Nouvelle 991 GT2: sortie imminente

C’est fait ! Depuis quelques jours, la 991 GT2 a été repérée sur le circuit du Nürburgring en train de parfaire son développement, et quelques informations commencent à filtrer. Passons la nouvelle en revue.

Nous savons jusqu’à présent fort peu de choses. Je vous épargne les rumeurs selon lesquelles la nouvelle GT2 sera « super rapide » (alors là les mecs, bien joué !). Pour le reste, la 991 GT2 reprendra la philosophie habituelle de sa lignée, c’est-à-dire un dérivé brutal et sportif de la 911 Turbo. Moteur plus puissant, boîte renforcée, et stricte propulsion sont au programme, avec, pour pimenter le tout, un allégement de l’ordre de 200 kilogrammes. Notons que la précédente 997 GT2 accusait 1440 kg sur la balance, soit 130kg de moins que la Turbo. Cela signifie que Porsche serait parvenu à gagner 70 kg supplémentaires par rapport à la 991 Turbo. La 991 GT2 pèserait donc 1395 kg à vide. Stupéfiant, mais cela reste très hypothétique, d’autant plus que nous ne savons rien des procédés de fabrication de la future machine de guerre de Stuttgart. Néanmoins, si l’on en croit les gains de poids réalisés sur les Carrera, il ne serait pas surprenant de voir la GT2 s’amincir elle aussi en conséquence.

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Ne vous fiez pas aux images, tout est camouflé!

Et la puissance dans tout cela ? De multiples sources évoquent 560ch, ce qui ne semble pas irréaliste, mais une fois encore, nul ne sait d’où proviennent ces chiffres. Tâchons  de faire preuve d’un peu de logique, et comparons les évolutions précédentes :

  997 GT3 Mk2 991 GT3 997 GT3 RS 4.0 997 GT2 991 GT2 997 GT2 RS
Puissance 435ch 475ch 500ch 530ch 580-590 620ch
Ratio 997/991 0.915 Ø 1.052 0.915 Ø 1.052

 

Rassurez-vous, bien qu’il y ait beaucoup de chiffres et de mots compliqués, je n’ai fait que quelques calculs rudimentaires de pourcentages, me permettant de déterminer que la puissance théorique de la prochaine 991 GT2 devrait se situer entre 580 et 590 ch, soit davantage que les 560 évoqués par les premières rumeurs.

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Quant à l’esthétique de la bête, il y a pour l’instant très peu de choses à se mettre sous la dent. Comme à son habitude, Porsche envoie sur les circuits un véhicule largement camouflé, le camouflage en question empruntant ici les bas de caisse de la GT3. Néanmoins, et y regardant d’un peu plus près, il existe quelques détails intéressants.

Le premier, et le plus évident de tous, ce sont ces larges ouïes taillées dans les flancs destinées au refroidissement du moteur. Rien de bien novateur, dans la mesure où ces éléments accompagnent la GT2 depuis la génération 996. Plus intéressant, l’aileron arrière spécifique, qui semble privé des entrées d’air latérales propres à l’aileron de la 997 GT2. Cela dit, cela reste également à confirmer, car les prototypes de 991 GT3 circulaient avec un double aileron arrière particulièrement disgracieux composé d’une queue de canard surmontée d’un aileron plus sportif. Nous savons en définitive qu’il n’en fut rien et que la GT3 arbore un aileron nettement plus digne de son rang.

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L’on distingue également les ailes larges de la Turbo.

Le dernier détail semble en revanche nettement moins hypothétique : il s’agit des élargisseurs d’ailes prenant place sur les ailes avant. S’ils semblent inspirés de la 997 GT3 RS 4.0, il est fort possible que Porsche ait décidé de les adopter sur la nouvelle GT2, tant ils participent de ce look bestial propre à la GT2.

A quand les réponses définitives ? Il vous faudra patienter jusqu’au prochain salon de Genève qui ouvrira ses portes en mars 2014. Gageons que Porsche réussira une fois de plus à nous éblouir.

Porsche de la semaine: 997 Turbo Exclusive

Toujours en quête d’autos rares ou exclusives, j’ai fini par faire un petit tour du côté du réseau de distribution allemand, où il n’est pas rare de dénicher une auto remplie d’options au coloris original. Ma recherche fut probante, et je vous invite à lire ce qui suit, car il y a des affaires à faire. A moins que vous n’ayez à faire affaires…

La Porsche de la semaine sera donc une 997 (promis, après j’arrête avec la 997) Turbo jaune vitesse passée entre les mains expertes du département Exclusive:

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Allergiques au jaune, passez votre chemin!

Cela n’aura pas manqué de vous frapper, partout où cela est possible, le jaune est mis à l’honneur! La partie intérieure des jantes est en effet peinte en jaune vitesse, créant un contraste avec la partie affleurante restée en couleur aluminium. Le contraste aurait probablement été plus réussi avec des jantes noires et jaunes, mais peut-être était-ce trop clinquant aux yeux du propriétaire. La « jaunisse » continue avec la présence des freins PCCB reconnaissables à leurs étriers peints en jaune. A 8073€ les freins, ça fait cher la passion pour le jaune…

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Côté jantes, il faut admettre que l’on a déjà vu mieux.

Quant à l’intérieur, il est entièrement habillé de cuir noir, relevé par des surpiqûres de couleur jaune. Le contraste est ici particulièrement réussi, tout en restant discret. L’on note également la présence d’inserts en fibre de carbone au niveau du levier de vitesse, du frein à main, de la console centrale, et enfin sur les baguettes de tableau de bord. La touche finale aurait été d’opter pour des ceintures de sécurité jaunes, mais le premier propriétaire a préféré s’en tenir au noir.

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Un intérieur à la fois sobre et original, qui ne sacrifie rien au confort.

L’ensemble est loin d’être discret, certes, mais il y a autre chose qui a définitivement fait pencher la balance en faveur de cette Turbo cette semaine. Datant de 2006 et accusant 107 500 km au compteur, elle est proposée au tarif de 69 900€, ce qui me semble particulièrement intéressant pour une Turbo si récente. Il vous faudra néanmoins vous rendre en Allemagne, au centre Porsche de Regensburg (« le village pluvieux », il y a des noms qui font envie…) pour espérer repartir avec.

Mais à n’en pas douter, le plaisir est inclus dans le prix!

911 édition 50 ans: dégoût et des couleurs

Voici la dernière partie des réflexions concernant la 911 éditions cinquantième anniversaire! Après avoir parlé de jantes, d’ailes larges et de marketing, il est plus plus que temps de nous attarder sur l’une des caractéristiques les plus voyantes de la dernière édition limitées: les couleurs proposées au catalogue, au nombre de trois!

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Le choix est plutôt restreint pour une auto si réussie par ailleurs.

Car comme souvent, Porsche ne boucle pas la boucle. Comme évoqué ci-dessus, trois couleurs sont proposées : noir, gris graphite et gris geyser. Malgré des mois de grisaille météorologique, Porsche persiste à vouloir nous faire voir la vie en gris. Il y a de quoi s’en désoler. Certains objecteront que le gris geyser présenté sur les photos officielles est bien plus proche d’un superbe blanc crème. Rappelons néanmoins que ce ne sont que des images informatiques, et que les couleurs que vous pouvez observer sur le site internet sont parfois bien loin des véritables couleurs. Je puis vous assurer que le gris geyser, sans surprise… est tristement gris. Le gris graphite apparaissait comme une évidence, Porsche exploitant à plein l’engouement récent pour la 911 S de Steve Mc Queen d’une couleur similaire. Quant au noir et au gris geyser, il n’était pas si dur de trouver des couleurs originales dans le nuancier, évoquant des couleurs d’époque ! Cela me désole un peu, je dois l’admettre.

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La 911 2.2 S de Steve McQueen. Le slate grey est très proche du gris graphite contemporain.

N’omettons pas qu’en termes de ciblage de la clientèle, nombre d’acheteurs se seraient naturellement tourné vers une couleur discrète, étant donné l’usage quasi-quotidien auquel se destine la 911 50, à l’opposé de la délirante GT3 RS sur laquelle une couleur chatoyante est nettement plus facile à justifier. Si toutefois vous rêviez d’une autre couleur, le département Exclusive se fera un plaisir d’accéder à votre requête.

Forte d’un équipement riche et original, dotée de signes distinctifs de bon goût, peut-on se risquer à dire que la 911 50 sera un collector particulièrement recherché ? Difficile à dire. Même si l’heure des Youngtimers n’est pas encore tout à fait venue, les 964 Jubilé, dont il n’existe que 911 exemplaires destinée à célébrer les trente ans de la 911 ont déjà entamé une belle ascension (comptez 60 000€ pour un exemplaire en parfait état) ; du fait de leur couleur et leur équipement distinctifs, elles semblent plus recherchées.

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L’avenir de la 911 50 en collection se rapprochera probablement de celui de la 964 Jubilé.

Quant aux éditions limitées sur base de 996, elles ont leurs amateurs, mais leurs jantes chromées clinquantes vieilliront mal. Il est difficile de détecter une tendance générale à propos de ces éditions limitées. Je doute qu’elles finissent par devenir des classiques parmi les Classic. Certes, leur cachet supplémentaire leur permettra peut-être de justifier une cote un peu plus élevée, mais rien ne permet aujourd’hui d’y déceler de véritables collectors, mais cela viendra certainement. Alors un conseil si vous en avez, ou si vous en voulez une. Faites-vous plaisir, entretenez-là, roulez encore et toujours, et ne vous souciez pas trop de la cote. Si seulement j’avais les 122 792€, que m’importerait son avenir en collection !

Porsche de la semaine: 997 GT3 RS Exclusive(s)

Une fois n’est pas coutume, la Porsche de la semaine mettra en valeur plusieurs autos, et non une seule. Faisant suite à plusieurs articles sur le département Exclusive, ainsi que sur la 997, je me suis amusé à rechercher des 997 GT3 RS de seconde génération parées de couleurs originales. J’entends par là, des combinaisons de couleurs uniquement disponibles sur demande spéciale, les coloris en soi n’étant pas forcément très originaux. Je vous garantis néanmoins un festival de couleurs vivifiant et pour le moins étonnant. N’en jetez plus, place aux images (cliquez sur les images pour les agrandir):

Nous commençons de façon fort sobre, avec le gris de série combiné à des parements noirs:

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Freins PCCB et ceintures rouges

Un peu plus original cette fois-ci, avec ce qui est probablement un orange sanguine, combiné à des bandes couleur or:

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Les jantes n’ont pas eu droit à leur voile de peinture or

Combinaison très réussie: gris métallisé et parements rouges, à l’exception des jantes non peintes.

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Notez la profusion d’éléments peints en jaune à l’intérieur. Bizarre…

Dans la série des bleus, voici un probable bleu riviera (à moins que ce ne soit un bleu mexico) doublé de décorations noires:

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Une couleur qui aura marqué son époque grâce à la 993 RS

Cela dit, peut-être auriez-vous préféré le bleu riviera avec des bandes orange? Il suffisait de le demander, la voici! Attention néanmoins, celle-ci a été préparée par Sharkwerks aux Etats-Unis, je ne saurais garantir qu’il s’agisse de la combinaison d’origine.

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Comme un air de Gulf…

Nettement plus sobre, mais terriblement réussi, le noir basalte métallisé combiné aux bandes or proposées de série.

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Une combinaison particulièrement réussie

Et voici, sur le circuit du Nürburgring, une GT RS jaune à bandes noires. Ce jaune ne ressemble pas exactement à celui du nuancier Porsche, il s’agit probablement d’une couleur réalisée sur échantillon.

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La GT3 RS permet tous les délires

Enfin, le sommet du délire, avec une GT RS 4.0 verte! Vert vipère, vert signal? Je ne saurais dire. Personnellement, ce n’est pas ma favorite, mais le choix se défend!

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Sur les 500 exemplaires produits, il y en a plus d’une à porter une autre couleur que le blanc ou le noir. Le sommet du collector!

Nul doute qu’après un tel festival, vous attendez tous jeudi prochain avec impatience, pour la prochaine Porsche de la semaine… En attendant, laquelle préférez-vous?

De la beauté des 997

Elle est sans conteste l’une des 911 les plus réussies de l’histoire. En succédant à la 996, la 911 type 997 signait le grand retour des phares ronds typiques de cette auto, et amena avec elle une telle quantité de qualités dynamiques qu’elle gardera sans aucun doute une place à part dans le petit cœur des porschistes, ainsi qu’une place de choix dans les collections privées d’ici quelques années (le sujet a déjà été abordé ici http://906chronicles.com/2013/04/21/997-991-futurs-collectors/). Mais les porschistes préféreront-ils la première ou la seconde génération ?

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La 997 phase 2, ici en Carrera GTS, égale-t-elle la finesse de le phase 1?

Il est en effet un exercice auquel Porsche nous a habitué, il s’agit d’une légère mise à jour de chaque modèle en milieu de vie ; cela survient en général après 4 années de commercialisation. L’exercice, très habile, permet de relancer l’intérêt suscité par un modèle en adoptant de subtiles améliorations, dont le coût de développement est très nettement inférieur aux investissements requis par le lancement d’un tout nouveau modèle. Avec pour objectif de maintenir le niveau des ventes pour un investissement minime.

La 997 phase 2 voyait ainsi sa puissance augmenter (la Carrera passait de 325 à 345ch, tandis que la Carrera S voyait sa puissance progresser de 30ch, affichant de fait 385ch), et marquait l’arrivée de la fameuse boîte PDK. Cela s’accompagnant d’un châssis amélioré, de nouvelles jantes, et bien entendu d’un léger restylage afin de la rendre plus attrayante.

Mais n’est-ce pas justement ici que le bât blesse ? Cela reste mon avis, mais j’ai toujours eu un peu de mal à considérer que la 997 Phase 2 soit plus belle que la première génération, et je reste du même avis aujourd’hui. Explications…

Le principal problème vient pour moi de la face avant de l’auto. La Phase 1 possède une certaine délicatesse, liée à ses longs clignotants se prolongeant légèrement sur les ailes, et son bouclier aux prises d’air allongées, fendues de deux fines lames. L’harmonie et la délicatesse des lignes sont liées aux similitudes dans le traitement des clignotants et des prises d’air, tous deux allongés sans être trop larges. La phase 2 joue plutôt dans la catégorie boxeur, avec ses clignotants rétrécis, ses prises d’air ayant subi le même traitement, tout en renforçant l’agressivité de la 997. Ces prises d’air sacrifient les fines lames, et sont élargies, le but recherché étant ici de renforcer le côté bestial de la 997, ce qui l’oppose à la finesse générale que dégageait la 997 Phase 1.

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Une 997 phase 1. Les principales différences se situent au niveau du bouclier avant, plus fin sur la première génération.

Nous pourrions également parler de l’arrière de la 997. Ici, fort peu de changements, si ce ne sont les feux arrières qui sont effilés, ce qui confère paradoxalement davantage de finesse et d’élégance à la 997 Phase 2. Un peu schizophrène la petite, non ? Toujours est-il que la Phase 1 ne manque pas d’élégance, et qu’elle m’a toujours plus semblé plus harmonieuse, plus aboutie que la Phase 2. Voici donc le choix cornélien auquel vous vous retrouvez confronté : soit vous les aimez avec un beau sourire, soit vous les aimez avec de jolies fesses, il vous faut donc choisir. Pardonnez-moi, je me suis un peu égaré…

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Seuls les feux plus effilés laissent deviner une phase 2.

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Un autre point m’a légèrement contrarié concernant la 997, il s’agit de la GT3 RS. Je ne me permettrai pas ici de dire que l’une est moins belle que l’autre, tant les deux sont fabuleuses, mais les parements proposés sur la seconde version m’ont légèrement déçu. Les couleurs en soi ne sont pas vraiment un problème, bien que j’aie une vraie préférence pour l’orange sanguine et le vert signal de la GT3 RS phase 1, résolument « power flower », évoquant les Classic. Les bandes latérales « GT3 RS » de la Phase 1 faisaient également très Porsche, rappelant à point nommé les bandes « Carrera » des RS 2.7 et autres 964 RS, et évoquant les bandes bien plus récentes de la 996 GT3 RS, qui fut un grand succès. Conscient d’avoir mis la barre très haut, Porsche a souhaité entretenir ce grain de folie sur la Phase 2, mais le résultat ne m’a pas convaincu. Les damiers latéraux évoquent plus sûrement du tuning que l’histoire en compétition de Porsche, et ne s’inscrivent dans aucun code esthétique esquissé auparavant par la marque. Peut-être était-il nécessaire de poser de nouveaux jalons, mais je reste convaincu que Porsche est allé un peu trop loin avec la Phase 2. Du délire, oui, mais du délire Porsche ! La 997 GT2 RS était à cet égard nettement plus en phase avec les critères maison.

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Diabolique, mais n’a-t-elle pas un peu trop porté les lèvres au calice du tuning?

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. L’ensemble des 997, Phase 1 et 2 confondues sont des autos exceptionnelles et superbes. A aucun moment il n’a été question de dire que la 997 Phase 2 est moche, ou que la GT3 RS seconde génération est aussi chargée qu’un sapin de Noël. J’aime les 997 et ne rechignerai jamais à prendre le volant de l’une d’entre elles. Simplement, je me laisserais plus facilement tenter par l’esthétique parfaite de la 997 Phase 1, et saurai bien me passer des quelques chevaux-vapeurs manquants que je serais certainement incapable d’exploiter jusqu’au dernier. C’est aussi – et avant tout ? – un bel objet qu’on achète, autant qu’il soit parfait, non ?