14 bonnes raisons d’acheter un tracteur Porsche:

Pardon? Un tracteur? Euh… Il a fumé ses cheveux? Non, non, tout va bien je vous assure! Pour ne rien vous cacher, je ne savais vraiment pas quoi vous proposer cette semaine, ayant passé le plus clair de mon temps à saliver devant les sublimes Delahaye réalisées par Figoni & Falaschi. Mais une petite futée a fini par me glisser cette suggestion à l’oreille, « pourquoi pas un tracteur Porsche? ».

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Bon, admettons. Mais quand bien même cela serait possible, il me fallait bien des raisons d’en parler. Surtout que tout le monde s’en moque, des tracteurs… Ah mais! Justement! Faisons donc une liste des bonnes raisons d’acheter un tracteur Porsche!

Pour illustrer ces lignes, j’ai choisi un tracteur récemment vendu aux enchères par Anglia Car Auctions, peut-être pas de première fraîcheur, mais « dans son jus », si je puis dire. Equipé d’un bi-cylindre de 1.5 litre de cylindrée, la machine développe 22ch. Son nouveau propriétaire a dû débourser 4670€ pour l’emporter chez lui. Mais quelles raisons pourrait-on bien avoir de s’acheter une telle Porsche? Eh bien figurez-vous que j’en ai dénombré plusieurs, et non des moindres:

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Raison n°1: Parce qu’il date de 1954, et les Porsche anciennes, c’est à la mode.

Raison n°2: Parce que c’est bien la seule Porsche que je pourrais m’offrir, avec mon salaire de stagiaire.

Raison n°3: Parce qu’au moins, je suis sûr de ne pas perdre mon permis en roulant en Porsche.

Raison n°4: Un tracteur Porsche, c’est comme un tracteur Lamborghini, ça épate la galerie, et sans passer pour un frimeur!

Raison n°5: Parce que vu de derrière, il a des ailes larges, comme une Turbo.

Raison n°6: Celui qui possède un tracteur Porsche, vous pouvez être sûr que c’est un connaisseur!

Raison n°7: Si vous recherchez une Porsche très rare, le tracteur est encore plus rare qu’une GT2 RS.

Raison n°8: Parce que le poste de pilotage est au centre de l’habitacle, comme dans une McLaren F1!

Raison n°9: Au moins, vous ne risquez pas de vous faire voler votre Porsche

Raison n°10: Parce que c’est un moteur diesel, il vous coûtera moins cher à la pompe.

Raison n°11: Même après une journée de roulage sur circuit, nul besoin de faire changer les pneus ou les freins.

Raison n°12: Si jamais vous faites une sortie de piste, vous n’aurez pas besoin d’attendre la voiture de sécurité pour sortir du bac à graviers.

Raison n°13: Si jamais vous aimez le jardinage, cela vous évitera de prendre un râteau. En espérant que ça se vérifie aussi avec les filles… (Ou les garçons, pour ces dames)

Raison n°14: parce que ça fait quand même 13 bonnes raisons d’en acheter un…

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Décidément, je ne comprends pas pourquoi je ne mène pas de recherches plus actives pour m’acheter le mien… Et maintenant que tout le monde est convaincu, il va falloir se dépêcher, d’autant plus que comme pour toute Porsche, la cote des tracteurs augmente de façon régulière. Comment? Vous n’êtes toujours pas convaincus?

Retrouvez l’ensemble des résultats de la vente Anglia Car Auctions en cliquant sur le lien ci-dessous. L’ensemble des visuels de l’article proviennent du site internet d’Anglia Car Auctions:

http://www.angliacarauctions.co.uk/classic-auctions/saturday-24th-august.aspx

Vente aux enchères Gooding & Co: résultats

Voici la suite des résultats des dernières ventes aux enchères. Après la vente un peu en demi-teinte de RM Auctions, aux résultats parfois un peu surprenants, retour à la normale (la normale étant en ce moment le délire absolu) avec la vente réalisée par Gooding & Co, dont voici les résultats. Les lots ne sont cette fois-ci pas dans l’ordre décroissant, mais comprennent les commissions :

Je vous l’ai déjà dit, les 356 se portent bien, et cela se vérifie encore ! Les réjouissances débutent avec un Roadster, ici dans une version B Super 90, reparti chez son nouveau propriétaire pour la modique somme de 181 500$, soit 136 500€.

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Ensuite, un Speedster, cette fois-ci un modèle A 1600S, donc plus ancien, partira pour 264 000$, soit 198 500€. Plus l’on se rapproche des origines, plus il en vous coûtera pour goûter la légende.

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Dans la série des véhicules d’exception, voici une 904 Carrera GTS matching numbers engagée dans de nombreuses courses en Espagne, à l’historique limpide. Estimée entre 1 750 000 et 2 250 000$, elle ne sera vendue « que » pour 1 595 000$, soit 1 199 000€, pleinement justifié.

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Ce n’était pas pour autant la seule auto d’exception. Revenons aux 356, avec un Speedster A 1500 GS Carrera, donc possédant le très rare moteur Carrera, initialement développé pour la compétition. Tout était réuni pour qu’elle atteigne des sommets, elle n’a pas failli à ses devoirs. Elle atteindra la somme faramineuse de 1 485 000$, soit 1 116 000€ ! Notons que l’estimation initiale ne dépassait pas 1 000 000$ !! Il s’agit, à ce jour, de la 356 la plus chère jamais vendue.

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Si jamais vous préférez les 911, elles ont également été à l’honneur. Avec une estimation comprise entre 475 000 et 575 000$, la maison Gooding a vu juste avec cette 993 GT2 prête à courir, vendue pour 506 000$, soit 380 000€. Une petite remarque néanmoins, cette GT2 n’affiche que 50 kilomètres au compteur. Voici bien de quoi se désoler, car cela signifie deux choses : l’une des 993 les plus affolantes de l’histoire n’a donc quasiment jamais posé ses roues sur un circuit. Et nous pouvons en être sûr, son nouveau propriétaire risque fort de la laisser dans son garage et de ne jamais la faire rouler. Quel dommage. Quel intérêt y a-t-il à acquérir une auto pour l’entreposer dans un garage sécurisé à l’abri des regards et privée de son habitat naturel, le circuit ? Voici une bien curieuse façon de concevoir la passion de l’automobile.

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Encore une 356 ? Oui, et la meilleure reste à venir, patience… En attendant, voici un petit cabriolet B Super 90, vendu pour  192 500$, soit pas moins de 144 700€.

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Voici certainement la superstar de cette vente, la 911 STR II construite par Magnus Walker. A l’origine une simple 911 T de 1972, elle a été entièrement transformée par le désormais incontournable Magnus Walker, et aura eu les honneurs de la presse. Tous les magazines spécialisés l’ont présentée, mais également de nombreuses émissions télévisées, notamment Jay Leno’s Garage, ou Fifth Gear… Initialement estimée à 150 000$, vendue pour 302 500$, soit 227 400€, à une famille de collectionneurs connue pour ses modèles d’exception. Que dire d’une telle vente ? Magnus Walker, nouvel alchimiste de la Porsche, capable de transformer une caisse fatiguée en lingots d’or ? Magnus Walker serait-il définitivement entré dans l’histoire Porsche ? Difficile à dire… Il se peut que cette vente consacre le sommet de l’engouement pour le backdating. Peut-être le soufflet est-il déjà en train de retomber. Il sera particulièrement intéressant de suivre l’histoire de cette auto.

STRII

Ah, la RS 2.7… Elles ne sont pas si rares dans les ventes aux enchères, et voici une Touring, matching numbers bien que pas totalement d’origine. Restaurée dans les années 80, elle était estimée à 475 000$. Après la déception RM Auctions, cette RS restera-t-elle sans propriétaire ? Certainement pas,  car elle sera vendue pour 473 000$, soit 355 000€.

RS2.7

Et une 356 BT6 Roadster, vendue pour 253 000$, soit 190 000€. Décidément, les 356 ont la cote…

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Bien plus fascinant, une 911 Carrera RSR 3.0 au palmarès fort enviable ! Pilotée entre autres par Al Holbert, Hurley Haywood et Peter Gregg (excusez du peu !), elle compte parmi ses 4 engagements aux 24 Heures de Daytona une deuxième place en 1976, ainsi qu’une victoire aux 12 heures de Sebring en 1976, pour 4 engagements. Il était écrit qu’elle se vendrait très bien, et cela n’a pas manqué. Adjugée pour 742 000$, soit 557 900€.

RSR3.0

Une étonnante 911L de 1968 sera adjugée pour pas moins de 583 000$, soit 438 300€. Cela s’explique par le fait qu’elle fasse partie des 28 exemplaires préparés par l’usine pour être engagés en compétition. Une sorte de 911 R après l’heure, en quelque sorte.

911L

Et voici enfin le clou du spectacle ! Oui, encore une 356, mais pas n’importe quelle 356. Il s’agit d’une A de 1956. Cela commence bien. Un coupé, Carrera 1500 GS, rien que ça ! Ajoutez à cela plusieurs engagements en compétition dont 5 victoires de classe en 1956, et une auto jamais restaurée malgré cela, mais possédant de nombreux documents attestant de son historique et de son palmarès. Une auto tout simplement remarquable, qui sera vendue pour 715 000$, soit 537 000€. Dans la bonne moyenne, si l’on considère l’estimation initiale comprise entre 650 000 et 850 000$.

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Rendez-vous est pris les 8 et 9 septembre prochains à Londres pour la prochaine vente aux enchères de RM Auctions !

L’ensemble des visuels de cet article proviennent du site officiel Gooding & Co. Retrouvez tous les résultats de la vente ici :
http://www.goodingco.com/results/realized/?cat=17

Vente aux enchères RM Auctions: les résultats

Eh bien ! Ce fut un week-end très chargé pour les amateurs d’autos anciennes. Surtout si les amateurs en question disposaient de quelques millions à dépenser en voitures d’exception. Les 16, 17 et 18 août derniers eurent en effet deux ventes aux enchères, pilotées par deux deus plus respectables maisons d’enchères américaines, en l’occurrence, RM Auctions et Gooding & Co.

Que s’y est-il passé ? Les prix, une fois de plus, ont atteint des sommets. Vraiment ? A vrai dire, c’est un peu plus compliqué que cela. Laissons de côté la Ferrari 275 GTB NART Spider qui fût en son temps convoitée par Steeve Mc Queen, vendue pour 27,5 millions de dollars (oui oui), ou encore la 375 MM à pontons fendus vendue pour 9 millions de dollars (trois fois moins, une paille !), et attardons-nous avant tout sur les Porsche. Et là, force est de constater qu’il y eut du bon et du moins bon. Pour ne rien vous cacher, les résultats n’ont pas manqué de me surprendre. D’un côté, des voitures justifiant parfaitement leur prix n’ont pas trouvé preneur, tandis que d’autres à la cote plus incertaine ont atteint des sommets. Avec, en star absolue, la STR II de Magnus Walker qui atteindra le prix stratosphérique de 275 000$ (avant commissions). Tout le monde s’accorde à le dire, le plus intéressant maintenant est de voir comment évoluera la cote de la STR II dans le temps.

Les résultats RM Auctions :

Les festivités commencent avec cette 959 de pré-série datant de 1985, vendue pour 737 000$, soit 554 100€. Notez qu’une 959 de série datant de 1987 se négocie aujourd’hui 450 000€ pour un modèle en état concours. Doit-on être surpris que les brouillons coûtent plus cher que les chefs-d’œuvre? Il y aurait fort à dire à ce sujet…

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Une 962, châssis n°122, restera invendue. Estimée à 800 000$ au minimum, la meilleure offre n’excèdera pas 650 000$. Surprenant, pour une auto authentique, mais l’on est en droit de penser que les collectionneurs n’auront pas été charmés par un palmarès bien maigre : elle sera accidentée lors de sa première course à Watkins Glen et sera par la suite utilisée comme banque de pièces.

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Une 934 dotée d’un solide palmarès, avec entre autres une deuxième place au classement général du championnat IMSA de 1977, sera vendue pour la « modique » somme de 550 000$, soit 413 000€. Un peu plus qu’une RS 2.7, pour une telle bête avec un palmarès, je commence à me dire que l’acheteur a réalisé une bien belle opération.

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Entre ça et une RS 2.7, vous choisiriez quoi?

Voici une auto étonnante : une 934, convertie en 935 à la livrée acidulée, engagée entre autres aux 24 heures du Mans en 1976 et 1977, n’aura pas fait monter les enchères plus haut que 525 000$, alors que l’on s’attendait à la voir franchir allègrement le million. Les collectionneurs n’auront sans doute pas apprécié le manque d’authenticité d’une 934 transformée.

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Plus surprenant, une 911 RS 2.7 n’aura pour une fois pas réussi à affoler les compteurs. Pas totalement d’origine certes, mais cela est encore rarement le cas. La meilleure offre atteindra 430 000$, soit 323 300€ pour une RS Touring, ce qui est en soi assez délirant…. Notons qu’une Touring en état concours se négocie 320 000€. Un peu gourmand le vendeur, non ?

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Du côté des 356, tout va pour le mieux avec un pré-A Speedster 1500 carrossé par Reutter vendu pour 235 000$, soit 176 700€.

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Un peu moins chère, mais prouvant si besoin était la bonne santé des 356, un roadster B 1600 S carrossé par Drauz partira pour 145 000$, soit 109 000€.

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Vous vouliez un roadster 356 B ? Il y en avait un autre ! Un 1600 carrossé par Reutter, qui vous aurait coûté 121 000$, soit 90 970€.

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Plus surprenant, cette 911 2.2S n’a pas trouvé preneur. Bénéficiant pourtant d’une combinaison de couleurs superbe (notez que la couleur extérieure fut élaborée sur demande spéciale), matching numbers et dotée du moteur le plus prisé par les collectionneurs, elle n’aura pas soulevé l’enthousiasme. La meilleure offre s’élèvera à 120 000$, soit 90 200€.

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Pour moi, la merveille de cette vente!

Pour le même prix, vous auriez néanmoins pu repartir avec une 356 B 1600 carrossée par Karmann. Avec intérieur rouge, s’il vous plaît. La santé des 356 ne se dément pas !

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Voici un autre résultat qui ne manquera pas d’en surprendre plus d’un. Une 911 2.4S bleu gémini de 1973 n’a pas été vendue ! Pourtant, la 2.4S est considérée comme le sommet de la 911 Classic, en excluant bien entendu l’intouchable 2.7 RS. Que s’est-il passé ? Je cherche encore… L’offre la plus haute atteindra 110 000$, soit seulement 82 700€, une misère pour une 2.4S…

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La dernière Porsche vendue par RM Auctions est également une 911 S, qui, quant à elle, trouvera preneur. Il s’agit d’une 2.2 S Targa noire de 1972, possédant donc la trappe à huile sur l’aile arrière. Nul doute que les acheteurs auront été séduits par cette trappe qui ne restera que le temps d’un millésime. Vendue 93 500$, soit 70 300€. Une bonne affaire !

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A suivre…

Pour le plaisir des yeux, retrouvez l’ensemble des visuels de cet article, ainsi que bien d’autres merveilles, sur le site officiel de RM Auctions. Pour consulter l’ensemble des résultats, cliquez sur le lien ci-dessous:

http://www.rmauctions.com/results/result.cfm?category=all&collection=&salecode=MO13&sort=price&view=list&currency=&toYear=&fromYear=&make=&lot=

Porsche de la semaine: 356 A 1600S

En voici une que j’évoque rarement. Je dois admettre que je souffre encore de lacunes dans le monde de la 356, et les occasions de parler d’elle ne sont pas si nombreuses. J’ai donc sauté sur l’occasion de vous présenter une 356 A de 1959 comme Porsche de la semaine.

Sauter sur l’occasion est véritablement l’expression la plus appropriée, comme vous allez le constater, car cette 356 est sur le point d’être vendue, ce vendredi 24 août 2013, aux enchères. La maison d’enchères en question, Anglia Car Auctions, a mis la main sur un véritable trésor de guerre, puisque ce ne sont pas moins d’une trentaine de Porsche à restaurer qui seront vendues ce vendredi, au Royaume-Uni. Notez que la quasi-totalité possède le volant à gauche.

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Elle a tout de même souffert du poids des années, notez les trous dus à la rouille.

Mais revenons donc à ma petite 356. Il s’agit d’un modèle A de 1959, numéro de châssis 105299. Il s’agit donc d’une des premières séries, possédant encore cette ligne très épurée, a peine perturbée par quelques clignotants et de discrets pare-chocs, que je trouve plus élégants que ceux d’une SC, par exemple. Cet exemplaire fut livré dans une livrée noire assortie de cuir beige. Inutile de vous dire que l’ensemble nécessite une bonne cure de jouvence, tant l’auto semble avoir souffert du poids des années. L’auto est équipée d’un moteur 1600 S développant 75ch, mais nous n’en saurons pas plus, il n’est même pas certain que l’auto soit matching numbers. Un rapide coup de téléphone à la maison d’enchères devrait vous aider à en avoir le cœur net.

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Après une restauration, elle vous emmènera partout où vous le souhaitez.

Mais, une fois n’est pas coutume, l’essentiel n’est pas ici ! Cette auto a attiré mon attention du fait de sa riche dotation intérieure. Elle est en effet équipée de certaines options fort rares pour l’époque. La première, et certainement la plus appréciée par les collectionneurs, est le toit ouvrant. Les connaisseurs qui nous lisent savent à quel point cette option était rarement choisie à l’époque, c’est l’une des raisons pour lesquelles une 356 ainsi équipée bénéficie de nos jours d’une légère surcote.

De surcroît, l’auto est équipée d’une radio Becker, ce qui était à l’époque le sommet du luxe. L’on note également la présence d’un ensemble de bagages de la couleur de l’auto, et de tapis de sol fabriqués par CoCo. Il s’agit d’un fabricant de tapis de sols haut de gamme, dont je n’ai retrouvé que quelques traces. Enfin, l’auto est équipée de ceintures de sécurité. Ce qui nous semble aujourd’hui aussi banal que de l’eau dans une piscine était en 1959 aussi exceptionnel qu’un chimpanzé mangeant avec une fourchette. A une époque où les limitations de vitesse, les contrôles d’alcoolémie n’existaient pas, rares étaient les acheteurs à se soucier d’un tel équipement de sécurité. Avis aux nostalgiques de cette époque, la modernité a parfois du bon.

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Tant qu’il y a des sièges, on peut s’asseoir non?

Intéressé ? Alors dépêchez-vous de vous inscrire pour la vente de vendredi, et sachez que cette 356 est estimée aux alentours de 20 000 £, soit 23 342€. La restauration, bien entendu, n’est pas incluse dans le prix de ce qui pourrait être une très belle et très agréable 356, une fois restaurée. Et si jamais elle vous passait sous le nez, alors cherchez une seconde auto, Anglia Car Auctions s’apprête à vendre un véritable trésor ! Ah si j’étais riche…

Découvrez ici les autres autos mises en vente par Anglia Car Auctions:

http://www.angliacarauctions.co.uk/classic-auctions/saturday-24th-august.aspx

Et pour ceux qui ne seraient pas convaincus, voici ce à quoi ressemble une 356 A entièrement restaurée, avec toit ouvrant:

http://www.fantasyjunction.com/cars/1073-Porsche-356%20A%20Super%20Coupe-1600%20c.c.%204-Cylinder

Cela laisse rêveur non?

Porsche de la semaine: 908/3

En voici une qu’il est fort rare de croiser, à mon grand regret. Elle porte le drôle de nom de 908/3, et s’il ne devait rester qu’une seule Porsche, je conserverais le châssis 012 de cette merveille. Produite à seulement 9 exemplaires roulants, il y eut également quatre châssis nus supplémentaires fabriqués par l’usine. Nous voici aujourd’hui en présence du châssis 004. Châssis nu ou auto roulante? La réponse est plus compliquée que cela.

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004 a refait surface aux yeux du public en mars 2013 à l’occasion de la vente aux enchères RM Auctions lors du concours d’élégance d’Amelia Island, où elle n’atteignit pas le prix de réserve fixé à 1.5 million de dollars (les enchères ne dépassèrent pas 1.3 million). Retour au chaud dans son garage pensai-je. Eh bien non! C’était sans compter sur le spécialiste allemand Manfred Freisinger, qui a probablement flairé ici la bonne affaire. Et voici 004 désormais à vendre dans sa boutique, en Allemagne!

Eu égard à la vénération que je voue à ce fer à repasser sur roues, je n’ai su m’expliquer que cette auto n’atteigne pas des sommets lors des enchères. Même une 908/3 n’ayant raflé aucun titre se vend à un prix fort élevé. Aussi me suis-je plongé plus avant dans l’historique de 004, pour y voir plus clair.  Il me faudrait un livre entier pour décrire son historique en détails, je me contenterai donc des grandes lignes.

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004 était à l’origine un châssis nu utilisé par Porsche pour effectuer des tests de résistance à la torsion. Il restera entreposé jusqu’en 1976, date à laquelle il sera vendu à Erwin Kremer, accompagné d’un important stock de pièces. Rappelons que le Kremer Racing engageait le châssis 006 en compétition, le châssis 004 n’ayant vocation à être engagé qu’en cas d’accident.

004 sera revendu en 1996 aux Etats-Unis à Dale Miller qui montera l’ensemble du véhicule à partir de pièces fournies par Vasek Polak, marchand, mécanicien, pilote. Elle sera ensuite engagée par un nouveau propriétaire privé dans des courses historiques et prendra également part à des concours d’élégance à l’américaine, à l’image d’Amelia Island ou Pebble Beach.

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Le jour où vous lisez un tel numéro au fond d’une grange sous un tas de paille, versez tout de même une larme.

Que dire en somme? Une histoire assez limpide, mais assez révélatrice d’un historique tout de même peu glorieux. Un châssis nu authentique, mais une auto jamais assemblée par Porsche, fabriquée à partir de pièces d’origine. Nous pourrions deviser des heures sur l’authenticité, voire la légitimité de telles autos de collection, et celle-ci en est un vibrant exemple: un châssis authentique, sans carrosserie ni moteur suffit-il à faire de cette 908/3 une auto authentique? Je reste gêné par ce sentiment de semi-réplique, et le marché semble ne pas s’y être trompé en mars dernier. Un fragment d’histoire certes, mais dont l’histoire n’émeut que bien peu.