Une 917 hors du commun mise aux enchères

Il existe sur le marché des prototypes historiques de course une règle théorique permettant de définir le prix d’une auto: sur chaque modèle de course bénéficiant d’une cote connue de rares professionnels, deux paramètres peuvent influer sur le prix d’une auto. En premier lieu, l’état général, assorti du degré d’authenticité de l’auto peut pousser à une augmentation allant jusqu’au tiers du prix de base, ainsi que l’historique de l’auto. Plus celle-ci aura marqué son temps, plus il vous faudra débourser d’argent pour vous offrir un morceau de l’histoire automobile. Mais cette règle est purement théorique, et risque de ne point s’appliquer du tout à cette 917, programmée pour exploser les compteurs.

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Le châssis 024 ici présent n’a pourtant rien gagné. 917-024 n’a d’ailleurs que peu couru. Cependant, elle a certainement gagné le coeur de milliers d’amoureux de Porsche partout dans le monde. Mais commençons par le commencement. 024 fut la première 917 engagée en course par le constructeur lors des 1000km de Spa en 1969. Elle possédait alors cette silhouette de grosse 908, et les tests montrèrent que beaucoup de chemin restait à parcourir. Elle était en vérité si désagréable à conduire que les pilotes de premier plan qu’étaient Jo Siffert et Brian Redman optèrent pour une 908. Laissant à Gerhard Mitter et Udo Schutz le soin de piloter la 917.

Gerhard Mitter  manqua une trajectoire en course, ce qui occasionna un léger contact avec le rail de sécurité, néanmoins suffisant pour endommager la suspension. Cela étant, l’abandon fut prononcé bien plus tard, pour cause de casse moteur. Le 12 cylindres était loin d’être prêt pour le Mans. Ce fut la seule course où fut alignée 024 en 1969, qui regagna ensuite l’usine où elle fut stockée jusqu’en 1970. Peu de temps avant l’épreuve mancelle, elle fut équipée d’une toute nouvelle carrosserie de 917K, ainsi que d’un moteur 12 cylindres de 4.9 litres de cylindrée, désormais prête pour son nouveau client, qui n’était nul autre que Jo Siffert en personne. Cependant, Siffert acheta l’auto complète à l’exception du moteur, qui fut loué par l’usine. Un moteur de compétition est loin d’être bon marché, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un moteur fraîchement développé n’ayant pas encore connu la course. Le moteur devait d’ailleurs être restitué à l’usine après les 24 heures du Mans.

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C’est à cette époque que la 917-024 reçut sa fameuse livrée Gulf, puisque Jo Siffert confia l’auto à la société de production de Steve McQueen, Solar Productions, contre un loyer de 5000$ par semaine. Ce même Steve McQueen fit préparer l’auto chez l’écurie John Wyer Automotive ayant remporté de nombreuses courses avec des 917 aux désormais mythiques couleurs de Gulf. En préparation du film Le Mans, 917-024 dut passer les séances de qualifications aux mains de Mike Hailwood et de Brian Redman, ce dernier parvenant à réaliser le meilleur temps des essais. Cela étant, 917-024 ne prendra part qu’aux essais. 917-024 aura néanmoins la chance de porter le n°22 au cours du tournage, ce qui lui garantira la victoire symbolique du film le Mans, juste devant la n°21 de Michael Delaney/Steve McQueen. Rappelons que ce film, probablement celui dont McQueen fut le plus fier, fut un échec relatif à sa sortie. Ce fut d’ailleurs au cours de ce tournage que l’acteur se mit à consommer des acides et connut ses premiers problèmes d’addiction à la drogue.

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Revenons à 917-024, qui resta, sans moteur, la propriété de Jo Siffert jusqu’à son décès prématuré en 1971. La 917 fut alors acquise par un amateur de la région parisienne, qui la stocka dans sa grange sans entreprendre le moindre travail de restauration ni se mettre en quête d’un nouveau moteur afin de faire rouler sa 917. 024 aurait donc entamé un long sommeil de près de 25 années, jusqu’à ce que notre amateur ne décède en 2002, et que sa famille procède à la vente d’une 917 restée dans un état de conservation remarquable, avec sa carrosserie et de nombreuses pièces d’origine, n’ayant souffert que des dégâts d’une immobilisation prolongée et des nuisibles en tout genre ayant élu domicile partout où cela s’était avéré possible. Une restauration minutieuse ayant demandé pas moins de trois années fut alors entamée chez Modena Motorsports qui lui rendit son éclat d’antan, la rendant plus belle qu’elle ne l’a probablement jamais été. Comble du luxe, elle est est désormais équipée d’un véritable moteur douze cylindres d’origine Porsche que Modena Motorsport a pu se procurer aux Etats-Unis.

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Cet immense morceau d’histoire semble avoir tout pour plaire au plus exigeant des collectionneurs: l’une des premières, sinon la première à être engagée en course par l’usine, icône du plus célèbre film de course automobile de ces trente dernières années, propriété de l’un des plus grands pilotes de l’époque, puis stockée dans une grange pendant trente ans, conservant de fait de nombreux éléments d’origine. Et accessoirement, il s’agit de la Porsche la plus mythique de l’histoire. Lorsque l’on sait que certains sont prêts à payer 2 millions d’€ pour une 917 Can/Am sans histoire, il y a fort à parier que 917-024 atteindra les sommets.

Cette 917 sera vendue aux enchères par Gooding le 15 août à l’occasion du concours d’élégance de Pebble Beach à Monterey.

Source: FlatSixes

Quoi de neuf? Semaine du 21 au 27 juin 2014

L’été arrive à grands pas, et cela rime avec actualité famélique, malheureusement. Et ce, d’autant plus que le constructeur devrait retarder le lancement de la GT3 RS en raison des problèmes mécaniques rencontrés par la GT3. Revenons donc sur les quelques actualités secondaires de ces derniers jours.

Il reste des 918 à vendre

L’information vient d’être relayée par Inautonews qui, soit dit en passant, ne communique aucune source. Cela étant, le site d’information croit savoir que Porsche serait d’ores et déjà parvenu à vendre 600 des 918 exemplaires prévus de la 918 Spyder. Un chiffre quelque peu décevant, puisqu’un commercial de Porsche avait daigné me dire en février que plus de 500 exemplaires avaient déjà trouvé preneurs. Le rythme des prises de commande semble donc loin, bien loin de la frénésie de commandes constatée autour de LaFerrariLaFerrariLaFerrariLaFerrariLaFerrari (c’est pas ma faute, c’est Ferrari!), mais laisse penser que Porsche parviendra néanmoins à vendre la totalité des exemplaires prévus, d’ici un an, selon Inautonews. Modérons toutefois notre déception, en nous rappelant que le constructeur avait peiné à écouler ses Carrera GT, n’en vendant finalement que 1270 au lieu des 1500 prévues.

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Tout roule pour Magnus

Les porschistes assidus le savent, le barbu tatoué Magnus Walker, célèbre pour sa collection de 911 Classic a parcouru bien du chemin. Non content d’avoir été invité par Porsche au salon Techno Classica d’Essen, et d’avoir ajouté à sa collection par moins de 4 930 Turbo ainsi qu’une 924 Turbo, notre barbu préféré s’est illustré ces derniers jours en lançant sa propre ligne de jantes, réalisée en collaboration avec Fifteen52. Le dessin s’inspire des Fuchs, tout en apportant une touche personnelle avec des branches évidées. Le style ne sera pas du goût de tout le monde, mais n’a néanmoins rien d’exubérant. Et pour ceux qui auraient manqué l’excellent court-métrage « Urban Outlaw », voici le dernier court-métrage en date, intitulé « Outlaw Fever », où Magnus parcourt les rues désertes de Los Angeles au beau milieu de la nuit, au volant de sa superbe 930 Turbo bleu minerve. Avec, bien évidemment, une présentation de ses nouvelles jantes:

Qui perd gagne

Porsche a perdu le Mans, telle est la triste vérité. Comment le constructeur pouvait-il dès lors se vanter d’un retour en compétition si attendu, alors qu’il fut ponctué par une triste défaite? Telle est le dilemme auquel fut confronté le service de communication du groupe, qui passa certainement une jolie nuit blanche, mais ce ne fut pas en vain, loin s’en faut. Porsche a su rendre hommage à son écurie de course, et faire de cet échec une grande victoire: « Il est possible d’échouer face à un grand défi, tant que l’on s’est battu courageusement. On peut faire face à ses adversaires lorsque l’on sait qui sera là pour nous soutenir. On peut perdre des duels, à condition que cela renforce l’esprit d’équipe. En revanche, la seule chose que nous ne perdrons jamais, c’est notre envie d’en découdre. »

Au delà du langage institutionnel, cela en dit long sur l’envie de renouer avec la victoire qui anime cette écurie. Rappelons que l’engagement de Porsche en LMP1 a été acté pour une première période de 5 années. Cela laisse bien le temps de décrocher cette victoire tant attendue, mais espérons qu’elle interviendra avant cette échéance.

Bleu Riviera: même la 991 s’y met!

Le bleu riviera est toujours un événement. Ce n’est pas parce que 906 Chronicles vous révèle régulièrement des 911 bleu riviera à vendre, comme cette 996 Carrera 4S, qu’il faudrait dès lors sous-estimer la rareté de cette couleur. Alors que cette couleur fut présentée en même temps que la 993 Carrera RS, à qui elle allait à merveille, trouver une 993 RS bleu riviera relève toujours du chemin de croix. Alors imaginez, une 991… Mieux vaudrait sauter dessus sans se poser la moindre question!

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C’est bel et bien ce que 906 Chronicles a déniché! Une 991 Carrera S bleu riviera! C’est à ce genre de coup de feu que l’on réalise l’intérêt du marché allemand: les clients de l’autre côté du Rhin sont capables de tout, du meilleur comme du pire. Mais lorsqu’il s’agit du meilleur, autant ne pas nous en priver! C’est donc à Mannheim qu’il faudra vous diriger, afin de contempler (d’acheter?) ce superbe exemplaire. Il semblerait d’ailleurs que depuis la 997 phase 2, le bleu riviera opère un discret retour en grâce. Cette couleur quasiment introuvable du temps de la 996, est peu à peu redevenue au goût du jour. D’abord, fleurissant sur de rares GT3 ou GT3 RS. Depuis lors, il est devenu un peu moins difficile de trouver du bleu riviera, à tel point que le département Exclusive s’est fendu d’une réalisation remarquable avec un Boxster S drapé de bleu riviera, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Et n’en était d’ailleurs pas à son coup d’essai sur cette génération.

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Dans le cas de cette 991, la simplicité est de mise. Nulle profusion de carbone, aucune option hors de prix, rien que la simplicité d’une 911, fidèle, en cela, à l’esprit originel. L’extérieur se permet bien des jantes de 20 pouces à finition satinée, contrastant avec l’éclat du bleu, mais rien de plus. point de kit moteur X51, laissant la puissance du moteur à 400ch, largement suffisants. Il est d’ailleurs de notoriété publique que le kit X51 est loin d’apporter un agrément supplémentaire. Nulle boîte robotisée PDK non plus. Il faudra vous en tenir à une traditionnelle boîte manuelle à 7 rapports. Les boîtes manuelles seront-elles à l’avenir plus recherchées que les PDK sur la génération 991? Cela paraît difficile à dire, mais tout me porte à croire que non. Nous ne parlons pas ici d’une GT3 RS, et lorsque toutes les boîtes du mondes bénéficieront de palettes au volant, qu’un embrayage sera considéré comme un mécanisme préhistorique, et que la jeune génération d’aujourd’hui sera à la recherche d’une auto ancienne, voudra-t-elle d’un mécanisme compliqué? J’en doute. La transmission la plus simple d’usage sera probablement la plus prisée.

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Mais revenons à l’intérieur de notre 991. Quelques options de choix ont bien été apportées à la commande de ce modèle. Passons sur l’indispensable sellerie cuir, le PCM avec module de navigation inclus, ou encore les phares directionnels au xénon, le régulateur de vitesse ou les sièges chauffants, et concentrons-nous sur un duo d’options bien plus intéressant: le Porsche Dynamic Châssis Control, combiné au Pack Sport Chrono Plus. Le PDCC est un système électronique de gestion du roulis, faisant travailler chaque suspension de façon indépendante, de façon à corriger l’assiette du véhicule en virage, limitant ainsi le roulis et optimisant le passage en courbe. Quant au Pack Sport Chrono Plus, il comprend une suspension active du moteur permettant de limiter l’inertie du moteur dans les virages, et apportant ainsi un surcroît d’équilibre à l’auto. Un ensemble qui promet de belles attaques sur routes sinueuses de l’arrière pays niçois!

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Aviez-vous vraiment besoin de plus? Une Porsche 911 restée fidèle à l’esprit de simplicité originel, qui ne vous rendra pas la vie dure avec ses ribambelles de boutons et de fonctions inutiles. Une Porsche faite pour savourer la conduite, et rien d’autre. Une Porsche 911 qui, grâce à son bleu riviera, s’assume de bout en bout. Assumerez-vous les 85 600€ que vous devrez débourser?

Consultez l’annonce du centre Porsche de Mannheim

 

Une splendide collection de Porsche 993 à vendre

Si avoir le choix est un luxe, il s’agit de loin du plus tragique de notre existence… Et si l’on vous donnait subitement la possibilité de choisir une auto parmi une série de 993 comptant parmi les plus marquantes et les plus exceptionnelles de la gamme, vous seriez probablement bien en peine de choisir: « Choisir ne m’apparaissait pas tant élire que repousser ce que je n’élisais pas » disait André Gide; voici pour vous l’occasion de vous confronter à cette tragédie moderne.

Les témoins de votre supplice contemporain proviennent tous de la même famille: on les nomme 993. C’est parmi ce parterre de divas qu’il vous faudra choisir la belle de votre coeur. Passons en revue les prétendantes, en commençant pas la plus richement dotée. N’y allons pas par quatre chemins, il s’agit tout simplement d’une Turbo S. Les 408ch de la 993 Turbo de série ne suffisant pas, le constructeur proposa donc cette série spéciale équipée de turbos un peu plus gros, permettant au flat 6 de développer 450ch. Aisément reconnaissable à sa carrosserie inédite, avec notamment des entrées d’air dans les ailes arrière, un aileron bi-plan ou un bouclier avant un peu plus agressif, elle est l’une des plus exclusives: seulement 345 exemplaires sortirent des ateliers dudit département Exclusive, qui, d’ailleurs, apposa sa signature sur les placages de carbone recouvrant le tableau de bord. Mystérieux bijoux noir, aux accents de jaune, la Turbo S vous fera goûter Le parfum de la Dame en noir.

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A moins que vous ne préfériez goûter à La petite Robe Noire de la Carrera S. Sublime coupé drapé de la plastique affriolante de la Turbo: jantes, ailes larges, et cet aileron arrière à double grille inspiré des 356 BT6. Un exercice d’esthétique dont vous ne vous lasserez pas, tant ses reflets noirs vous éblouiront de leur splendeur. Une splendeur qui vous emmènera au bout du monde, installé dans les superbes sièges sport habillés de cuir noir: Back to Black, à moins que vous ne craigniez l’overdose…

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Jetez alors votre dévolu sur une autre nuance, au gré de vos envies. Le gris est à l’honneur, accueillons la Targa. L’enfant sage, discrète, ne se révélant qu’à ceux qui sauront reconnaître la ligne de toit si caractéristique, sa vitre de custode en pointe, et ses inimitables jantes démontables de 17 pouces. Avec elle, vous faites le choix de la vie au grand air, sans compromis. De longues promenades vous attendent, interminables pendant lesquelles vous ne saurez vous lasser d’elle. Si par malheur cela devait vous arriver, elle ne néglige pas ses dessous, et celle-ci saura regagner votre coeur en vous dévoilant son aileron à double grille emprunté à la Carrera S. Deux cousines adorables qui se laissent admirer…

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Au gré des vos envies, peut-être aurez-vous envie d’une autre nuance de Grey. Plus érotique. Elle s’appelle RS. Ses meilleurs amis l’appellent Touring. Son aileron, son bouclier plus agressif ne laissent aucun doute: elle vous rendra fou. Demandez-lui ce que vous voulez, elle s’exécutera. Tout, vraiment tout? La RS Touring refuse de tout enlever, et vous bercera dans un cocon presque confortable, composé de superbes sièges sport, de vitres électriques et d’une climatisation. Et parce que son premier amant aimait qu’elle n’enlève pas tout, celle-ci fait partie des 6 rares exemplaires à posséder des sièges arrière. Un exercice qui obligea le constructeur à de coûteux développements, la RS Touring n’ayant été initialement homologuée qu’en stricte deux places pour un ballet en tête-à-tête…

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Ne manquait que le rouge à lèvres. La nudité totale, le plaisir sous sa forme la plus exaltée. Elle se nomme RS Clubsport. La Vénus à la fourrure serait tout aussi adéquat. Tout ce que l’on vous a dit sur sa brutalité ne vous aura donc pas fait reculer. Vous la voulez, vous ne désirez qu’elle. Vous savez qu’elle vous fera souffrir. Elle vous brisera le dos, vous fatiguera les bras, vous accablera de chaleur, et ne se laissera faire, peut-être, qu’au prix d’efforts démesurés. Même ainsi, elle sera toujours prête à vous fouetter à la moindre inattention. Mais en définitive, vous prendrez un plaisir fou, qu’aucune autre n’aurait su vous transmettre. Et son état immaculé vous laissera pantois. Sa rareté fera de vous le membre d’une caste privilégiée. Une caste qui aura osé goûter aux charmes de cet immense aileron, de ce flat 6 rageur, et de cet intérieur dépouillé de tout confort, jusqu’aux baquets habillés de tissu ignifugé. Elle vous brutalisera, mais parce que vous l’avez demandé. Elle agit selon vos désirs. Qui domine qui?

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Aller plus loin serait risquer le meurtre. Chercher plus que cela ferait de vous La bête humaine. Une seule saurait dès lors vous convenir. L’Orange mécanique. Prête à dégainer, adepte du combat rapproché et toujours prête à vous écraser, ne vous fiez pas à son numéro de châssis de simple coupé Carrera. Equipée d’un flat 6 de 340ch, sa carrosserie de Cup, son intérieur totalement dépouillé laissant accès aux fusibles et à un coupe-circuit lui donne l’allure d’un coupe-gorge… Ses freins, son autobloquant et ses syncros de boîte de Cup la rende en effet incisive, sinon tranchante. Elle est faite pour tailler la piste, et découper ses adversaires en tranches. Elle est pourtant la moins chère de toutes. Mais elle en vous donnera le plus. Ca y est, La Mécanique du Coeur s’est emballée…

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Il faudra bien choisir la vôtre. Rendez-vous au Mans Classic pour la vente aux enchères organisée par Artcurial, où les collectionneurs s’écharperont pour gagner les faveurs de ces beautés, pour lesquelles il faudra débourser des sommes folles. 55 000€ pour l’Orange Mécanique, 240 000€ pour la Turbo S. Certains fourbissent déjà leurs armes. Aux armes, et caetera…

La Turbo S

La Carrera S

La Targa

La RS Touring

La RS Clubsport

L’Orange mécanique

Les 24 heures de la 919 n°14

Les 24 heures du Mans 2014 sont bel et bien terminées. Les écuries ont rangé les cartons, monté les autos dans les camions et repris la route. C’est terminé, certes, mais cela n’empêche pas de faire une petite rétrospective de la course de chaque Porsche 919 Hybrid. 906 Chronicles vous a déjà conté la course de la n°20 ici, il est désormais temps de se pencher sur la course de la n°14. Pourquoi la 14 en dernier? Pour deux raisons très simples: la première est que la n°14 a terminé la course, malgré un parcours moins palpitant. La seconde étant que Porsche est revenu en compétition en 2014, le 14 arrivant donc après le 20. Vous vous demandiez pourquoi Porsche avait choisi ces drôles de numéros? Vous avez désormais la réponse! Mais trêve de plaisanteries, nous avons une course à revivre!

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Il y avait beaucoup à espérer de l’équipage formé de Romain Dumas, Neel Jani et Marc Lieb, tant il s’étaient illustrés en qualifications, parvenant à décrocher la deuxième place sur la ligne de départ. Une position qui permettrait à la 919 Hybrid de ne pas trop souffrir de la pression et du trafic des premiers tours de course. Neel Jani parvint à prendre un bon envol, freiné toutefois par un premier ennui mécanique après seulement trente minutes de course. Lancé à pleine vitesse dans les Hunaudières, il vit sa 919 ralentir subitement avant de rester bloquée à 60km/h. Les images retransmises permettaient à Sébastien Bourdais, célèbre pilote reconverti en consultant pour cette édition, de supposer qu’un capteur s’était désactivé, ayant ainsi bloqué ainsi l’auto sur le programme « entrée dans les stands » activant le limiteur. C’est un Neel Jani passablement énervé qui rejoignit les stands, où 9 courtes mais néanmoins précieuses minutes furent perdues afin d’identifier le problème provenant finalement d’une pompe à essence défectueuse. Neel Jani reprit la piste en 51ème position, certainement conscient que les espoirs de victoire de la n°14 venait de s’envoler presque définitivement.

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Mais Le Mans reste Le Mans, et une défaillance des meilleurs n’est jamais exclue. Il fallut donc remonter aux avant-postes malgré de maigres espoirs de victoire. La 919 Hybrid n°14 entama donc une incroyable remontée: lorsque Neel Jani céda sa place à Marc Lieb, la n°14 pointait en 15ème position. Marc Lieb entama un relais régulier, qui lui permit de pointer à la 6ème place du classement général à la cinquième heure, comptant certes quelques tours de retard sur la tête de la course, mais ayant su tirer profiter des conditions difficiles en piste. A 20h40, Romain Dumas prenait à son tour le relais, et se lanca dans un triple relais qui lui permit de reprendre une place supplémentaire au classement général. A 23h12, Neel Jani reprenait la piste pour un quadruple relais sans ennuis. Chaque place serait désormais reprise au prix de gros efforts: la 919 était de retour au milieu de la bataille des LMP1 officielles.

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Marc Lieb était de retour en piste à 2h23 du matin. Son relais allait être entaché de petits soucis mécaniques. A 3H46, il fit son retour aux stands: la pompe à essence de la 919 Hybrid faisait de nouveau des siennes. Une nouvelle intervention qui fit perdre 17 précieuses minutes à la n°14, qui repartit alors en 6ème position. Les performances en piste de Marc Lieb lui permirent de se hisser à la quatrième place à 6 heures du matin, mais une sortie de piste, ainsi qu’un changement de pilote replacèrent la 919 en 5ème position. Romain Dumas prit le volant pour un quadruple relais qui fut le plus long enregistré au cours de ces 24 heures pour un pilote Porsche, au cours duquel il parcourut 777 kilomètres avant de remettre l’auto entre les mains de Neel Jani à 9h42. A midi, l’auto pointait toujours à la 5ème position, laissant augurer d’un résultat honorable pour le constructeur.

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C’est à ce moment précis de la course que la n°14 rentra une nouvelle fois aux stands: la transmission était endommagée, la 919 ne pouvait pas repartir. Peu après, les derniers espoirs de Porsche s’envolèrent lorsque la n°20 connut sensiblement le même problème. Les mécaniciens envoyèrent toutefois la n°14 en piste vers 15h, pour parcourir le dernier tour lui permettant de voir la ligne d’arrivée. Une ligne qu’elle franchira en 37ème position. Les deux 919 auront connu des problèmes globalement similaires: la pompe à essence (tiens donc, un problème qu’avaient déjà connu les 936!), et la transmission. Longtemps la victoire a semblé à portée de main. Espérons que Porsche parvienne à décrocher une première victoire en championnat du monde avant la fin de la saison. Quoi qu’il en soit, nous serons tous au rendez-vous pour Le Mans 2015!

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