nous déplaît en rien, puisqu’il s’agit de notre couleur favorite sur le roadster aux dents longues.

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Les beaux yeux de Maria Sharapova n’étaient certainement pas nécessaires afin d’attirer le regard sur le Spyder, mais il n’en reste pas moins que l’association de ces deux championnes allie, c’est bien le cas de le dire, charme, élégance et sportivité en formant un cocktail tout à fait approprié.

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Et pour les messieurs qui auraient déjà craqué pour le Boxster Spyder (cela vaut également pour tout autre modèle estampillé du petit cheval de Stuttgart) au grand dam de madame, qui avait bien d’autres projets en tête, voici une petite astuce que nous serons les seuls à vous dévoiler, mais qui pourrait tout à fait fonctionner: la robe de Maria Sharapova provient de chez Alexander McQueen, et les talons sont confectionnés par Tabitha Simmons. Voilà, vous n’aurez plus d’excuse!

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La première victoire de Porsche au Mans: 1970

Temps de lecture estimé: 2’00

Nos lecteurs ne sont pas sans savoir que notre constructeur favori a réalisé un doublé historique lors des 24 heures du Mans 2015, portant désormais à 17 le nombre de victoires attribuées à Porsche. L’occasion parfaite afin de lancer une petite rétrospective de toutes les victoires du constructeur dans la course la plus mythique au monde. Quelques images, quelques lignes viendront désormais éveiller chaque vendredi soir pendant dix-sept semaines. Commençons avec l’année 1970.

La victoire en 1969 leur avait pourtant échappé pour si peu. Après une bataille homérique, entre Gérard Larrousse dans sa Porsche 908LH et Jacky Ickx dans sa Ford GT40 se dépassant continuellement, Larrousse fut contraint de lever légèrement le pied dans le dernier tour en raison de freins usés jusqu’à la corde. Offrant une cinquième victoire de rang à Ford pour seulement 130 mètres.

C’est donc avec une armada de 917 totalement nouvelles que Porsche débarqua au Mans en 1970, motorisées par des 12 cylindres de 5 litres développant la puissance titanesque de 580ch. Les sept Porsche 917 ne seraient toutefois pas de trop face à onze (!!) Ferrari 512S emmenées par de talentueux pilotes. L’édition 1970 se déroula sous une météo désastreuse, ne donnant que davantage de prestige à cette première victoire décrochée par le duo Hans Herrmann – Richard Attwood sur la 917K n°23 portant les couleurs de Porsche Salzbourg. Cette première victoire fut également un premier triplé, puisque le podium fut complété par une seconde 917LH (Larrousse-Kauhsen) ainsi qu’une « vieillissante » 908/2 (Lins-Marko).

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Pour la petite histoire, la plupart des 917 portaient la désormais légendaire livrée Gulf, puissant soutien financier de l’écurie John Wyer Automotive. Désireux de satisfaire ce très important client, Ferry Porsche lui promit de lui fournir les 917 les plus à la pointe afin de bénéficier des meilleures chances de victoire. Une promesse qui ne fut tenue qu’à moitié, puisque Ferdinand Piëch s’assura que l’écurie Porsche Salzburg ait à sa disposition une 917  encore plus évoluée. Ce qui n’est guère une surprise, si l’on veut bien se rappeler que Porsche Salzburg appartenait en partie à la famille Piëch…

Enfin, sachez que la 917 rouge et blanche du musée Porsche n’est pas la véritable auto victorieuse au Mans. Il s’agit en vérité du châssis 001, restauré par l’usine afin de lui donner l’apparence de l’auto victorieuse. Aux dernières nouvelles, la vraie 917 n°23 serait la propriété du collectionneur brésilien Carlos Monteverde. Ce banquier possède également une seconde 917 reproduisant la livrée rouge et blanche, qu’il utilise dans des événements historiques. La véritable 917 victorieuse au Mans ne se risque plus sur les circuits, ou très peu.

Crédit photo: Porsche AG

Singer dévoile sa première 911 Targa!

Temps de lecture estimé: 2’20

Ca y est, c’est elle! Nous vous l’annoncions il y a quelques semaines alors que Montana venait de crever l’écran, la 911 Targa restaurée par Singer est désormais une réalitée. Présentée le 25 juin à l’occasion du Festival of Speed de Goodwood, elle nous délivre tous ses secrets de fabrication. Et quelques détails croustillants…

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Que l’on aime ou non la Targa, force est d’admettre que la dernière création du préparateur californien est un véritable canon de beauté. Discrète, avec sa livrée gris ardoise et ses petits pare-chocs façon Touring (rappelons qu’il s’agit là d’une coûteuse option comme seul Singer sait en inventer), elle ne laisse que mieux admirer son superbe arceau en nickel plaqué. Le travail du nickel est devenu l’une des spécialités de Singer, dont les petits pare-chocs arrière dans le matériau éponyme font un tabac chez les clients. Ce n’est pas par hasard que Singer a opté pour ce matériau afin de mettre l’arceau en valeur: il fait également écho aux premières Targa de 1965, dont l’arceau était en aluminium poli.

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Notons toutefois que l’arceau de la Singer présente une signature esthétique unique: les deux fentes verticales de part et d’autre des montants l’arceau. Au contraire, la 911 Targa de 1965 possédait un arceau fendu de trois louvres, tandis que la 964 devait se contenter d’un arceau sans la moindre signature. Il faut dire qu’à cette époque, il était désormais noir mat, et que la Targa ne rencontrait plus tellement le succès…

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Le cuir tressé et les sièges Touring ne laissent a priori aucun doute sur la vocation de l’objet: les promenades touristiques. On remarquera d’ailleurs à quel point la combinaison de gris et d’orange étonne par son élégance. Le toit de la Targa est à lui seul une petite merveille: composé de panneaux de fibre de carbone, il est recouvert d’un habillage de cuir du plus bel effet. Notez qu’il est toujours possible de plier le toit afin de le ranger dans sa housse de cuir orange, dans le compartiment à bagages. Cela ne fait aucun doute, Singer a pensé à tout, et a encore frappé très fort. Il faut dire que l’option Targa ajoutant un supplément de prix de 45 000$, la moindre des choses était de réaliser un travail irréprochable.

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Contre toute attente, la toute première Targa de l’histoire de l’atelier californien, désormais fort de plus de 40 employés, adopte une configuration mécanique particulièrement aboutie. Le flat 6 a vu sa cylindrée portée à 4 litres par les mains expertes d’Ed Pink Racing, permettant au moteur d’afficher la puissance très confortable de 390ch ainsi que 315Nm de couple. Ajoutez à cela une boîte 6 vitesses empruntée à la 993 et les amortisseurs réglables Öhlins dignes d’une voiture de compétition, vous aurez alors un ensemble pour le moins inattendu sur une 911 Targa. Cela étant, Porsche nous avait bien gratifié en son temps d’une 911 Turbo Targa, cela n’est donc pas si farfelu.

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Singer vient indéniablement de changer de statut. Alors qu’il n’était jusqu’à présent qu’un petit préparateur mono-produit, le petit sorcier américain démontre aujourd’hui ses compétences et sa capacité à s’attaquer à des chantiers innovants, nécessitant de longues heures de recherche et de travail. La plupart des porschistes de la planète se demandait si Singer n’était qu’un simple effet de mode, mais sa capacité à élargir sa gamme prouve qu’il est désormais nécessaire de considérer Singer comme un préparateur parti pour durer, et pour écrire une nouvelle page très exotique de l’histoire Porsche.

Crédits photos: Drew Phillips

Les chiffres amusants des 24 heures du Mans 2015

Temps de lecture estimé: 3’20

Nous pensions avoir tout vu, tout lu, tout entendu à propos de la victoire de Porsche aux 24 heures du Mans 2015. Des records, un équipage de rookies, un célèbre acteur sur le podium, des 911 en flammes, la fin de la suprématie d’Audi, il n’y avais vraiment rien à dire qui n’ait déjà été abordé. C’est mal connaître notre constructeur préféré, jamais à court d’idées afin de nous surprendre. A ce jeu, Porsche s’est amusé à rassembler plusieurs séries de chiffres afin de donner à sa victoire une tout autre perspective. Comme vous allez le voir, l’exercice est aussi amusant qu’instructif!

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• L’auto victorieuse a parcouru 385 tours, soit 5 382,82 kilomètres. Ce n’est que deux tours de moins que le record détenu par Audi depuis 2010.

• La 919 Hybrid victorieuse a roulé à une vitesse moyenne de 224,2km/h.

• La vitesse maximale enregistrée pour une 919 Hybrid lors de la course était de 340,2km/h, le samedi après-midi à 16h40. Mark Webber était au volant.

• Les 919 Hybrid ont généré et consommé 2,22kwH (8 mégajoules) d’énergie électrique par tour. S’il s’agissait d’une centrale électrique, l’énergie produite suffirait à alimenter un foyer pendant trois mois.

• L’écurie Porsche Motorsport était composée de 120 personnes.

• Les LMP1 Porsche ont observé en tout 90 arrêts aux stands, 30 pour chaque auto.

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• 26 de ces arrêts aux stands donnèrent lieu à un changement de pneus et de pilotes.

• Le relais le plus long réalisé avec un seul train de pneus par chacune des trois voitures s’éleva à 54 tours. Ces performances furent réalisées respectivement par Mark Webber dans la n°17, Neel Jani dans la n°18, et Nico Hülkenberg dans la n°19.

• En tout, 116 pneus furent utilisés pour les 919 Hybrid pendant la course.

• Une jante et son pneu pèsent 19,9 kilogrammes. Ce qui signifie qu’en 24 heures, les mécaniciens ont soulevé et déplacé 2308,4 kilogrammes.

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• L’arrêt aux stands le plus rapide réalisé par l’écurie Porsche, incluant un changement de pilote et de pneus, a été réalisé en 1’13″90.

• De même, l’arrêt aux stands le plus rapide pour un ravitaillement dura 51″30.

• Les trois Porsche passèrent un total de 95 minutes et 36 secondes aux stands. Les trois autos de la deuxième meilleure écurie passèrent quant à elles un total de 130 minutes aux stands.

• La 919 Hybrid victorieuse a consommé 1 896 litres d’essence.

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• La boîte de vitesses de la 919 Hybrid victorieuse a encaissé 25 293 changements de rapports.

• Neel Jani est le pilote ayant conduit le plus longtemps. Il est resté au volant pendant dix heures et dix minutes. Au volant de la Porsche victorieuse, Nico Hülkenberg s’est montré le plus assidu en pilotant pendant 8 heures et 52 minutes.

• De tous les pilotes Porsche, Mark Webber est celui ayant perdu le plus de poids au cours des 24 heures. Au début de la course, il pesait 81,2 kilogrammes. Au terme de la course, la balance affichait 78,2 kilogrammes.

• Remplacées lors de chaque ravitaillement, les bouteilles de boissons énergisantes des pilotes avaient une contenance de 0,85 litre.

• On ne déplora que très peu de casse, et peu de pièces furent changées durant la course: la 919 Hybrid n°19 fut la plus gourmande en raison du double remplacement de sa face avant. Quant à la n°19, elle bénéficia du remplacement préventif du cache moteur et de l’aileron à la faveur d’un arrêt aux stands sous safety car.

• Au cours des 24 heures, les trois 919 Hybrid eurent besoin d’un ravitaillement en huile de seulement un litre.

• Les pare-brises des 919 Hybrid étaient équipés de quatre films plastique qu’il était possible de retirer au fil de la course afin de restaurer une meilleure visibilité pour les pilotes.

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• Le samedi à 16h00, on releva la température ambiante la plus élevée de la course, à 25C°. La température ambiante la plus faible fut relevée durant la nuit, de 3h00 à 7h00: 16C°.

• La température la plus élevée enregistrée dans l’habitacle d’une 919 Hybrid fut 27C°.

• La nuit a duré précisément 8 heures. Le coucher de soleil s’est produit à 21h59, et le lever de soleil à 5h59.

• En 24 heures, chaque auto a transmis 13,5 gigabytes de données à son équipe.

• Le safety car est intervenu à quatre reprises, interrompant la course pendant un total de 195 minutes.

• Et dernière information chiffrée, peut-être la plus importante: après trois épreuves du championnat du monde d’endurance 2015 (WEC), Porsche est en tête du championnat avec 140 points, talonné par Audi et ses 124 points, tandis que Toyota est à la peine, avec seulement 71 points.

Crédits photos et informations: Porsche AG

La mystérieuse « Voiture de sport du Futur » de Porsche

Temps de lecture estimé: 2’40

Si vous vous demandiez quelle logique a dicté le choix de couleurs des 919 Hybrid ayant couru aux 24 heures du Mans, rassurez-vous, Porsche a pensé à tout! Le constructeur a en effet publié quelques images détaillant très simplement leur vision de l’histoire Porsche. Avec, à la clé, une possible « Voiture de sport du Futur » ayant de quoi attiser notre curiosité.

Trois clichés, mais quels clichés! Le plus simple étant de les reprendre dans l’ordre: en premier lieu, la 919 Hybrid habillée de rouge et de blanc. Cela n’aura pas échappé aux passionnés, celle-ci est un clin d’oeil au passé, puisque la 917 ayant remporté la première victoire de Porsche aux 24 heures du Mans était drapée d’une livrée rouge et blanc. Profitons-en pour rappeler que l’auto, qui remporta la course avec à son volant Hans Hermann et Richard Atwood, était engagée par Porsche Salzbourg. Un ensemble de couleurs qui ne manqua pas de porter chance à la 919 Hybrid n°17, puisqu’elle se hissa à la deuxième place de l’édition 2015 de la course mancelle.

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La livrée noire et blanche est certainement la moins évidente. Celle-ci fait écho à l’histoire actuelle de Porsche, avec en apothéose sa fabuleuse 918 Spyder dont la production vient de toucher à sa fin. Mais pourquoi le noir, alors que la 918 Spyder fut systématiquement présentée en Argent Liquide Métallisé? Tout simplement parce que la 918 Spyder qui décrocha un chrono ébouriffant de 6’57 » sur la boucle nord du Nürburgring était noire mate. Il faudra malheureusement faire l’impasse sur les décalcomanies Martini, mais le liquoriste n’accompagne plus Porsche en compétition. On ne peut également s’empêcher de penser que, en raison du tarif indigeste de l’Argent Liquide sur la 918 Spyder (48 000€), il aurait été bien trop coûteux de peindre une 919 Hybrid de la sorte!

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La livrée blanche est de loin la plus banale, puisqu’elle habille les 919 Hybrid depuis leur retour en compétition. Elle incarne manifestement le futur de la marque. A cet égard, il est tout à fait opportun que la 919 Hybrid n°19 blanche et noire ait remporté la course, puisque cela permet à cette livrée de s’inscrire durablement dans l’histoire du constructeur. L’avenir nous dira si celle-ci deviendra emblématique, mais il est bon de voir que Porsche parvient à inscrire de nouveaux repères visuels pour les générations futures, en bonne place à côté des Gulf et autres Martini dont les lettres de noblesses prenaient peu à peu la poussière.

Mais puisque cette livrée blanche évoque le futur de Porsche, quelle est donc cette future Porsche à laquelle nous pouvons nous attendre? Les pistes les plus folles sont évoquées par les amateurs: une nouvelle 928? Une sportive à moteur central empruntant le V8 de la 918 Spyder, comme le laissait augurer une hypothétique 961? Il est vrai que l’arrière de l’auto masquée semble inédit, mais nous pensons toutefois que la réponse est un peu plus simple. Oui, l’auto est très large, mais la face avant ressemble à s’y méprendre à la 911! Il y a donc fort à parier que nous soyons en présence d’une nouvelle déclinaison de 911.

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Greffer un V4 de 919 Hybrid dans la 911? Cela est absolument impossible, et cela n’arrivera pas non plus pour la gamme Cayman, qui bénéficiera d’un flat 4 turbo, d’autant que le moteur de la 919 Hybrid est nettement plus coûteux. Mais puisque la 919 incarne l’avenir, cela signifie que certaines de ses technologies se retrouveront un jour ou l’autre dans les Porsche de série, d’autant que son arrivée sur la 911 aurait été confirmée. Ce qui ouvre un boulevard à sa technologie hybride, désormais auréolée d’une victoire dans la course d’endurance la plus difficile au monde. Manifestement, le record sur le Nürburgring de la 918 Spyder ne suffisait pas. Voici donc notre conclusion, fort convenue mais également fort probable: la 911 hybride arrive à grand pas. Espérons que cela commence avec la Turbo: imaginez le souffle des turbos et le couple immédiat d’un moteur électrique, cela serait une véritable machine à démolir l’asphalte!

Crédits photos: Porsche AG