Encore une 997 Speedster originale?

Difficile de ne pas dire que je vous refais le coup. Donc, je vous refais le coup, mais c’est pour la bonne cause! Si vous vous souvenez de cette 997 Speedster rouge indien dont nous avions parlé récemment, vous risquez de vous régaler devant ce nouveau Speedster sur commande spéciale. A moins que la couleur retenue ne vous désole, ce qui est plus que probable. Lorsque l’on sait que le bleu profond fut développé exclusivement pour la 997 Speedster, il est assez amusant devoir que certains ne voulaient que du noir.

632-2_000276-2

Quelle ironie tout de même, que de se voir proposer gratuitement une couleur unique, et de préférer débourser 4 200€ pour une couleur proposée dans le nuancier de série, et somme toutes assez banale. C’est pourtant ce qu’a fait le premier propriétaire de ce Speedster. Il est pourtant bien facile de se moquer, car une 997 Speedster noire est si rare qu’une Speedster bleu en deviendrait banal. Vous parliez d’ironie?? D’autre part, difficile de récrier ce choix, tant le noir confère au Speedster une élégance indiscutable, dans la droite lignée des Black Edition. Le noir, à peine relevé par les chromes des jantes Fuchs de 20 pouces n’en est que plus éclatant.

632-2_000276-5

632-2_000276-10

Quant à l’intérieur, il empruntait lui aussi une voie très risquée. Pour des raisons que je peine à expliquer, l’usage de cuir blanc m’a toujours semblé risqué, tant il est éclatant. De fait, son éclat presque éblouissant tend à annihiler l’effet de contraste recherché lorsque l’on en fait usage. Cela était d’autant plus risqué que les motifs contrastants choisis par Porsche Exclusive à l’intérieur du Speedster sont pour le moins clinquants. Il semblent d’ailleurs davantage refléter une époque qu’être destinés à paraître intemporels. Malgré cela, les bandes blanches parcourant les sièges sport ne manquent pas d’allure. Pourra-t-on en dire autant des placages de cuir blanc sur les panneaux de portes et les buses d’aérations? Je ne me risquerai guère à l’affirmer…

632-2_000276-8

632-2_000276-7

Cela étant, les touches de cuir blanc permettent de redonner un peu d’éclat à un Speedster jouant très nettement la carte de la discrétion et de l’élégance. Une image de l’auto capotée révèle les armatures proéminentes de la capote. A ce titre, et bien que la capote du Speedster soit manuelle et moins bien isolée que celle d’un cabriolet conventionnel, elle permet de mesurer les progrès réalisés entre les générations 997 et 991: la capote du cabriolet 991 est entièrement lisse, permettant à l’auto d’avoir un aspect identique à celui d’un coupé. Il ne s’agit que d’un détail, mais celui contribue à accélérer la sensation de vieillissement dont souffre peu à peu la 997, lui conférant déjà à certains égards des sensations d’ancienne. Ainsi va le charme de la 911: à peine une génération ultra moderne est-elle remplacée par des autos encore plus abouties, que l’ancienne génération prend quelques charmantes rides, commençant à écrire les premières lignes de sa longue histoire.

632-2_000276-1

632-2_000276-6

Tout cela pour dire quoi? Que la 997, indéniable canon de beauté capable de rivaliser avec la 993  possède un charme fou (en ce qui me concerne, je trouve les 997 plus belles que les 991), que le poids des années ne ternira pas. Elle restera probablement dans les mémoires comme l’une des générations les plus réussies de l’histoire et les Speedster, comme ceux de chaque génération, s’arracheront. Bleu, blanc, rouge ou noir, le Speedster est d’ores et déjà incontournable. Sublime, et indispensable…

Ce Speedster est à vendre chez Bingo Sports

Le Mans Classic haut en couleurs

On ne le dira jamais assez, le Mans Classic est un événement incontournable pour tout passionné de Porsche. Sur le parking des clubs se trouvent près d’un millier d’autos toutes plus belles que les autres, dont quelques raretés insoupçonnables. Dans cet immense parterre d’autos de rêve, certaines se distinguent par un patronyme unique ou une couleur attachante, si ce n’est, elle aussi, unique. Petit florilège des plus belles beautés de l’édition 2014, à consommer sans modération!

Je ne saurais dire quelle est cette couleur. 1 point de bonus pour le gentilhomme qui saura répondre! (Le point de bonus revient à Etienne Chatry pour avoir identifié un Vert Wimbledon)20140704_104132

Il s’agirait visiblement d’un bleu cobalt pour cette 993 Carrera S. La nuance avec le bleu iris n’est pas forcément évidente.20140704_104151

Turbo 3.6 et Turbo S Leichtbau côte à côte. Insoupçonnables… Il faudrait des semaines entières afin de pouvoir observer chaque auto.20140704_104359

L’histoire ne nous dira pas si ces bandes Martini sont d’origine sur cette 930 Turbo, manifestement inspirées de la 911 Turbo du célèbre chef d’orchestre Herbert von Karajan. Mais qu’importe, quelle réussite!

20140704_115615

Cette 911 préparée dans l’esprit des ST ne manquait pas d’allure, et aura attiré plus d’un curieux!20140704_115819

Les couleurs ne sont pas dans l’ordre, mais les RS  se sont distinguées par un petit excès de chauvinisme. La Sarthe, ça vous gagne…20140704_120043

Deux superbes 997 Carrera S préparées par Exclusive. Au petit jeu des 7 différences (à l’exception notable du gros Barbapapa), il fallait se pencher à l’intérieur afin de s’en sortir. 20140704_115916

Je décerne le prix du Best of Show à cette 997 Carrera S orange sanguine venue d’Auvergne (nul n’est parfait…)20140704_120008

Ah, toi aussi t’as une verrue?20140704_164906

 

Il y avait plusieurs 911 édition 50 ans, dont ce superbe exemplaire en gris geyser. A vous réconcilier avec le gris!20140704_170045

Les jantes et les chromes contribuent pour beaucoup à sublimer la 911 5020140704_170117

Un jaune éclatant qui devrait ravir un certain horloger bien connu des porschistes!20140704_170223

La Carrera GT était également très entourée. Quel dommage que tant d’exemplaires aient quitté les chaînes en Argent GT métallisé.20140705_121024

Deuxième prix du Best of Show décerné à cette GT3 bleu riviera. Qui a dit que les français n’achetaient que du gris?20140705_121034

C’est beau, une GT3 rouge. Heureux anglais…20140705_153145

Encore dans le creux de la vague, mais guère pour longtemps. Il est plus que temps de s’offrir une de ces 996 GT3 ou GT2.20140705_153059

Les Boxster n’ont pas manqué de se faire remarquer. L’exemplaire bleu saphir au second plan était véritablement superbe.20140705_153158

Les jantes couleur carrosserie transfigurent une auto blanche. A recommander à tous les propriétaires de GT3 blanches. Ou de GT2.20140705_195607

L’unique Delavilla VRS se faisait discrète. Préparée par Michel Bendinelli, il s’agit pourtant d’une véritable pièce d’orfèvre, bien plus belle qu’elle n’y paraît!

20140705_195130

Quoi de neuf? Semaine du 19 au 25 juillet 2014

Un peu de chirurgie esthétique pour le Cayenne

Son arrivée était imminente, c’est désormais chose faite! Le Cayenne a bénéficié d’un léger restylage de milieu de vie, et cela s’accompagne de quelques nouveautés. Porsche n’aura pas perdu de temps en lançant simultanément les Cayenne, Cayenne Diesel, Cayenne S, S Diesel, Turbo, et, c’est la grande nouveauté, le Cayenne S E-Hybrid. Sur le plan esthétique, il n’y a guère de surprises: le bouclier et les ailes avant sont redessinées, ainsi que les feux arrière et un bouclier retravaillés. Ajoutons également des flancs  plus acérés, conférant au Cayenne un petit air de renouveau. Notons enfin des optiques à quatre points lumineux, ce qui est devenu un signe caractéristique des nouvelles productions Porsche. Rien de bien révolutionnaire, et en exagérant un peu, on pourrait se dire que le Cayenne ressemble bien trop à une Peugeot 3008. Les goûts et les couleurs…

Cayenne S E-Hybrid
Le Cayenne S E-Hybrid s’annonce comme la bonne affaire de la gamme Cayenne.
PEUGEOT 3008
Peugeot 3008. Un petit air de famille un brin embarrassant…

Mais laissons ici ces considérations esthétiques et attardons-nous sur les motorisations, car c’est bien ici qu’il y a du changement. La nouveauté dont Peugeot, pardon, Porsche semble le plus fier est le Cayenne S E-Hybrid. Adoptant des technologies inspirées de la 918 Spyder, il s’agit du premier SUV à employer un système Hybrid rechargeable permettant au Cayenne de parcourir jusqu’à 36 kilomètres en mode tout électrique. La puissance du moteur électrique a été portée de 47 à 95ch, combinée à un V6 bi-turbo développant 333ch. Le cayenne S E-Hybrid développe ainsi 415ch, à comparer aux 420ch du V6 bi-turbo du Cayenne S, et ce pour une consommation nettement moindre. Il faudra donc dire adieu au V8 atmosphérique, mais que les nostalgiques se consolent, car le Cayenne Turbo est quant à lui équipé d’un V8 bi-turbo développant pas moins de 520ch, suffisant pour catapulter l’engin de 0 à 100km/h en 4.5s. A titre de comparaison, cet exercice nécessite 5.5s sur un Cayenne S.

Cayenne Turbo
Le Cayenne Turbo se reconnaît à son allure plus… brutale.

De nombreux efforts ont été réalisés afin de réduire la consommation des nouveaux Cayenne. Passons sur l’abandon de gros moteurs atmosphériques au profit de plus petits moteurs turbocompressés, évoqué ci-dessus, et jetons un oeil à l’aérodynamique. Les nouveaux Cayenne embarquent un système d’aérodynamique adaptative: en l’occurrence, les grilles d’entrée d’air du bouclier avant peuvent s’ouvrir ou se fermer en fonction des besoins en air frais du moteur. La position fermée permet d’améliorer le coefficient de pénétration dans l’air du Cayenne qui, dès lors, consomme un peu moins de carburant. Un élément, oh surprise, également emprunté à la 918 Spyder, et qui sera adopté sur la 911 d’ici peu. Nous vous avions bien dit que la 918 Spyder avait servi à financer les recherches pour l’avenir du constructeur!

Cayenne S E-Hybrid Interieur
Toujours pas de PDK au programme.

Du côté du châssis, reprenons mot pour mot le communiqué de presse: « Les réglages du châssis du Cayenne ont été optimisés afin d’obtenir un bien meilleur confort, et ce, sans rien abandonner de son caractère dynamique. L’écart entre sportivité et confort est ainsi plus grand que jamais, et entérine la prétention du Cayenne d’être la voiture de sport du segment des SUV. » Cela vous semble un peu compliqué? Afin de mieux comprendre, voici ce que les ingénieurs ont probablement transmis au service communication afin de préparer le lancement dans les meilleures conditions: « On n’a pas changé grand chose ». C’était tellement plus simple…

Cayenne Turbo
N’auraient-ils pas un peu forcé sur les images numériques?

Notons également un fait surprenant: le Cayenne s’en tient toujours à la vieillissante boîte automatique Tiptronic S. Pas de boîte PDK à l’horizon. La boîte robotisée à double embrayage n’est probablement pas suffisamment fiable pour encaisser le couple camionnesque du Cayenne sans risquer de mauvaises surprises. Gageons que cela sera pour la prochaine génération.

N’oublions pas, enfin, les prix, que vous retrouverez ci-dessous:

  • Cayenne Diesel: 66 260€
  • Cayenne S: 80183€
  • Cayenne S Diesel: 82 087€
  • Cayenne S E-Hybrid: 82 087€
  • Cayenne Turbo: 128 378€

Soulignons que le Cayenne Hybrid a vu son prix diminuer de 1 000€ par rapport à la génération précédente, et que le constructeur a profité de cette nouvelle technologie afin d’effectuer une petite mise à jour sur la Panamera Hybrid. Le Cayenne et la Panamera étant désormais équipés du même système hybride, les synergies générées ont permis à Porsche de baisser le prix de la Panamera  Hybrid de 6 000€ à compter de ce jour. Comptez désormais 104 221€ pour une Panamera S E-Hybrid.

Qui a mis là 14 millions pour Kyalami?

Serait-ce le début d’une douteuse intégration verticale? Nous n’en sommes pas encore ici, et cela est d’ailleurs fort improbable. Toujours est-il que le constructeur a déboursé dans la semaine par moins de 14.5 millions d’€ afin de racheter le circuit de Kyalami et ses 72 hectares de terrain via sa filiale Porsche South Africa.

Kyalamicompressed

Situé non loin des quartiers d’affaires de Johannesburg et Pretoria, c’est peu de dire que le circuit de Kyalami était particulièrement convoité par nombre de promoteurs immobiliers désireux de détruire le circuit afin de bâtir des bureaux. Cependant, la vente aux enchères aura eu raison de leurs prétentions, et il est fort probable que Porsche conserve le circuit afin de bâtir aux alentours un Centre Expérience Porsche tel que celui en cours de construction au Mans. Une riche idée, tant l’Afrique est la nouvelle terre de conquête des grandes entreprises.

Sources:

Cayenne: communiqué de presse Porsche AG

Kyalami: Auto Moto

Photo du circuit: ici

Photo du 3008: image officielle Peugeot

Le Mans Classic: dans les coulisses du concours d’élégance (partie 2)

Voici la seconde partie des aventures de 906 Chronicles au sein du jury du concours d’élégance du Mans Classic. Rappelons, pour les distraits qui auraient manqué la première partie, que nous y avons défini et expliqué les critères d’évaluation des autos présentes. Prêts pour l’évaluation? En avant!

Il serait trop long et trop fastidieux de détailler chaque auto inspectée, aussi m’attarderai-je avant tout sur des autos en particulier, ou des détails qui attirèrent l’attention du jury. L’une des premières autos à être inspectée fut une 930 Turbo 3.3 de 1988. Les plus attentifs d’entre vous remarqueront qu’il s’agit donc d’une auto équipée de la rare boîte de vitesses à 5 rapports ayant équipé les modèles de 1988 à 1989. Cela ne manquera pas d’être pris en compte lors de la notation finale. Cela étant, cette Turbo nous aura surpris par son authenticité et son état de conservation remarquable. La peinture était totalement d’origine, tout comme l’ensemble des panneaux de carrosserie, parfaitement alignés. L’aspect général de cette Turbo ne manquera pas d’être salué, d’autant que d’autres 930 Turbo participèrent au concours, ce qui permit d’établir de bonnes bases de comparaison. Le Jury se montrera particulièrement regardant sur des détails que seule une observation minutieuse saurait déceler: des jantes Fuchs peintes, ou des protections anti-gravillons peintes dans la couleur de la carrosserie sont éliminatoires. Cette première 930 Turbo entièrement d’origine sera la première bonne surprise.

20140705_201219
Superbe, cette 930 Turbo décrochera finalement la deuxième place du classement youngtimers.

La présence de modèles de la même génération permettra des comparaison établissant la pertinence de nos critères d’évaluation. Cela sera particulièrement flagrant dans le cas d’une 993 Carrera 4 à l’intérieur habillé de bois. Intéressante au premier abord, le jury se montrera finalement impitoyable devant le mauvais alignement des panneaux de carrosserie ainsi que la présence d’élargisseurs de voie. Et ce, d’autant plus qu’une 993 Carrera 2 garée à côté étonnera le jury du fait de son état proche du neuf. Faiblement kilométrée, cette 993 dissimulait bien ses qualités sous un bleu océan métallisé fort discret. Cela étant, la sellerie en cuir bi-ton bleu et gris ne présentait pas le moindre accroc, et semblait avoir été totalement épargnée par les dégâts du temps. A tel point que l’on se serait presque déchaussé avant de monter à bord. Ladite 993 finira de nous ébahir lorsque son propriétaire nous montrera fièrement, et à juste titre, un carnet d’entretien d’origine témoignant du fait que l’auto avait été entretenue depuis près de 20 ans dans le même centre Porsche avec un soin frisant l’obsession. Une simple Carrera 2? Elle devenait d’un coup LA Carrera 2 à mettre dans son garage. Tandis que l’intérieur en bois de la 993 précédente sombrait dans l’oubli…

20140705_201136
Même cette superbe 356 n’aura pas su tirer son épingle du jeu, malgré une présentation originale.

Le sens du détail du jury est parfois incroyable. Il est tout à fait compréhensible que l’on ne puisse accepter un alignement des panneaux de carrosserie imparfait ou la présence de jantes élargies. Mais cela ne sera pas suffisant pour un jury qui, décidément, connaît parfaitement son affaire: régularité des points de soudure, présence des poinçons d’origine, et comble du comble, un membre du jury ira jusqu’à saluer la présence d’un adhésif à l’apparence rabougrie dans le coin du capot avant d’une 993. Ne manquant pas de remarquer ma circonspection, il m’expliquera que ce petit morceau de silicone était en fait apposé sur les coins du capot avant à la sortie de l’usine, et qu’il est particulièrement rare de les retrouver 20 ans plus tard. Par conséquent, nous pouvions raisonnablement penser que l’auto concernée n’avait jamais été accidentée, ni repeinte, et qu’elle avait toujours bénéficié d’un entretien particulièrement soigné. Ce souci du détail aura néanmoins le petit inconvénient d’exclure d’emblée des autos méritantes, telle qu’une superbe 914-6 préparée afin d’adopter l’apparence d’une GT. La préparation mécanique et esthétique était tout à fait soignée, mais le manque d’authenticité de l’auto était éliminatoire. On ne peut pas tout avoir… De même, un incroyable Speedster étroit bleu Gulf aurait probablement gagné le concours, s’il n’avait été question que d’étudier un dossier photographique. A l’origine, ce superbe Speedster était gris métallisé. Bien que la nouvelle peinture ait été réalisée après démontage de l’auto, et avec le plus grand soin, le jury ne pouvait laisser passer un tel manquement à l’origine. De l’importance de l’authenticité, ce qui vaudra plusieurs éliminations d’autos présentant des traces de peinture sans démontage préalable.

20140705_152259

Mais les deux plus grandes surprises de ce concours d’élégance viendront des Porsche à Moteurs Avant, récemment mises à l’honneur dans nos colonnes. Ce sont pas moins de deux PMA qui s’inviteront sur le podium du classement des Youngtimers. Deux autos aux profils nettement différents. Nous attribuerons la troisième place de ce concours à une Porsche 924S comme neuve. Son propriétaire, fou amoureux de « l’auto de [ses] 15 ans », n’aura épargné aucune dépense afin d’en faire restaurer un exemplaire chez les frères Almeras. Pas moins de 30 000€ avaient été investis dans la restauration; le jury tout entier en restera pantois. Cette 924 était probablement plus belle que le jour de sa sortie d’usine. D’aucuns se rappelleront certainement ici du fait que les critères d’évaluation semblaient sujets à débat. Rare, une 924S? Dans cet état, cela est quasiment introuvable. Quant à l’authenticité, cette auto sortait certes de restauration, mais celle-ci avait été faite dans les règles de l’art, avec des pièces d’origine, l’auto restait donc conforme à ce qu’elle était en sortant des chaînes de production.

20140705_201131
Troisième place du classement Youngtimers pour cette magnifique 924S.

Quant à la grande gagnante de ce concours, il s’agit d’une 968 Clubsport immaculée. Dans un tout autre style que la 924S évoquée ci-dessus, cette 968 était entièrement d’origine, et jamais restaurée. Affichant une présentation esthétique irréprochable, elle ne manqua pas de se distinguer par son faible kilométrage justifié, mais surtout par le fait tout y était d’origine, et dans un état proche du neuf. Entretenue avec le plus grand soin, elle aurait ébloui plus d’un amateur. Avis aux 911istes dédaignant les moteurs avant, il est plus que temps de cesser de toiser les propriétaires de PMA, tout aussi passionnés, sinon davantage tant la passion pour les PMA ne peut que difficilement s’accompagner d’une démarche statutaire.

20140705_201146
Le prix du Best of Show ira à cette 911 2.2E Targa à la combinaison de couleurs très originale: bleu Albert, sellerie rouge. Et entièrement d’origine…

Tant de choses pourraient encore être contées à propos du concours d’élégance. De nombreux témoignages des propriétaires ayant assisté à l’évaluation, que je préfère taire afin de préparer les futurs concours d’élégance des clubs Porsche dans les meilleures conditions, en améliorant encore la qualité des évaluations. Cette expérience privilégiée démontre à quel point le monde Porsche peut-être complexe à appréhender, tant les autos regorgent de détails qu’une vie entière ne suffirait à retenir tous. Merci encore à Gilles Texier, ainsi qu’à tous les membres du jury et aux propriétaires des autos, qui auront accepté de se prêter à un jeu parfois cruel, mais qui en vaut la peine…

20 minutes de folie à bord d’une 911 RSR

La scène Porsche américaine est décidément remplie de passionnés totalement illuminés. Dans ce petit monde rempli de personnages atypiques parmi lesquels les plus célèbres s’appellent Magnus Walker ou encore Rob Dickinson, un nouveau venu fait beaucoup parler de lui ces derniers temps. Son nom? Lehman Keen. Il est loin d’être inconnu des initiés, puisque Lehman Keen a fait de sa passion son métier: il est aujourd’hui pilote officiel pour l’écurie Alex Job Racing, et compte à son actif, entre autres, une victoire en 2010 aux 12 heures de Sebring, une deuxième place aux 24 heures du Nürburgring ou encore un podium en GT2 aux 24 heures du Mans. Il a d’ailleurs fait parler son coup de volant pour des écuries renommées telles que le Dempsey Racing ou la mythique écurie Brumos Porsche. Cela étant, il s’est illustré ces dernières semaines en achetant une épée.

Une épée? Ce n’est pas si simple que cela. Grand amateur de Porsche à ses heures perdues, et partageant cela avec son père McGrath, les deux hommes se retrouvèrent un jour autour d’une vidéo présentant une réalisation d’Akira Nakai, célèbre au Japon pour avoir fondé RWB. Surnommé Nakai San, il a pour habitude de préparer des 911 en leur offrant un considérable élargissement des voies, faisant passer la 993 GT pour une danseuse étoile. Subjugués par la réalisation de RWB, les Keen décidèrent de commander leur propre RWB à Nakai San, et l’auto fut surnommée Naginata, qui n’est rien d’autre que le nom d’un sabre japonais. Puisque les images valent mieux qu’un long discours, je vous laisse découvrir dans la vidéo ci-dessous la fameuse Naginata:

On aime ou on déteste, tant l’identité visuelle de RWB est exubérante. Ses préparations sur base de 933 parviennent à préserver des lignes un peu plus harmonieuses (!!), mais l’intention est tout autre: la brutalité à l’état pur, et Nakai San est l’un des maîtres en la matière, tant il est difficile d’élargir une Porsche sans la ruiner totalement.

Mais Lehman Keen ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Passionné de Porsche et pilote automobile sont des qualités (ou des vices?) faisant parfaitement la paire, et forment une base idéale afin de participer, disons, au Mans Classic. Pas pour regarder, non! Pour piloter.  C’est donc à bord d’une 911 3.0 RSR d’une valeur dépassant le million d’€ que l’on retrouva Lehman Keen au cours de cette édition. Et comme vous le verrez ci-dessous, Leh possède un sacré coup de volant, puisqu’il parvient à tenir la dragée haute à une 935 pourtant bien plus puissante qui ne lui laisse aucune chance en ligne droite. Certains d’entre vous pesteront certainement en constatant que cette vidéo embarquée dure plus de 20 minutes. Mais rassurez-vous, une fois que vous aurez commencé le visionnage, je doute que vous puissiez en décrocher, quoi qu’il arrive…

Le site internet de Lehman Keen