Porsche de la semaine: 956

Chers lecteurs, réservez d’ores et déjà votre ticket pour Rétromobile. Peut-être avez-vous toujours en tête la vente aux enchères Artcurial de février dernier, où trônait fièrement la Ferrari Testarossa d’Alain Delon, et toutes ces merveilles adjugées à des prix faramineux? Si vous étiez au bord de la syncope, je vous conseille de ne pas vous y rendre en 2014, car la vénérable maison d’enchères RM Auctions a décidé de se retrousser les manches. Cependant, si vous désirez voir des voitures, vous risquez d’être déçu, car seuls des monuments historiques seront à vendre.

En autres monuments à vendre, cette 956, célèbre et ayant marqué l’histoire de Porsche à plus d’un titre. Elle n’est certes pas l’une des plus titrées, mais elle possède un palmarès enviable, et a certainement trôné sur plus d’un poster d’adolescent du début des années 80. Passons les troupes en revue!

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Elle a retrouvé ses peintures de guerre des 24 heures du Mans.

Rappelons, pour les plus distraits, que la 956 est un prototype né en 1981, à moteur refroidi par eau, développé sous la coordination de Norbert Singer. Elle fut la première voiture de course à être dotée d’éléments aérodynamiques lui permettant de générer un effet de sol, ce qui était révolutionnaire pour l’époque. Dès 1982, l’usine engage des 956 dans le championnat du monde des constructeurs, appuyée par le soutien financier du cigarettier Rothmans. Non sans succès, puisque la 956 réalisé un triplé: la n°1 finira première, la n°2 deuxième, et la n°3 (suspense insoutenable…), troisième. La 956 qui illustre cet article porte les couleurs de Rothmans, et, comble du hasard, le n°3.

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C’est elle, en troisième position!

Eh oui, c’est bien la vraie n°3, numéro de châssis 956-004, que l’on a vue sur toutes les photos d’époque, c’est donc une véritable parcelle d’histoire qui est aujourd’hui mise en vente par RM Auctions. Pour ceux qui feraient la fine bouche, rappelons que la n°1 et la n°2 sont toutes deux propriétés du musée. Mais si, mais si, la n°1 est pendue au plafond du musée, et la n°2 assure le spectacle chaque année au festival of Speed de Goodwood! C’est donc la seule opportunité existante de s’approprier un morceau de la légende de 1982.

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Ici en action aux 1000km de Spa. Ne vous fiez pas au numéro, ils changeaient à chaque course.

Mais son palmarès est loin de s’arrêter en si bon chemin, jugez par vous-même:

1982

  • 24h du Mans : 3ème
  • 1000km Spa 2ème
  • 6h de Fuji : Abandon
  • 9h de Kyalami : 2ème

1983

  • 1000km de Monza : Utilisée aux essais
  • 1000km de Silverstone : Essais
  • 24h du Mans : Essais
  • 1000km de Spa : 2ème
  • 1000km de Brands Hatch : 3ème
  • 1000km de Fuji : essais

1984

  • 1000km de Monza : Essais
  • 1000km de Spa : 6ème
  • 1000km de Sandown Park : 8ème

1985

  • 1000km de Monza : Essais
  • 1000km de Silverstone : Abandon

De nombreux podiums dans des courses prestigieuses, et bien qu’elle n’ait malheureusement jamais connu l’ivresse de la victoire, elle peut se targuer d’avoir été pilotée par les plus grands pilotes de l’époque: Al Holbert, Hurley Haywood, Derek Bell, Jacky Ickx, Jürgen Barth, rien que ça…

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L’auto est splendide, et dans un état mécanique irréprochable.

Il ne lui manque qu’une victoire pour avoir tout juste, mais je pense, une fois n’est pas coutume, que je pourrai m’en accommoder. La beauté longiligne de l’engin, sa livrée légendaire ainsi que son pedigree plus que respectable en font malgré tout l’une des plus exceptionnelles 956 existant. Cela vaut bien un petit billet de 2,2 millions d’euros, non?

Retrouvez l’ensemble des photos prises par RM Auctions ici:

http://www.rmauctions.com/lots/lot.cfm?lot_id=1063820

Ainsi que le palmarès complet de l’auto:

http://www.racingsportscars.com/chassis/results/956-004.html

Porsche de la semaine: 356 Speedster pré-A

Voici une 356 chargée d’un immense palmarès. Partout où elle fut alignée, cette 356 a multiplié les victoires de classe, se permettant d’écraser des concurrentes plus puissantes passées aux mains des pilotes les plus talentueux, bien plus talentueux que ceux qui se relayèrent au volant de ce Speedster. En 17 ans de carrière, cette 356 Speedster de 1955 a glané pas moins de 6 victoires et une deuxième place. Incroyable, mais vrai!

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17 années de compétition, 6 victoires, une deuxième place, et malgré cela, un état général hors du commun. Il faut dire que depuis sa restauration totale en 1995, elle n’a parcouru que 1644 miles. Que voulez-vous, on ne remporte pas 6 victoires lors des concours d’élégance sans consentir quelques sacrifices!

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Ah oui, j’aurais peut-être dû préciser que cette 356 n’a jamais participé à la moindre course. Non, elle était née pour être mannequin, et elle tient son rôle avec brio, faisant honneur aux 356. Il s’agit d’une pré-A, autant dire qu’un Speedster dans cette configuration est pour le moins rarissime. Introuvable serait peut-être plus approprié. Et belle, comme au premier jour, même si nul ne dit que cette combinaison de couleurs soit la combinaison d’origine, force est d’admettre que le rouge lui va à merveille. Mais le plus impressionnant? Non, ce n’est pas la sellerie parfaite en cuir noir recouvrant ces petits baquets si charmants, ni l’état hors du commun de la capote, comme neuve. Le plus incroyable, c’est la présence de l’ensemble des outils d’époque, que ce soit le cric, la roue de secours, ou tout autre outil dont je ne connais ni le nom ni l’usage.

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Ca sert à quoi tous ces trucs?

Son seul défaut, c’est bien de ne pas rouler davantage. Quel dommage de ne pas en profiter, ne serait-ce que pour quelques rallyes touristiques, sans aller chercher le dernier dixième. Quoi qu’il en soit, eu égard à l’état neuf de l’auto, vous pourriez parcourir bon nombre de kilomètres sans vous soucier d’autre chose que du niveau de la jauge à essence. Et si jamais vous osiez discuter le prix, je vous souhaite bien du courage. Il suffit de jeter un oeil au palmarès de ce Speedster pour comprendre qu’il est simplement parfait:

  • Concours d’élégance de Palm Springs 1996: prix du Best of Show
  • Concours d’Elegance du sud de la Californie 1996: 1ère place, catégorie Porsche
  • Concours d’élégance de Newport Beach 1996: 2ème place, catégorie Porsche
  • Concours d’élégance de Palos Verdes 1996: 1ère place, catégorie Porsche
  • Concours d’élégance de Dana Point 1997: 1ère place, catégorie 356 pré-A
  • Concours d’élégance de Dana Point 2012: 1ère place, catégorie 356 pré-A
  • Concours d’élégance « Carmel cars on the avenue » 2013: 1ère place, catégorie Porsche Speedster

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C’est impressionnant, et il n’y a bien que les américains pour en être capables. Je vais m’empresser de prendre le premier avion venu pour aller signer un gros chèque à monsieur Bruce Canepa. Ensuite, je ferai ce que nous, européens, faisons de nos voitures: rouler avec.
Ce sera peut-être la plus grande des victoires pour notre Speedster du jour.

Retrouvez l’annonce ici:

http://www.canepacollection.com/detail-1955-porsche-356-speedster-used-11177385.html

Porsche de la semaine: 997 Turbo S

Turbo S. On ferait rêver un porschiste pour moins que cela, mais force est d’admettre qu’une telle appellation, au sein de la gamme 911, a bien peu d’équivalents. Lancée en 2011, la 997 Turbo S enterre avec elle la notion d’édition limitée, en guise de chant du cygne d’une génération de 911. En revanche, ce sur quoi la Turbo ne transige pas, c’est bien l’équipement. Je pourrais consacrer des pages et des pages à vous concocter la liste exhaustive des équipements de série d’une 997 Turbo S. Entre les jantes à écrou central de type RS Spyder, les PCCB, l’intérieur intégralement recouvert de cuir, le module de navigation, les phares bi-xénon etc… Cela laisse rêveur, non ?

Si votre réponse à ma question est positive, passez votre chemin. Une Turbo S, c’est bien. Une Turbo S parfaite, voici bien la seule chose qui m’intéresse, sans quoi elle n’aurait nul droit de cité dans cette rubrique.  Je me devais donc de vous présenter cette Turbo S, à vendre aux Etats-Unis, dans la « modeste boutique » de Richard Sloan.

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La moindre des choses était donc de commencer par faire un énorme pied de nez à la profusion de Turbo grises ou noires. Rouge ? Jaune ? J’ai dit « auto parfaite », ce sera donc une peinture sur commande spéciale, en l’occurrence un bleu mexico absolument sublime. Mais voyez-vous, le premier propriétaire avait mangé du lion, car il a également troqué les jantes de série pour celles de la GT3, peintes en noir. Mais voilà, cela ne suffisait toujours pas. Notre heureux acheteur s’est donc décidé à équiper sa belle de l’aérokit Turbo, afin d’ajouter une note supplémentaire de sportivité et d’exclusivité à une Turbo S qui n’en manque décidément pas. J’applaudis déjà des deux mains, et si cela continue, je vais également devoir applaudir avec les pieds.

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Eh bien je crois que je vais y être obligé, parce que le premier acheteur s’est ensuite attaqué à l’intérieur. Bien loin de chercher le clinquant à outrance, il s’est décidé pour un cuir noir intégral, très sobre. Cependant, le noir est bien triste, il fallait donc ajouter une touche de folie à cet habitacle. Qu’à cela ne tienne ! Il s’est donc attelé à rappeler la couleur des étriers de freins, demandant à ce que le cuir soit entièrement surpiqué en jaune, et ce jusqu’à l’intérieur de la jante du volant. J’en serais presque à verser une larme d’émotion.

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Jusqu’à ce que je me rende compte qu’il valait mieux de ne pas voir trouble, tant il restait à voir. Les coques des sièges sport entièrement habillées de cuir surpiqué, par exemple. Il faut dire que la coque grise initiale était bien vulgaire. Il faut ensuite s’extasier devant la profusion de carbone : console centrale, levier de frein à main, baguettes de tableau de bord, levier de vitesses sont entièrement recouverts de carbone, sublimé par l’habillage de cuir, jusque dans les moindres recoins. Régalez-vous également des fonds de compteurs jaunes, mais gardez votre sang-froid, il reste du carbone quelque part ! Sur les seuils de porte ? En effet, mais ce n’est pas l’essentiel.

Rappelez-vous, c’est une Turbo S ! A ce titre, elle bénéficie de série du kit moteur X50, portant la puissance de 500 à 530ch, cela s’accompagnant d’une boîte à air en carbone. Ah ! et tant que j’y pense, l’auto n’a pas 3000 kilomètres.

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La finition est parfaite, soignée jusque dans les moindres détails.

Nous voici donc en présence d’une voiture neuve, mais d’occasion ! Et permettez-moi de vous le dire très franchement, une telle opportunité ne se présente qu’une fois. L’auto a été préparée, jusque dans les moindre détails, et c’est bien ce qui fait la différence avec la profusion de Turbo S en circulation. Pas une seule ne sera capable de s’approcher de ce niveau de finition, d’exclusivité, le tout enveloppé dans une robe de sportivité, aussi luxueuse que colorée. Vous ne trouverez jamais de meilleure façon de dépenser 187 500$.

Retrouvez l’annonce ici :

http://sloancars.com/3304/2012-997-twin-turbo-s-coupe-mexico-blue-black-1546-miles/

918 Spyder, LaFerrari, McLaren P1: l’affrontement du siècle

Il y a de cela dix ans, Porsche décidait de rappeler au monde entier qu’il faisait partie des plus grands constructeurs de l’histoire automobile et qu’il entendait le rester pour encore longtemps. Il fallait taper du poing sur la table, et sortir une auto suprême, aux technologies tirées de la compétition, aux performances inavouables et, comme il se doit, au prix démesuré. Il faut dire que le dernier supercar de série remontait à 1989 et s’appelait 959. Malheureusement, sa majesté avait fort mal vieilli, alors que dans le même temps, la Ferrari F40 gravait sa légende et renforçait chaque jour son titre de meilleur supercar de tous les temps.

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918 Spyder, le dernier coup de sang de Porsche

Certes, la 911 GT1 avait péniblement assuré la régence, au moment même où la Ferrari F50 déboulait de Maranello avec des régiments entiers de chevaux vapeurs et des échappements tout droit sortis des enfers. Qu’il fut difficile de résister aux cinglants coups de glaive du cheval enragé de la république transalpine, et la GT1 n’y résistera pas. Difficile d’admettre aujourd’hui qu’elle bénéficie de la même aura que la F5O. Cependant, souffrant de cet exil peu mérité, la GT1 se relèvera peut-être grâce à la postérité, qui reverra en elle une digne descendante de la lignée Porsche, étant l’une des très rares autos de route contemporaines à pouvoir se targuer d’avoir remporté l’une des plus grandes batailles de son époque : les 24 heures du Mans 1998 ! Depuis combien de temps les autos de route du fantasque cheval cabré italien ne peuvent-elles plus se targuer d’avoir croisé le fer dans les Hunaudières ? Qu’il est loin, le temps des 250 GTO… La GT1, à son tour, sera portée aux nues par la postérité.

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LaFerrari. L’esthétique, dernière des priorités?

Hélas ! Cette époque est révolue. Oublions les supercars conçus en quelques jours, en retirant les peintures de guerre et quelques chevaux vapeur. Porsche se reprend en main, décidant de laver le double affront infligé par les F40 et F50, il s’agit de se retrousser les manches ! Et dès 2003, la guerre reprit de plus belle, dans un combat de titans. La Carrera GT croisera le fer contre une Ferrari Enzo déchaînée. Epargnons-nous les batailles de chiffres, les opinions stylistiques ou les performances. Entre ces deux légendes de mon adolescence, il ne saurait y avoir de gagnante. Seuls deux chiffres doivent ici être évoqués : les chiffres de production. Les 399 exemplaires de l’Enzo se sont littéralement arrachés. Quant aux 1500 exemplaires prévus de la Carrera GT, ils n’ont pas tous été produits, seuls 1270 ont vu le jour, malgré un prix 50% inférieur à celui de l’amazone de Maranello. Ferrari vainqueur par KO.

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McLaren P1: retour au sommet.

Nous voici en 2013. Le duel peut reprendre. Face à face, les deux cow-boys fougueux s’observent. Tout le petit village automobile, tapi dans l’ombre, observe l’affrontement légendaire qui s’annonce. Une fois de plus, Porsche et Ferrari se retrouvent sur la voie principale du village, pour un combat à mort ou le premier à dégainer ferait mieux de viser juste, et de tirer en plein cœur. Mais c’était sans compter sur l’arrivée d’un chasseur de primes, tapi dans une ruelle. McLaren se joindrait à l’affrontement. Après la légendaire F1, le chasseur solitaire revenait reprendre sa place de meilleur concepteur automobile de l’histoire. Porsche dégainera le premier, et posera les premiers jalons du rude affrontement qui s’annonçait. 918 Spyder, 778ch, moteur hybride.

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Ferrari et McLaren oseront_ils défier Porsche sur le Nürburgring?

Ce serait un combat à l’arme lourde, à coups de nouvelles technologies. Après la 959, Porsche revenait à ses premières amours, une débauche technologique incomparable. Sans coup férir, McLaren, ripostait, envoyant la P1 et ses 916ch dans l’arène. Sans peur, ni honte. Les gladiateurs se défiaient, sous le regard avide de la plèbe, soutenant alternativement Porsche ou McLaren à chaque coup d’épée, savourant chaque assaut, chaque esquive, voyant les combattants s’épuiser dans un combat épique. Mais le soldat Ferrari ne se jeta jamais dans l’arène, s’enfonçant dans une profonde tranchée, à l’abri des tirs d’artillerie, fourbissant ses armes. Tout au plus savait-on que la future chimère pourrait vous pétrifier de son regard acéré.

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L’arrière de LaFerrari, nettement plus réussi

Et chacun s’enterra. Parfois, un obus sifflait, venant s’écraser non loin des tranchées ennemies dans une grande explosion, propulsant des débris de gomme fumante, de carbone et de magnésium dans les airs, signalant au monde entier que le combat le plus terrible de l’histoire avait lieu. Jusqu’à l’assaut final. Genève, Francfort seraient les noms de grandes victoires, ou de défaites cuisantes, où les noms des vainqueurs seraient gravés pour l’éternité, et ceux des perdants oubliés avec leurs morts sur les champs de bataille. A Ferrari, la puissance et l’exclusivité. 963 chevaux cracheurs de feu, réservés 399 exemplaires vendus avant même d’être commercialisés, pour l’une des autos les plus puissantes et les plus rapides de l’histoire. Nul sacrifice, nulle victoire, et Ferrari pleura la perte du général PininFarina, dont la proposition fut oubliée au profit d’un dessin maison, signant de fait l’une des autos les plus disgracieuses de l’histoire de Maranello… A McLaren, la rareté ! 375 exemplaires seulement, dont seuls quelques exemplaires restent aujourd’hui sans propriétaires, qui nous régalent par leur niveau de développement technologique, l’aboutissement général d’une auto à l’esthétique fantasque.

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Il fallait oser. Le défi a été pleinement relevé.

Et Porsche, après avoir renforcé son régiment de cavalerie désormais fort de 887ch large vainqueur de la bataille de la beauté, signant la plus belle auto du plateau, et malgré les muscles saillants de ses adversaires lourdement armés, fera taire les plus dubitatifs par la grâce de ses mouvements dans l’enfer vert du Nürburgring. Seule cuisante défaite, celle de la démesure, celle de ces 918 exemplaires prévus, dont un tiers reste à pourvoir malgré un prix inférieur à celui de ses deux rivales. Le seront-elles un jour ? Cette bataille est loin d’être perdue, mais Porsche n’aura pas su retenir les leçons de l’uppercut asséné par l’Enzo à la Carrera GT, qui la mit KO.  A trop jouer avec les symboles, Porsche a joué avec le feu. Les régiments de dragons ne sont pas des régiments de cracheurs de feu. Après la canonnade, seule les charges de cavalerie décideront donc du sort de cette bataille d’ores et déjà mythique.

Les visuels de LaFerrari exposée lors du salon de Genève proviennent du site Supercar Photo Collection, référence en matière de photographie automobile:

 http://yo.spc.free.fr/2013/2013_03_Geneva.htm

Quant aux photos de la 918 Spyder et de la McLaren illustrant cet article, elles sont tirées de Wikipédia:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Porsche_918_Spyder

http://fr.wikipedia.org/wiki/McLaren_P1

Porsche de la semaine : 993 GT Clubsport

Ma petite préférée, enfin ! Comme toujours lorsqu’il s’agit de trouver la Porsche de son cœur, tout vient à point à qui sait chercher. On ne peut pas dire que la 993 GT soit une auto excessivement répandue (et comme toujours, ce qui est rare est cher), il est donc peu recommandé de faire la fine bouche lorsque vous en trouvez une. Grise ? Rouge ? Bleue ? Blanche ? Avec la GT, qu’importe le flacon…

Il faut dire que ces flacons sont plus que rares : 57 exemplaires furent construits pour le millésime 1997, auxquels il faut ajouter les 21 exemplaires de 993 GT Evo construits, sur demande spéciale, lors du millésime 1998.Nous sommes ici en présence d’un modèle de 1997, exceptionnel à plus d’un titre. La raison principale n’aura pas pu vous échapper. Elle est orange !

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Si vraiment vous cherchez un modèle unique, n’en jetez plus, c’est bien celle-ci qu’il vous faut. Parmi les 78 exemplaires répertoriés, il s’agit de la seule peinte en orange, qui résulte d’une demande spéciale d’un client souhaitant une peinture élaborée à partir d’un échantillon. Cela donne-t-il un surcroît de valeur à l’auto ? C’est un élément difficile à affirmer, mais il est certain qu’un collectionneur qui ne voudrait que celle-ci sera probablement disposé à ajouter une rallonge de quelques milliers d’Euros pour repartir avec cette orange mécanique.

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Mais ce n’est pas tout ! Comme toujours chez Porsche lorsqu’il s’agit de modèles ultra sportifs, il est possible de choisir entre deux configurations : Touring ou Clubsport. La version Touring disposait de baquets en cuir, de moquettes dans l’habitacle, d’équipements électriques, lui permettant de rester quelque peu civilisée. Orange mécanique a l’insigne honneur d’être une Clubsport. Elle a donc troqué le cuir des baquets pour du tissu ignifugé, un énorme arceau de sécurité lui a été greffé, ainsi qu’un extincteur, tandis que les passagers sont désormais solidement harnachés par des harnais à 6 point. Et cela, sans compter l’absence totale de moquettes dans l’habitacle ou du moindre élément de confort. Après tout, c’est bien la philosophie de la GT. Rappelons qu’elle ne doit son existence qu’à l’obligation réglementaire d’être produite à au moins 25 exemplaires routiers en vue d’une homologation pour la course.

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Personnellement, je regrette un peu qu’il s’agisse d’une Clubsport. Certes, cela ne lui donne que davantage de valeur dans l’optique de la collection, et l’on ne peut que regretter que de telles machines de circuits désertent les paddocks pour des garages sécurisés. Mais peut-être reste-t-il quelques irréductibles, amoureux de la conduite et d’une sortie circuit occasionnelle, ne craignant pas de risquer un bijou à 350 000€ sur le tarmac d’un circuit. Et dans cette optique, il paraît désormais impensable de se rendre sur le circuit par la route dans une Clubsport. Sans climatisation ni isolants, vous rentrerez chez vous au bout d’une demi-heure, accablé par la chaleur de l’habitacle. Le malheur des Clubsport est donc d’être désormais condamnées à être des voitures de musées, inutilisables sur route, trop chères pour être risquées sur les circuits. Quitte à bafouer légèrement l’esprit des RS et des GT2, peut-être vaut-il mieux se tourner vers une Touring, à peine plus lourde et tout aussi furieuse, mais un peu plus simple à utiliser.

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Cela dit, si je me décide pour une Touring, je devrai faire une croix sur l’orange. Cruel dilemme. La meilleure solution serait de m’offrir une Touring bleu riviera pour le plaisir, et cette Clubsport orange pour le délire. Mais vu ce que cela va coûter, je ferais peut-être mieux d’appeler Porsche afin de réserver une 918 Spyder… Il est beau, mon beau rêve, mais le voilà réduit en miettes : ma belle Clubsport est vendue depuis belle lurette !

Retrouvez l’ensemble des visuels ici:

http://www.6speedonline.com/articles/blood-sport-rare-993-gt2-club-sport-for-sale/